Présentée au salon de Los Angeles en novembre 2006 avant ses premières livraisons en 2007, l’Aston Martin V8 Vantage Roadster transpose en découvrable la sportive compacte lancée par la marque britannique au milieu des années 2000. Strictement biplace, animée à l’origine par un V8 atmosphérique de 4,3 litres et construite autour de l’architecture VH en aluminium, elle privilégie une conception de véritable voiture de sport plutôt que celle d’un simple cabriolet dérivé après coup.
Cette première V8 Vantage Roadster moderne ne doit pas être confondue avec les Vantage Roadster à moteur V8 4,0 litres biturbo apparues avec la génération suivante. Le modèle présenté en 2006 appartient à la famille VH et partage ses fondations avec l’Aston Martin V8 Vantage Coupé, dont il conserve le moteur atmosphérique, la transmission arrière de type transaxle et l’essentiel des proportions.
Un Roadster développé avec le Coupé
La naissance du Roadster s’inscrit dans le renouvellement profond d’Aston Martin entrepris au début des années 2000. La V8 Vantage doit alors devenir une Aston Martin plus compacte que la DB9, tout en conservant les codes esthétiques et la construction sophistiquée de la marque. Son dessin est associé à Henrik Fisker, alors directeur du design, et son architecture repose sur la plateforme modulaire VH, pour Vertical Horizontal.
Aston Martin indique avoir pensé les variantes Coupé et Roadster parallèlement. Cette approche est importante car retirer le pavillon d’une sportive entraîne habituellement une diminution de la rigidité de la coque. Le Roadster reçoit donc des renforcements spécifiques, notamment dans ses bas de caisse et certaines parties de sa structure en aluminium. Malgré ces adaptations, sa silhouette reste très proche de celle du Coupé.
La première mondiale intervient au Los Angeles Auto Show le 29 novembre 2006. Les livraisons sont annoncées pour le deuxième trimestre 2007. Cette chronologie explique pourquoi le modèle est alternativement présenté comme une nouveauté 2006 ou 2007 : 2006 correspond à sa première apparition publique, tandis que 2007 marque son arrivée effective chez les clients.
Dans la gamme, le positionnement diffère nettement de celui de l’Aston Martin DB9 Volante. Cette dernière est une grande GT découvrable 2+2, alors que la V8 Vantage Roadster est plus courte, strictement biplace et davantage orientée vers l’agilité et la conduite sportive.
Un V8 atmosphérique et une architecture transaxle
Au lancement, la V8 Vantage Roadster utilise le V8 atmosphérique de 4 280 cm3 de la Vantage. Installé longitudinalement en position avant-centrale, ce moteur tout aluminium possède quatre arbres à cames en tête, 32 soupapes et une lubrification par carter sec. Il développe 380 bhp, soit 385 ch DIN, et 410 Nm. Certaines fiches françaises indiquent environ 390 ch, mais la valeur constructeur de la version initiale est bien de 385 ch DIN.
La puissance rejoint les roues arrière par l’intermédiaire d’une boîte placée sur le train arrière. Cette disposition transaxle permet de déplacer une partie des masses vers l’arrière et participe à l’équilibre de la voiture. Une boîte manuelle Graziano à six rapports est proposée, ainsi qu’une transmission Sportshift à six rapports, mécaniquement apparentée à une boîte manuelle mais commandée par un système automatisé et des palettes au volant.
La construction fait largement appel à l’aluminium. La structure VH emploie notamment des profilés extrudés assemblés par collage, tandis que différents éléments de carrosserie utilisent aluminium, composites et autres matériaux légers. Le Roadster demeure toutefois plus lourd que le Coupé en raison des renforts nécessaires et du mécanisme de capote.
Les trains roulants reposent sur des doubles triangles indépendants à l’avant comme à l’arrière. Les freins utilisent des disques ventilés et rainurés de 355 mm à l’avant et 330 mm à l’arrière, associés à des étriers Brembo à quatre pistons. ABS, contrôle de traction et contrôle dynamique de stabilité complètent cet ensemble.
Fiche technique de l’Aston Martin V8 Vantage Roadster
| Caractéristique | V8 Vantage Roadster 4.3 |
|---|---|
| Présentation | 2006 |
| Premières livraisons | 2007 |
| Carrosserie | Roadster 2 portes, 2 places |
| Structure | Architecture VH, structure en aluminium extrudé et collé |
| Moteur | V8 atmosphérique à 90 degrés, 32 soupapes, carter sec |
| Cylindrée | 4 280 cm3 |
| Alésage x course | 89 x 86 mm |
| Puissance | 380 bhp, 385 ch DIN, 283 kW |
| Couple | 410 Nm à 5 000 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant-central |
| Transmission | Propulsion, différentiel à glissement limité |
| Boîte manuelle | 6 rapports, transaxle arrière |
| Boîte optionnelle | Sportshift robotisée à 6 rapports |
| Suspension avant | Doubles triangles indépendants |
| Suspension arrière | Doubles triangles indépendants |
| Freins avant | Disques ventilés et rainurés de 355 mm, étriers 4 pistons |
| Freins arrière | Disques ventilés et rainurés de 330 mm, étriers 4 pistons |
| Jantes standard | 18 pouces |
| Pneus avant | 235/45 ZR18 |
| Pneus arrière | 275/40 ZR18 |
| Longueur | Environ 4 380 mm |
| Largeur | Environ 1 866 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 255 à 1 265 mm selon documentation |
| Empattement | 2 600 mm |
| Poids annoncé | Environ 1 710 kg selon définition employée |
| Vitesse maximale | Environ 280 km/h |
| 0 à 100 km/h | 5,0 s |
| Consommation mixte homologuée | Environ 15,0 l/100 km en boîte manuelle, cycle d’époque |
| CO2 | 358 g/km en boîte manuelle, cycle d’époque |
| Capote | Textile à commande électrique |
| Temps d’ouverture ou fermeture | Environ 18 secondes |
Une silhouette de Vantage adaptée à la conduite à ciel ouvert
Le passage au Roadster conserve les traits essentiels de la Vantage : capot très long, habitacle rejeté vers l’arrière, ailes marquées, grande calandre basse et feux arrière horizontaux. Les ouïes situées derrière les roues avant et les poignées affleurantes participent également à son identité. La transformation est surtout visible derrière les sièges, où la disparition du pavillon impose un dessin spécifique de la partie supérieure de la carrosserie.
La capote textile est entièrement électrique. Elle se replie en environ 18 secondes sous un couvre-capote, sans laisser un empilement de toile exposé au-dessus de la carrosserie. Le mécanisme peut fonctionner à faible vitesse, jusqu’à environ 50 km/h, une caractéristique pratique pour un roadster de cette période.
Le choix de deux places seulement distingue aussi la V8 Vantage Roadster des grandes Aston Martin Volante. Son empattement de 2,60 m reste identique à celui du Coupé, et les proportions ne sont pas étirées pour créer des places arrière. Cette compacité contribue à préserver visuellement le caractère de sportive de la Vantage une fois décapotée.
Du V8 4.3 au V8 4.7
La principale évolution mécanique intervient en 2008 avec l’abandon du V8 de 4,3 litres au profit d’un moteur porté à 4,7 litres. Sa cylindrée atteint 4 735 cm3 et sa puissance grimpe à 420 bhp, soit environ 426 ch DIN. Le couple progresse également, tandis que diverses modifications de châssis et de transmission accompagnent cette évolution. Une V8 Vantage Roadster 4.7 ne doit donc pas être décrite avec les caractéristiques de la version 4.3 présentée en 2006.
La gamme continue ensuite à évoluer. Une importante mise à jour intervient pour le millésime 2012, avec notamment des modifications de châssis, de freinage et la disponibilité de la transmission Sportshift II à sept rapports. Parallèlement, l’Aston Martin V8 Vantage S pousse plus loin la formule avec une présentation et une mise au point plus sportives ainsi qu’un V8 4.7 porté à 430 bhp.
La famille accueille également le Aston Martin V12 Vantage, qui démontre jusqu’où Aston Martin peut faire évoluer cette architecture compacte. Le V8 Roadster conserve néanmoins une personnalité différente : son V8 atmosphérique plus léger et sa vocation moins radicale en font la déclinaison découvrable régulière de la gamme.
Il faut également distinguer le modèle de l’Aston Martin V12 Vantage Roadster. Apparue plus tard et produite en quantité beaucoup plus limitée, cette dernière associe la carrosserie ouverte à un moteur V12 de 5,9 litres. Elle constitue une version spécifique et non une évolution mécanique normale du V8 Vantage Roadster.
Une sportive de route plutôt qu’une Vantage de compétition
La V8 Vantage de cette génération a servi de base à plusieurs voitures destinées au sport automobile, mais le Roadster standard n’a pas été développé pour la compétition. Les programmes de course concernent des variantes spécifiques dotées de carrosseries fermées et de transformations importantes. L’Aston Martin Vantage GT4 appartient à cette branche compétition et ses caractéristiques ne doivent pas être transposées au Roadster de série.
Le V8 Vantage Roadster occupe plutôt une place particulière dans la gamme routière Aston Martin des années 2000 : il associe la nouvelle architecture en aluminium de Gaydon, un V8 atmosphérique, une boîte transaxle et une carrosserie ouverte dans un format sensiblement plus compact que les grandes GT de la marque. Sa production à Gaydon accompagne celle du Coupé, avant que les évolutions 4.7, les versions S et les dernières séries spéciales ne prolongent cette famille jusqu’à la fin de la génération VH.




