Subaru Impreza Wrx

Subaru Impreza Wrx

La Subaru Impreza WRX apparaît au Japon en novembre 1992, presque simultanément avec la nouvelle compacte dont elle dérive. Dès cette première version, Subaru fixe une formule qui deviendra indissociable du sigle WRX : moteur boxer quatre cylindres turbocompressé, transmission intégrale permanente et châssis compact directement influencé par les ambitions de la marque en rallye. Avec 240 PS annoncés pour seulement 1 220 kg, cette première WRX GC8 constitue déjà une sportive particulièrement performante pour son époque.

Cette origine mérite d’être distinguée des versions ultérieures. La WRX de 1992 n’est pas encore une STI, et les appellations employées varieront ensuite selon les marchés. Le modèle traité ici est la berline japonaise E-GC8 lancée en 1992, point de départ de la longue histoire des Impreza WRX.

Une Impreza conçue avec le rallye en ligne de mire

Au début des années 1990, Subaru dispose déjà d’une solide expérience du moteur boxer et de la transmission intégrale. La Subaru Legacy RS incarne alors la branche sportive de la marque et sert également de base à son engagement international en rallye. Mais ses dimensions ne constituent pas la solution idéale face aux compactes engagées au plus haut niveau. Une automobile plus petite et plus légère offre davantage de potentiel.

Lancée en 1992, la Subaru Impreza répond à cette logique. La gamme prend place sous la Legacy, tandis que la WRX en devient immédiatement la déclinaison à hautes performances. L’acronyme est associé à l’expression World Rally Experimental, une dénomination qui traduit clairement le positionnement voulu par Subaru.

La première WRX est une berline quatre portes et cinq places. Son format reste compact avec 4,34 m de longueur et 1,69 m de largeur. Elle ne cherche donc pas à devenir un coupé sportif traditionnel : Subaru transforme une automobile utilisable au quotidien en machine très performante grâce à sa mécanique et à sa transmission. Cette association entre carrosserie relativement conventionnelle et technologie issue de la compétition contribuera fortement à l’identité du modèle.

Le boxer EJ20 turbo au coeur de la WRX

Sous le capot prend place l’EJ20, un quatre cylindres à plat de 1 994 cm3 doté de deux arbres à cames en tête par rangée de cylindres et de 16 soupapes. Alimenté par injection électronique et suralimenté par turbocompresseur avec intercooler, il développe dans la WRX japonaise de novembre 1992 240 PS, soit 177 kW, à 6 000 tr/min. Le couple atteint 304 Nm à 5 000 tr/min.

L’architecture boxer maintient les masses du moteur relativement basses et s’intègre naturellement à la chaîne cinématique symétrique privilégiée par Subaru. La puissance est transmise aux quatre roues par une boîte manuelle à cinq rapports et une transmission intégrale permanente. Un différentiel arrière à glissement limité complète l’ensemble sur cette première WRX.

Cette architecture mécanique distingue fortement la voiture des nombreuses compactes sportives à traction de son époque. La WRX n’utilise pas la transmission intégrale uniquement pour sécuriser une puissance élevée : elle en fait l’un des éléments centraux de son comportement, en cohérence avec le programme de rallye de Subaru.

La première Subaru Impreza 1 conserve par ailleurs une conception de châssis relativement classique, avec une coque monocoque et des jambes de force indépendantes aux quatre roues. Les quatre freins sont à disques ventilés. Avec 1 220 kg annoncés pour la WRX standard, le rapport entre puissance, masse et motricité explique une grande partie du caractère de cette première génération.

Fiche technique de la Subaru Impreza Wrx

CaractéristiqueSubaru Impreza WRX 1992
Code typeE-GC8
CarrosserieBerline 4 portes, 5 places
MoteurEJ20, 4 cylindres à plat, DOHC, 16 soupapes
Cylindrée1 994 cm3
Alésage x course92,0 x 75,0 mm
Rapport volumétrique8,5:1
AlimentationInjection électronique multipoint EGI
SuralimentationTurbocompresseur avec intercooler
Puissance240 PS (177 kW) à 6 000 tr/min
Couple304 Nm à 5 000 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionIntégrale permanente
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports
Différentiel arrièreÀ glissement limité
StructureMonocoque
Suspension avantIndépendante, jambes de force
Suspension arrièreIndépendante, jambes de force
DirectionÀ crémaillère assistée
Freins avantDisques ventilés
Freins arrièreDisques ventilés
Pneus205/55 R15
Longueur4 340 mm
Largeur1 690 mm
Hauteur1 405 mm
Empattement2 520 mm
Voie avant1 465 mm
Voie arrière1 455 mm
Poids1 220 kg
Capacité du réservoir60 litres
Rayon de braquage minimal5,2 m

WRX, Type RA et STI : des appellations à ne pas confondre

La nomenclature des Impreza sportives peut facilement prêter à confusion, notamment parce que Subaru multiplie rapidement les versions. Dès novembre 1992, la WRX standard est accompagnée au Japon d’une WRX Type RA. Cette dernière conserve les 240 PS du deux litres turbo mais réduit son poids à 1 170 kg. Sa conception plus dépouillée répond davantage aux besoins d’une utilisation sportive et fournit une base adaptée à la préparation pour la compétition.

La STI constitue une étape différente. La première Subaru Impreza WRX STI n’apparaît qu’en 1994, après la WRX originelle. Subaru Tecnica International pousse alors plus loin la préparation mécanique et dynamique. Employer systématiquement le nom WRX STI pour parler de la voiture de 1992 revient donc à fusionner deux versions historiquement distinctes.

Les évolutions successives de la GC8 donneront naissance à une famille particulièrement riche. Les variantes deviennent plus spécialisées, notamment avec la Subaru Impreza WRX STI Type R, tandis que la très recherchée 22B arrivera beaucoup plus tard. Présentée en 1998, la Subaru Impreza 22B STI ne doit donc pas être considérée comme une simple appellation alternative de la WRX initiale.

Les noms commerciaux compliquent encore la lecture de l’histoire du modèle hors du Japon. Selon les périodes et les marchés, certaines Impreza turbo européennes adoptent notamment des appellations comme GT ou Turbo plutôt que de reproduire exactement la nomenclature WRX japonaise. Les caractéristiques d’une Impreza sportive vendue en Europe ne peuvent donc pas être automatiquement attribuées à la GC8 WRX japonaise de 1992.

Un style fonctionnel devenu immédiatement reconnaissable

La première WRX reste visuellement proche de l’Impreza dont elle dérive. Sa carrosserie tricorps aux surfaces simples, ses dimensions contenues et son habitacle cinq places conservent l’apparence d’une berline compacte. Cette relative discrétion contraste avec l’image beaucoup plus spectaculaire que prendront certaines STI ultérieures.

La prise d’air installée sur le capot constitue l’un de ses signes les plus caractéristiques. Elle répond à une nécessité technique en alimentant l’échangeur associé au moteur turbocompressé. Les roues de 15 pouces chaussées en 205/55 R15 et les éléments aérodynamiques encore mesurés permettent également de différencier cette première interprétation des Impreza sportives plus tardives dotées d’ailes élargies, de roues plus imposantes ou d’ailerons nettement plus démonstratifs.

Cette sobriété explique aussi pourquoi une GC8 d’origine se distingue nettement de l’image populaire parfois associée aujourd’hui à l’Impreza. Les transformations et les références visuelles aux voitures de rallye ont été nombreuses, alors que la WRX de série initiale présente une carrosserie relativement retenue. Sa véritable singularité se trouve davantage sous la carrosserie que dans un traitement esthétique radical.

De la route au Championnat du monde des rallyes

L’association entre WRX et rallye est fondamentale, mais la voiture de série ne doit pas être confondue avec l’Impreza préparée pour le Championnat du monde. Les machines engagées au plus haut niveau disposent de spécifications propres à la compétition. La WRX routière partage néanmoins avec elles des choix structurants, en particulier le moteur boxer turbocompressé et la transmission intégrale.

Subaru remplace progressivement la Legacy par l’Impreza dans son programme mondial au début des années 1990. Avec Prodrive, la marque transforme cette nouvelle base compacte en l’une des voitures emblématiques du WRC. L’Impreza permet à Subaru de décrocher trois titres constructeurs consécutifs en 1995, 1996 et 1997. Colin McRae devient champion du monde des pilotes en 1995, avant les titres obtenus plus tard par Richard Burns en 2001 et Petter Solberg en 2003.

Ces résultats donnent à l’Impreza une identité inhabituelle pour une berline compacte. Le succès sportif ne se limite pas à soutenir sa communication : il renforce directement l’intérêt des versions routières turbo à transmission intégrale. La WRX devient ainsi l’une des automobiles qui associent le plus étroitement une gamme de série à l’image du rallye des années 1990.

De l’Impreza WRX à une gamme WRX indépendante

La formule inaugurée en 1992 survit à la première GC8. Subaru conserve le principe d’une Impreza turbocompressée à quatre roues motrices lors des générations suivantes, tout en faisant évoluer profondément la carrosserie, le châssis, les moteurs et les niveaux de performances. WRX et STI finissent ainsi par acquérir une notoriété presque indépendante du reste de la famille Impreza.

Cette évolution conduit finalement Subaru à détacher le nom WRX de celui d’Impreza sur les générations modernes. La Subaru WRX devient une lignée identifiée séparément, même si elle conserve les principes fondamentaux établis par sa devancière : moteur boxer, suralimentation, quatre roues motrices et positionnement sportif.

La GC8 de novembre 1992 reste ainsi le point de départ précis de cette généalogie. Son prix japonais était fixé à 2 298 000 yens, tandis que la Type RA, plus légère et plus dépouillée, était proposée à 2 108 000 yens. Cette coexistence dès le lancement entre une WRX routière performante et une déclinaison davantage orientée vers la compétition annonce déjà la multiplication des variantes qui caractérisera l’Impreza sportive pendant les années suivantes.