Présentée au Mondial de l’Automobile de Paris en septembre 2004, l’Aston Martin Vanquish S est l’évolution la plus performante de la première génération de Vanquish. Son V12 atmosphérique développe 520 bhp, soit environ 528 ch, et lui permet de dépasser les 200 mph. Elle devient ainsi, lors de son lancement, la voiture de série la plus rapide jamais proposée par Aston Martin. Produite artisanalement à Newport Pagnell jusqu’en 2007, elle marque aussi la fin d’une époque industrielle pour la marque britannique.
Une Vanquish profondément améliorée en 2004
La Vanquish S apparaît trois ans après le lancement commercial de l’Aston Martin Vanquish. Le modèle originel occupe alors le sommet de la gamme, mais son environnement a évolué. L’arrivée de l’Aston Martin DB9 impose notamment de renforcer la distinction entre la nouvelle GT produite à Gaydon et le vaisseau amiral toujours assemblé à Newport Pagnell.
Aston Martin ne se contente donc pas d’une augmentation de puissance. La Vanquish S reçoit des modifications du moteur, de la transmission, de la direction, des suspensions, des freins et de l’aérodynamique. L’objectif est de conserver les qualités de grande routière de la Vanquish tout en lui donnant des performances et des réactions plus incisives.
Sa construction demeure particulièrement élaborée. La structure centrale combine des éléments en aluminium extrudé, collé et riveté avec de la fibre de carbone. Le tunnel central utilise lui-même une structure en carbone, tandis que les panneaux extérieurs en aluminium sont formés puis ajustés avec une importante intervention manuelle. Aston Martin indiquait qu’une Vanquish S demandait plus de 390 heures de travail.
La production reste concentrée à Newport Pagnell, dans le Buckinghamshire, site historique de la marque depuis les années 1950. Cette méthode de fabrication distingue nettement la Vanquish S des Aston Martin contemporaines issues de la nouvelle usine de Gaydon.
Un V12 atmosphérique porté à 520 bhp
Le moteur conserve l’architecture qui caractérise la Vanquish : un V12 atmosphérique à 60 degrés de 5 935 cm3, doté de 48 soupapes et de quatre arbres à cames en tête. Ce bloc appartient à la même famille de V12 que celui employé sur l’Aston Martin DB7 Vantage, mais la configuration de la Vanquish S est sensiblement plus poussée.
Aston Martin retravaille notamment les culasses, les conduits d’admission et les chambres de combustion afin d’améliorer le débit d’air. La gestion moteur est recalibrée et plusieurs composants sont adaptés aux contraintes supplémentaires, notamment les bielles forgées, les injecteurs et les bougies. La puissance atteint 520 bhp à 7 000 tr/min et le couple 577 Nm à 5 800 tr/min. La conversion de 520 bhp donne environ 528 ch métriques, ce qui explique les deux chiffres couramment associés à cette version sans qu’ils correspondent à deux moteurs différents.
La transmission reste une boîte mécanique à six rapports dont l’embrayage et les changements de rapports sont commandés par un système électrohydraulique. Le conducteur utilise des palettes au volant et peut également sélectionner un fonctionnement automatisé. Il s’agit donc d’une boîte manuelle robotisée et non d’une boîte automatique conventionnelle. Un différentiel arrière à glissement limité complète la transmission aux roues arrière.
Aston Martin Works développera ensuite une conversion officielle permettant de remplacer la commande robotisée par une pédale d’embrayage et un véritable levier de vitesses. Cette transformation, recherchée sur certains exemplaires de collection, ne correspond toutefois pas à la configuration d’origine de la Vanquish S lorsqu’elle quittait la chaîne de Newport Pagnell.
Fiche technique de l’Aston Martin Vanquish S
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Production | 2004 à 2007 |
| Carrosserie | Coupé GT, 2+0 ou 2+2 |
| Architecture | Moteur longitudinal avant, propulsion |
| Moteur | V12 atmosphérique à 60 degrés, 48 soupapes |
| Cylindrée | 5 935 cm3 |
| Puissance | 520 bhp à 7 000 tr/min, environ 528 ch |
| Couple | 577 Nm à 5 800 tr/min |
| Rapport volumétrique | 10,8:1 |
| Boîte de vitesses | Manuelle robotisée électrohydraulique à 6 rapports |
| Différentiel | Arrière à glissement limité |
| Structure | Aluminium collé et riveté, renforts et tunnel en fibre de carbone |
| Suspension | Roues indépendantes, doubles triangles en aluminium, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs monotubes et barres antiroulis |
| Direction | Crémaillère à assistance variable, 2,1 tours de butée à butée |
| Freins avant | Disques ventilés et rainurés de 378 mm, étriers 6 pistons |
| Freins arrière | Disques ventilés et rainurés de 330 mm, étriers 4 pistons |
| Jantes | 19 pouces, 9J avant et 10J arrière |
| Pneus avant | 255/40 ZR19 |
| Pneus arrière | 285/40 ZR19 |
| Longueur | 4 665 mm |
| Largeur | 1 923 mm |
| Hauteur | 1 318 mm |
| Empattement | 2 690 mm |
| Poids en ordre de marche | 1 875 kg |
| 0 à 100 km/h | 4,8 s |
| 0 à 160 km/h | 9,8 s |
| Vitesse maximale | Plus de 321 km/h, soit plus de 200 mph |
| Coefficient aérodynamique | Cx 0,32 |
| Réservoir | 80 litres |
| Consommation combinée d’époque | 18,9 l/100 km |
| Émissions de CO2 | 448 g/km selon le cycle d’homologation d’époque |
Châssis, freinage et aérodynamique spécifiques
Les 520 bhp ne constituent qu’une partie de la transformation. Les ressorts et amortisseurs sont raffermis et la direction est revue pour gagner en rapidité. Aston Martin annonçait une réponse de direction environ 20 % plus vive que sur la Vanquish précédente. La crémaillère ne demande que 2,1 tours entre les butées, ce qui contribue au caractère plus direct recherché pour cette version.
Le freinage progresse lui aussi. À l’avant, les disques ventilés et rainurés atteignent 378 mm et sont pincés par des étriers à six pistons. Les disques arrière de 330 mm travaillent avec des étriers à quatre pistons. Les roues de 19 pouces chaussent des pneus de 255/40 à l’avant et 285/40 à l’arrière.
Les modifications aérodynamiques restent relativement discrètes. La calandre est plus ouverte afin d’améliorer le refroidissement, tandis qu’un splitter apparaît à l’avant. Le dessin du couvercle de coffre évolue pour réduire la portance arrière et accueille le troisième feu stop. Ces changements permettent de conserver l’allure caractéristique dessinée à l’origine sous la direction de Ian Callum tout en faisant descendre le coefficient de traînée à 0,32.
La combinaison de ces évolutions porte la vitesse maximale au-delà de 321 km/h, soit le seuil symbolique des 200 mph. Aston Martin annonçait également 4,8 secondes pour passer de 0 à 100 km/h et 9,8 secondes pour atteindre 160 km/h. Des chiffres différents apparaissent parfois dans les essais et bases de données, notamment pour le 0 à 60 mph, mais ils ne reposent pas nécessairement sur le même protocole que les données constructeur.
Une GT identifiable sans transformation spectaculaire
Visuellement, la Vanquish S reste volontairement proche de la Vanquish. Les jantes de 19 pouces à onze branches, le dessin légèrement différent de la calandre, le splitter avant, l’évolution de la partie arrière et les badges spécifiques permettent néanmoins de reconnaître la version. Cette retenue correspond à sa vocation : la S demeure une grande GT plutôt qu’une déclinaison radicale conçue pour le circuit.
L’habitacle peut être configuré en stricte deux places ou en 2+2. La présentation évolue au cours de la carrière, avec notamment une console centrale modernisée sur les dernières voitures. Malgré son positionnement sportif, la Vanquish S conserve ainsi l’équipement et la finition attendus du modèle le plus prestigieux de la gamme Aston Martin.
Il faut surtout distinguer cette voiture de la Vanquish S beaucoup plus récente apparue en 2016. Cette dernière appartient à la deuxième génération de Vanquish, utilise une architecture et une transmission différentes et développe environ 600 ch. Les déclinaisons telles que l’Aston Martin Vanquish Volante appartiennent également à cette lignée moderne et non à la Vanquish S de 2004.
La dernière Aston Martin produite à Newport Pagnell
La carrière de la Vanquish S s’achève en 2007. Les chiffres généralement retenus font état de 1 086 Vanquish S, au sein d’une production totale de 2 589 V12 Vanquish de première génération. Une Ultimate Edition accompagne la fin de carrière, mais son volume exact demande une nuance : les références historiques ne s’accordent pas toutes entre 40 et 50 voitures, notamment en raison d’exemplaires supplémentaires destinés à certains marchés.
La dernière Vanquish S quitte Newport Pagnell le 19 juillet 2007. Elle devient par la même occasion la dernière Aston Martin de série assemblée dans l’usine historique avant l’arrêt de la production automobile sur le site. La manufacture reste néanmoins liée à la marque par Aston Martin Works, notamment pour l’entretien, la restauration et les transformations officielles de modèles historiques.
La disparition de la Vanquish S ne donne pas immédiatement naissance à une nouvelle Vanquish. Dans la gamme de la fin des années 2000, l’Aston Martin DBS reprend le rôle de GT V12 à très hautes performances. Le nom Vanquish ne revient qu’en 2012 sur une nouvelle génération, techniquement distincte de la voiture construite à Newport Pagnell.
Cette première Vanquish S occupe donc une position très précise dans l’histoire d’Aston Martin : elle constitue l’aboutissement technique de la V12 Vanquish lancée en 2001 et le dernier modèle de série produit selon l’organisation industrielle historique de Newport Pagnell. Son V12 atmosphérique, sa structure mêlant aluminium et carbone et sa fabrication à forte composante artisanale témoignent directement de cette période de transition entre l’ancienne Aston Martin et la gamme développée autour de Gaydon.




