Aston Martin V12 Vantage

Aston Martin V12 Vantage

Lancée en 2009, l’Aston Martin V12 Vantage transpose le V12 atmosphérique de 5 935 cm³ de la marque dans sa sportive la plus compacte. Cette association donne naissance à un coupé de 517 ch à boîte manuelle, capable de 305 km/h, mais surtout à une automobile très différente de la Vantage à huit cylindres dont elle dérive. Produite à seulement 1 199 exemplaires dans cette configuration coupé, elle occupe une place particulière parmi les Aston Martin de l’ère VH.

Du concept V12 Vantage RS au modèle de série

Le projet apparaît publiquement en décembre 2007 avec le V12 Vantage RS Performance Concept, présenté lors de l’ouverture du centre de design Aston Martin à Gaydon. L’idée est simple dans son principe mais complexe à réaliser : installer le moteur le plus puissant alors disponible chez Aston Martin dans la carrosserie compacte de l’Aston Martin V8 Vantage. L’accueil réservé au prototype encourage la marque à poursuivre son développement jusqu’à la production.

La V12 Vantage définitive est annoncée en février 2009 avant sa présentation publique au Salon de Genève en mars. Elle reprend l’architecture VH en aluminium collé de la famille Vantage, mais son adaptation au douze cylindres nécessite de revoir profondément la partie avant, l’admission et le refroidissement. Le résultat conserve pourtant les dimensions contenues et les proportions du modèle d’origine.

Le moteur appartient à la famille du V12 atmosphérique également employée par l’Aston Martin DBS. Dans la Vantage, ses 5 935 cm³ délivrent 517 ch à 6 500 tr/min et 570 Nm à 5 750 tr/min. Il est installé longitudinalement en position centrale avant, derrière l’axe des roues autant que le permet cette architecture, afin de préserver l’équilibre du châssis.

Avant même les premières livraisons aux clients, Aston Martin engage en mai 2009 une V12 Vantage très proche de la série aux 24 Heures du Nürburgring. L’épreuve constitue un test d’endurance grandeur nature pour la nouvelle voiture. Pilotée notamment par Ulrich Bez, alors dirigeant d’Aston Martin, elle termine 21e au classement général et remporte sa catégorie SP8.

Un V12 atmosphérique associé à une boîte manuelle

La personnalité mécanique de la V12 Vantage repose autant sur son moteur que sur sa transmission. Le V12 atmosphérique est associé exclusivement, sur cette version originelle, à une boîte manuelle à six rapports. Celle-ci est placée sur l’essieu arrière selon une disposition transaxle et reliée au moteur par un arbre de transmission en fibre de carbone logé dans un tube de couple. Un différentiel à glissement limité complète l’ensemble.

Cette architecture contribue à une répartition des masses proche de l’équilibre malgré le poids du douze cylindres. Aston Martin annonce 1 680 kg pour la voiture dans sa spécification d’origine. Certaines fiches françaises donnent une masse supérieure en raison de méthodes de mesure ou d’homologation différentes, mais les données constructeur de lancement retiennent cette valeur de 1 680 kg.

Les performances placent alors cette petite Aston Martin parmi les voitures les plus rapides de la marque : 0 à 100 km/h en 4,2 secondes et vitesse maximale de 305 km/h. La puissance est parfois indiquée à 510 ch dans les publications anglophones. Il ne s’agit pas d’une autre configuration moteur : 510 bhp correspondent à environ 517 ch selon la norme métrique.

Le châssis reçoit des réglages spécifiques, des doubles triangles aux quatre roues et des amortisseurs monotubes. Le freinage carbone-céramique est particulièrement généreux, avec des disques de 398 mm et des étriers à six pistons à l’avant, contre 360 mm et quatre pistons à l’arrière. Les roues de 19 pouces accueillent, dans la configuration initiale, des Pirelli P Zero Corsa de 255/35 ZR19 à l’avant et 295/30 ZR19 à l’arrière.

Fiche technique de l’Aston Martin V12 Vantage

CaractéristiqueDonnée
Production2009-2013 pour le coupé originel
CarrosserieCoupé 2 portes, 2 places
ArchitectureMoteur central avant, propulsion
MoteurV12 atmosphérique, 48 soupapes
Cylindrée5 935 cm³
Puissance517 ch à 6 500 tr/min
Couple570 Nm à 5 750 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à 6 rapports, disposition transaxle
TransmissionPropulsion, différentiel à glissement limité
StructureArchitecture VH en aluminium collé
Suspension avantDoubles triangles indépendants, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis, amortisseurs monotubes
Suspension arrièreDoubles triangles indépendants, ressorts à double tarage, barre antiroulis, amortisseurs monotubes
DirectionÀ crémaillère avec assistance
Freins avantCarbone-céramique ventilés, 398 mm, étriers 6 pistons
Freins arrièreCarbone-céramique ventilés, 360 mm, étriers 4 pistons
Jantes19 pouces, 9 x 19 avant et 11 x 19 arrière
Pneus avant255/35 ZR19
Pneus arrière295/30 ZR19
Longueur4 380 mm
Largeur hors rétroviseurs1 865 mm
Largeur avec rétroviseurs2 025 mm
Hauteur1 241 mm
Empattement2 600 mm
Poids annoncé1 680 kg
0 à 100 km/h4,2 s
Vitesse maximale305 km/h
Consommation mixte officielle d’époque16,35 l/100 km
Émissions de CO2388 g/km
Réservoir80 litres

Un dessin fonctionnellement différent de la V8 Vantage

La silhouette reste immédiatement reconnaissable comme celle d’une Vantage, mais les modifications nécessaires au V12 donnent à cette version sa propre identité. Le capot reçoit de grandes ouvertures destinées à évacuer la chaleur, tandis que le bouclier avant et ses entrées d’air sont adaptés aux besoins de refroidissement du moteur. Une lame avant, des bas de caisse et un diffuseur arrière utilisent la fibre de carbone.

À l’arrière, un becquet fixe intégré au dessin du coffre participe au travail aérodynamique. La voiture de série se distingue ainsi du concept V12 Vantage RS de 2007, qui explorait une présentation encore plus radicale. Aston Martin conserve néanmoins suffisamment d’éléments du prototype pour que la filiation soit évidente.

La transformation n’est donc pas limitée à l’installation d’un autre moteur. Les contraintes thermiques, le freinage, les suspensions et l’aérodynamique sont adaptés aux performances supplémentaires. La V12 Vantage demeure toutefois relativement discrète par rapport à certaines supercars contemporaines, une caractéristique cohérente avec son positionnement de sportive routière utilisable plutôt que de modèle de compétition homologué pour la route.

Une production limitée à 1 199 coupés

La production du coupé originel atteint 1 199 exemplaires, dont 470 à conduite à droite et 729 à conduite à gauche d’après les données de production disponibles. Ce total explique pourquoi certaines publications arrondissent le chiffre à 1 200 voitures. Il ne doit pas être additionné aux versions ultérieures portant également le nom V12 Vantage.

La diffusion française est particulièrement réduite : les archives de production compilées pour cette génération font état de 90 exemplaires destinés à la France. Le tarif a évolué au cours de la carrière. En France, les références d’époque indiquent notamment 174 205 euros au début de 2010, alors que des millésimes ultérieurs ont été affichés sensiblement plus cher.

En 2012 apparaît l’Aston Martin V12 Vantage Roadster, une déclinaison découvrable produite à 101 exemplaires. Sa production séparée ne doit pas être incluse dans les 1 199 coupés. La même période voit également la V12 Vantage servir de base technique à l’Aston Martin V12 Zagato, projet beaucoup plus exclusif associant la mécanique britannique à une carrosserie spécifique.

La V12 Vantage face à la V12 Vantage S

La dénomination V12 Vantage couvre plusieurs voitures qu’il est important de distinguer. Le modèle lancé en 2009 est celui de 517 ch équipé d’origine de la boîte manuelle à six rapports. En 2013, l’Aston Martin V12 Vantage S prend sa succession avec une évolution importante du V12, portée à 573 ch et 620 Nm, ainsi qu’une transmission Sportshift III au lancement.

Les performances de la V12 Vantage S ne doivent donc pas être attribuées à la voiture de 2009 : les valeurs de 330 km/h, 573 ch ou 620 Nm rencontrées sous l’appellation générique « V12 Vantage » concernent la S. Cette distinction est d’autant plus importante que les deux voitures partagent la même architecture générale et une silhouette très proche.

La première V12 Vantage se singularise ainsi par une combinaison devenue rare dans la gamme Aston Martin : un V12 atmosphérique de forte cylindrée installé dans un coupé compact, associé dès l’origine à une boîte mécanique. Cette formule correspond à une période particulière de la marque, lorsque l’architecture VH servait simultanément à des modèles comme la Vantage et l’Aston Martin DB9, tout en permettant à chacun de conserver un caractère nettement différencié.