Subaru Vivio Rx-r

Subaru Vivio Rx-r

Lancée au Japon en 1992, la Subaru Vivio Rx-r représente la déclinaison sportive à boîte manuelle de la petite Subaru Vivio. Sous une carrosserie de kei car longue de seulement 3,295 m, elle associe un quatre cylindres de 658 cm³ à double arbre à cames, 16 soupapes, compresseur et intercooler. Sa puissance atteint les 64 ch imposés par la convention japonaise de l’époque, pour un poids qui débute autour de 700 kg en traction. Plus remarquable encore, Subaru la propose également avec une transmission intégrale permanente.

La Rx-r ne doit pas être confondue avec toutes les Vivio sportives. Elle correspond à la version suralimentée équipée d’une boîte manuelle à cinq rapports, disponible en traction E-KK3 ou en quatre roues motrices E-KK4. La RX-RA est une variante plus spécialisée destinée notamment à fournir une base pour la compétition, tandis que la RX-SS associe le moteur suralimenté à une transmission ECVT. Cette distinction est essentielle pour comprendre aussi bien les caractéristiques routières de la Rx-r que son lien avec les Vivio engagées en rallye.

Une kei car sportive née en 1992

La Vivio apparaît en mars 1992 pour succéder à la Subaru Rex. Elle appartient alors à une nouvelle génération de kei cars bénéficiant de la réglementation japonaise autorisant une cylindrée maximale de 660 cm³. Subaru ne se contente cependant pas de concevoir une petite voiture économique. La marque travaille également la rigidité de la coque, adopte un moteur quatre cylindres et développe des variantes mécaniques nettement plus ambitieuses.

La Rx-r se place immédiatement au sommet de cette approche sportive. Son moteur EN07 de 658 cm³ reçoit une culasse DOHC à 16 soupapes, une injection électronique multipoint, un compresseur mécanique et un intercooler. Avec 64 ch à 7 200 tr/min, elle atteint la puissance maximale alors communément retenue par les constructeurs japonais pour les kei cars. Sa particularité tient moins à ce chiffre qu’à la combinaison d’un moteur sophistiqué, d’une masse très faible et, sur la KK4, d’une transmission intégrale permanente.

La gamme évolue rapidement. Une RX-R S1 apparaît dès 1992 sous la forme d’une série spéciale annoncée à 500 exemplaires. La RX-RA est introduite la même année avec une orientation compétition beaucoup plus nette : boîte aux rapports rapprochés, suspension renforcée, équipement allégé et différentiel arrière à glissement limité figurent parmi ses spécificités. Ces équipements ne doivent donc pas être attribués automatiquement à une Rx-r routière standard.

Un quatre cylindres à compresseur dans 658 cm³

Le moteur EN07 constitue l’un des principaux intérêts techniques de la Vivio Rx-r. Avec un alésage de 56 mm et une course de 66,8 mm, ce quatre cylindres développe exactement 658 cm³. Le compresseur mécanique apporte une réponse différente de celle d’un petit moteur turbocompressé, tandis que l’intercooler contribue à maîtriser la température de l’air admis. Subaru associe cet ensemble à une boîte manuelle à cinq rapports.

Les caractéristiques évoluent pendant la carrière du modèle. La Rx-r 4WD du début de production est donnée pour 9,0 kg·m, soit environ 88 N·m, à 4 400 tr/min. Sur les dernières versions de 1997, la puissance demeure à 64 ch mais le couple atteint 10,8 kg·m, environ 106 N·m, à seulement 3 600 tr/min. Ces dernières variantes utilisent également de l’essence sans plomb premium, contrairement aux premières spécifications prévues pour du carburant ordinaire.

La masse varie elle aussi selon l’année et la transmission. Les premières Rx-r sont données autour de 700 kg en traction et 750 kg en quatre roues motrices. En fin de carrière, ces valeurs atteignent environ 710 et 760 kg. Le rapport poids-puissance reste ainsi particulièrement favorable pour une automobile conçue dans le cadre très contraignant de la catégorie kei.

Fiche technique de la Subaru Vivio Rx-r

CaractéristiqueSubaru Vivio Rx-r
Période1992 à 1998
CarrosserieKei car 3 portes, 4 places
CodesE-KK3 en traction, E-KK4 en 4WD
ImplantationMoteur avant transversal
MoteurSubaru EN07, 4 cylindres en ligne
Cylindrée658 cm³
Alésage x course56,0 x 66,8 mm
DistributionDOHC, 16 soupapes
AlimentationInjection électronique multipoint
SuralimentationCompresseur mécanique avec intercooler
Taux de compression9,0:1
Puissance64 ch à 7 200 tr/min
CoupleEnviron 88 N·m sur les premières versions, jusqu’à environ 106 N·m sur les dernières Rx-r
TransmissionTraction avant ou transmission intégrale permanente
BoîteManuelle à 5 rapports
StructureCoque autoporteuse
Suspension avantJambes de force avec bras inférieurs en L
Suspension arrièreIndépendante, dual-link avec jambes de force
DirectionCrémaillère assistée
Freins avantDisques ventilés
Freins arrièreTambours
RouesJantes alliage 13 pouces
Pneus155/65 R13 ou 155/60 R13 selon millésime et version
Longueur3 295 mm
Largeur1 395 mm
Hauteur1 375 mm
Empattement2 310 mm
Voie avant1 220 mm
Voie arrière1 200 mm
PoidsEnviron 700 à 710 kg en traction, 750 à 760 kg en 4WD selon millésime
Réservoir32 litres
Consommation homologuée d’époqueEnviron 18,2 à 19,0 km/l selon version et cycle japonais

Un châssis plus élaboré que son gabarit ne le suggère

La Vivio mesure seulement 1,395 m de large et repose sur un empattement de 2,310 m, mais Subaru lui donne quatre roues indépendantes. L’avant utilise des jambes de force associées à des bras inférieurs en L, tandis que l’arrière reçoit une architecture dual-link à jambes de force. La Rx-r bénéficie en outre de disques ventilés à l’avant, les freins arrière restant à tambours.

La possibilité de choisir une transmission intégrale permanente distingue particulièrement la KK4. Ce choix technique est cohérent avec une marque qui développe depuis longtemps son savoir-faire en quatre roues motrices, mais son application à une automobile aussi petite reste inhabituelle. La version FF conserve pour sa part l’avantage d’une masse inférieure d’environ 50 kg au début de la commercialisation.

Visuellement, la Rx-r reste proche de la Vivio dont elle dérive, sans chercher l’exubérance. Les versions correspondantes reçoivent néanmoins une présentation sportive avec jantes alliage de 13 pouces, antibrouillards et éléments aérodynamiques spécifiques selon le millésime. Les évolutions de carrosserie intervenues durant les années 1990 imposent de distinguer une Rx-r de lancement d’un exemplaire de 1997 ou 1998 : boucliers, optiques et détails de présentation ne sont pas identiques sur toute la carrière.

De la Rx-r à la RX-RA de compétition

L’histoire sportive de la Vivio explique une grande partie de la notoriété acquise par la Rx-r hors du Japon. La petite Subaru 4WD suralimentée reçoit une homologation FIA sous la désignation Vivio Sedan 4WD Super KK, en Groupe A à compter de novembre 1992. Sa cylindrée réelle de 658 cm³ est alors corrigée par le coefficient appliqué aux moteurs suralimentés pour déterminer sa classe réglementaire.

La RX-RA pousse plus loin cette orientation. Conçue comme une base mieux adaptée au rallye, elle se distingue notamment par son allègement, sa boîte rapprochée, sa suspension renforcée et son différentiel arrière à glissement limité. Par conséquent, présenter toutes les Vivio de rallye comme de simples Rx-r de série masque des différences importantes entre la sportive routière et les variantes développées pour la compétition.

L’épisode le plus célèbre survient au Safari Rally 1993. Trois Vivio préparées participent à l’épreuve, avec notamment Colin McRae et Derek Ringer ainsi que Patrick Njiru et Rick Mathews. McRae abandonne après avoir occupé une position remarquée malgré la cylindrée minuscule de sa voiture. Njiru parvient en revanche à rejoindre l’arrivée à la 12e place du classement général, résultat particulièrement notable compte tenu des conditions du Safari et du gabarit de la Vivio.

Cette aventure intervient à une période charnière pour Subaru en rallye. Au même moment, la Subaru Impreza WRX commence à prendre une place centrale dans le programme sportif international de la marque. La Vivio n’a évidemment ni la vocation ni les performances absolues de l’Impreza, mais son engagement illustre jusqu’où Subaru pouvait pousser ses solutions de suralimentation et de transmission intégrale, même dans la catégorie kei.

Les évolutions de la Rx-r jusqu’en 1998

Subaru maintient la Rx-r au catalogue pendant l’essentiel de la carrière de la Vivio. Les modifications successives ne bouleversent pas sa formule : moteur EN07 suralimenté, puissance de 64 ch et boîte manuelle à cinq rapports restent les éléments fondamentaux. Les réglages, le couple, les équipements et certains détails extérieurs évoluent cependant avec les différentes révisions de gamme.

Une Special Version apparaît notamment en 1995 dans le contexte des résultats obtenus en compétition. Les dernières Rx-r répertoriées en 1997 disposent d’un moteur toujours limité à 64 ch mais sensiblement plus coupleux, avec environ 106 N·m disponibles à 3 600 tr/min. Elles illustrent le degré de développement atteint par l’EN07 sans remettre en cause les contraintes réglementaires de la catégorie.

La carrière de la Vivio s’achève en 1998 avec l’arrivée de la Pleo. Subaru continuera pourtant à explorer le segment des petites voitures japonaises, notamment avec les Subaru R1 et Subaru R2 au cours de la décennie suivante. Aucune ne reprend exactement la recette de la Rx-r, dont l’association d’une carrosserie de kei car, d’un quatre cylindres DOHC à compresseur, d’une boîte manuelle et, en KK4, de quatre roues motrices demeure étroitement liée aux années 1990.