Subaru Alcyone Svx

Subaru Alcyone Svx

La Subaru Alcyone SVX apparaît en 1991 comme l’une des automobiles les plus ambitieuses jamais produites par Subaru. Grand coupé quatre places dessiné par Giorgetto Giugiaro, elle associe une silhouette spectaculaire à un six cylindres à plat de 3,3 litres et, dans ses principales versions, à une transmission intégrale. Au Japon, elle conserve le nom Alcyone déjà utilisé par le coupé précédent, tandis que de nombreux marchés étrangers la commercialisent simplement sous l’appellation Subaru SVX.

Son positionnement tranche avec celui des Subaru plus conventionnelles de l’époque. L’Alcyone SVX n’est ni une sportive légère ni une déclinaison performante d’une berline existante. C’est une GT conçue autour du confort à haute vitesse, d’une mécanique spécifique et d’une présentation haut de gamme. Cette orientation explique autant son caractère singulier que sa diffusion limitée.

De l’Alcyone au grand coupé GT des années 1990

La SVX prend la relève de la Subaru XT, connue sous le nom Alcyone au Japon. Cette dernière avait déjà installé Subaru sur le terrain des coupés atypiques avec une carrosserie très aérodynamique et une forte personnalité technique. Pour sa remplaçante, le constructeur change toutefois d’échelle en visant une automobile plus large, plus puissante et nettement plus luxueuse.

Cette montée en gamme intervient au moment où Subaru développe également la Subaru Legacy. La marque japonaise cherche alors à dépasser son image de spécialiste des véhicules pratiques à transmission intégrale et à démontrer que son architecture mécanique peut également servir des modèles routiers plus ambitieux.

Le projet SVX est dévoilé sous forme de concept au Tokyo Motor Show de 1989. Malgré son allure de prototype, son dessin est conservé avec relativement peu de changements pour la production. Le modèle de série arrive au Japon en 1991 et prend le nom d’Alcyone SVX. La fabrication se poursuit jusqu’à la fin de 1996, tandis que la commercialisation de certains exemplaires se prolonge en 1997 selon les marchés.

Contrairement à la Subaru XT Turbo, qui exploitait la suralimentation pour obtenir ses performances, la nouvelle GT adopte un six cylindres atmosphérique de forte cylindrée. Ce changement traduit parfaitement sa philosophie : la SVX privilégie la souplesse, l’agrément et les longs parcours rapides plutôt qu’un tempérament de sportive compacte.

Un dessin de Giorgetto Giugiaro presque intact depuis le concept

Subaru confie le style à Giorgetto Giugiaro et Italdesign. Le résultat est immédiatement identifiable. La carrosserie mesure plus de 4,60 m, mais ses volumes très fluides, son capot plongeant et son pavillon bas donnent au coupé une allure plus élancée que ses dimensions ne le suggèrent. Son coefficient aérodynamique est généralement donné pour 0,29.

La caractéristique la plus spectaculaire reste la verrière. Pare-brise, vitres latérales et lunette forment visuellement une grande surface vitrée enveloppante séparée de la partie inférieure de la carrosserie. Les montants sont intégrés à cette composition afin de donner l’impression d’un pavillon presque continu. Cette solution rapproche davantage la SVX de certaines études de style de la fin des années 1980 que d’un coupé traditionnel.

Les portes possèdent une autre particularité : seule une section intégrée à la grande vitre latérale peut s’abaisser. Cette construction, souvent décrite comme une vitre dans la vitre, participe directement à l’identité de la voiture. Elle permet surtout au dessin du concept de survivre à l’industrialisation sans transformer les vastes surfaces vitrées en fenêtres conventionnelles.

La face avant reste relativement sobre, avec des projecteurs horizontaux et une proue très lisse. À l’arrière, la largeur de la voiture et l’importante surface vitrée renforcent l’impression de GT. L’ensemble se distingue radicalement des lignes anguleuses de l’Alcyone précédente et demeure l’un des exemples les plus fidèles du passage d’un concept-car à une automobile de série au début des années 1990.

Le six cylindres à plat EG33 et la transmission intégrale

L’Alcyone SVX reçoit le moteur EG33, un six cylindres opposés à plat de 3 319 cm3. Ce moteur atmosphérique à double arbre à cames en tête et 24 soupapes utilise une injection électronique multipoint. Dans sa spécification japonaise, Subaru annonce 240 PS à 6 000 tr/min. Les versions destinées à certains marchés étrangers sont généralement données autour de 230 ch ou hp, les différences tenant notamment aux spécifications locales et aux normes utilisées.

Le boxer est installé longitudinalement à l’avant. Sa faible hauteur convient particulièrement à une GT au capot bas, tandis que ses six cylindres correspondent au positionnement plus prestigieux recherché par Subaru. Le couple atteint environ 310 Nm suivant les spécifications. Le moteur est exclusivement associé en série à une boîte automatique électronique à quatre rapports, choix qui souligne une nouvelle fois l’orientation grand tourisme du modèle.

Les versions japonaises les plus caractéristiques emploient une transmission intégrale VTD, pour Variable Torque Distribution. Cette architecture gère la distribution du couple entre les essieux plutôt que de reproduire une transmission intégrale à répartition fixe. Il ne faut cependant pas attribuer une configuration unique à toutes les SVX : les systèmes employés diffèrent selon les marchés et certaines versions nord-américaines furent même proposées en traction avant.

Avec environ 1,6 tonne selon la version, la SVX est sensiblement plus lourde qu’une sportive traditionnelle. Les performances restent néanmoins élevées pour une GT du début des années 1990. Les mesures et spécifications publiées varient fortement suivant les marchés, avec un 0 à 100 km/h situé approximativement entre 7,3 et 8,6 secondes et des vitesses maximales annoncées ou mesurées autour de 230 à 250 km/h. Ces écarts empêchent de retenir une valeur unique pour l’ensemble de la production.

Fiche technique de la Subaru Alcyone Svx

CaractéristiqueDonnée
Période de production1991 à 1996
CarrosserieCoupé GT 2 portes, 4 places
MoteurEG33, 6 cylindres à plat essence atmosphérique
Cylindrée3 319 cm3
DistributionDOHC, 24 soupapes
AlimentationInjection électronique multipoint
Alésage x course96,9 x 75 mm
Taux de compression10,0:1
Puissance240 PS à 6 000 tr/min en spécification japonaise, environ 230 ch/hp sur certaines versions export
CoupleEnviron 309 à 312 Nm selon spécification
ImplantationMoteur avant longitudinal
Boîte de vitessesAutomatique électronique à 4 rapports
TransmissionIntégrale sur les principales versions, VTD notamment au Japon; certaines versions nord-américaines à traction avant
StructureCoque autoporteuse
SuspensionsIndépendantes aux quatre roues
DirectionAssistée; quatre roues directrices sur certaines spécifications japonaises
FreinsDisques aux quatre roues avec ABS
Pneumatiques225/50 R16 ou ZR16 selon version
Longueur4 625 mm
Largeur1 770 mm
HauteurEnviron 1 300 à 1 310 mm selon version
Empattement2 610 mm
Voie avantEnviron 1 500 mm
Voie arrièreEnviron 1 480 mm
PoidsEnviron 1 580 à 1 620 kg selon version et marché
0 à 100 km/hEnviron 7,3 à 8,6 s selon version et mesure
Vitesse maximaleEnviron 232 à 248 km/h selon spécification et marché
RéservoirEnviron 70 litres
Coefficient aérodynamiqueCx généralement donné pour 0,29

Versions japonaises et différences selon les marchés

L’appellation Alcyone SVX désigne avant tout la voiture telle qu’elle est commercialisée au Japon. La gamme japonaise comprend notamment les Version L et Version E, auxquelles viennent s’ajouter plusieurs séries au cours de la carrière. Les S40 et S40 II apparaissent au milieu des années 1990, suivies par les S3 et S4. Certaines de ces déclinaisons se distinguent par leur présentation, leurs équipements ou leurs roues, avec notamment des jantes BBS sur des séries tardives.

Cette diversité explique pourquoi une fiche technique universelle de la SVX peut être trompeuse. Puissance, masse, équipement, transmission intégrale et certaines caractéristiques du châssis évoluent en fonction du pays et de la finition. Les exemplaires japonais ne sont donc pas systématiquement identiques aux SVX européennes ou nord-américaines, même si toutes partagent la même architecture générale et le moteur EG33.

La carrière internationale demeure modeste au regard des ambitions initiales. Le prix élevé, le positionnement inhabituel pour Subaru et un marché du grand coupé devenu moins favorable au cours des années 1990 limitent sa diffusion. La France constitue un cas particulièrement confidentiel : le chiffre de 52 voitures vendues neuves y est régulièrement rapporté, mais il doit être considéré comme une estimation issue des données historiques disponibles plutôt que comme un total de production constructeur.

Une production limitée et aucun successeur direct

La production mondiale de la SVX est généralement donnée pour environ 24 379 exemplaires. Ce volume reste faible pour une automobile commercialisée sur plusieurs grands marchés pendant plusieurs années et contribue aujourd’hui à sa rareté, particulièrement en Europe. La complexité de certaines pièces spécifiques, à commencer par les vitrages et différents éléments de carrosserie, accentue également son statut de modèle à part dans l’histoire de Subaru.

L’Alcyone SVX ne connaît pas de véritable successeur après l’arrêt de sa fabrication. Subaru poursuit son développement autour des berlines, breaks et modèles à transmission intégrale, tandis que son image sportive se construit surtout autour de l’Impreza et de la compétition. Il faut attendre bien plus tard pour revoir un coupé dans la gamme avec la Subaru BRZ, mais celle-ci repose sur une philosophie radicalement différente : propulsion, moteur quatre cylindres boxer et recherche de légèreté plutôt que grand tourisme à six cylindres.

La SVX reste ainsi un cas isolé dans la production de la marque. Son H6 de 3,3 litres, son dessin Giugiaro, sa verrière caractéristique et son positionnement de GT haut de gamme n’ont jamais été réunis à nouveau dans une Subaru de série. Même la disparition du nom Alcyone après sa carrière souligne le caractère singulier de cette génération dans l’histoire du constructeur japonais.