Présentée en 2015, l’Aston Martin Vulcan est une supercar développée exclusivement pour le circuit et produite à seulement 24 exemplaires. Son V12 atmosphérique de 7,0 litres, sa monocoque en fibre de carbone et son aérodynamique spectaculaire en font l’une des créations les plus radicales de l’histoire moderne d’Aston Martin. Contrairement à une voiture de compétition traditionnelle, elle n’a cependant pas été conçue pour répondre au règlement d’un championnat précis. La Vulcan s’adresse directement à des propriétaires souhaitant piloter une machine proche d’une voiture de course dans le cadre d’événements privés sur circuit.
Une Aston Martin exclusivement conçue pour la piste
Aston Martin révèle officiellement la Vulcan en février 2015 avant sa première mondiale au Salon de Genève en mars. Le projet tranche avec les grandes GT routières qui constituent alors l’essentiel de la gamme. La marque britannique cherche à créer une voiture sans les contraintes habituelles d’une homologation routière, capable d’exploiter son expérience en compétition et de proposer des performances très élevées dans une série extrêmement limitée.
Le programme est développé sous la responsabilité des équipes de projets spéciaux et avec l’implication d’Aston Martin Racing. Le design est réalisé en interne sous la direction de Marek Reichman. Multimatic intervient notamment sur la structure et les éléments en carbone ainsi que sur les amortisseurs. Cette concentration de spécialistes permet à Aston Martin d’adopter des solutions beaucoup plus proches du sport automobile que celles d’une GT de série.
La Vulcan entretient ainsi des liens techniques avec l’Aston Martin One-77, autre modèle extrêmement exclusif de la marque, mais elle s’en éloigne radicalement par sa vocation. Là où la One-77 demeure une automobile routière, la Vulcan est pensée dès l’origine comme une machine de circuit.
Sa première démonstration dynamique publique intervient au Festival of Speed de Goodwood en juin 2015 avec Darren Turner, pilote Aston Martin Racing, au volant. La livraison des 24 voitures s’effectue ensuite au cours de 2016. Aston Martin accompagne ses clients avec un programme spécifique de formation et d’événements sur circuit, permettant une prise en main progressive d’une automobile dont les réglages peuvent être adaptés au niveau du pilote.
Un V12 atmosphérique de 820 bhp
La Vulcan conserve une architecture profondément attachée à l’histoire moderne d’Aston Martin avec un V12 atmosphérique installé longitudinalement en position centrale avant. Sa cylindrée est portée à environ 7,0 litres. Lors de la présentation initiale, Aston Martin annonce une puissance supérieure à 800 bhp. La spécification définitive des voitures livrées est ensuite donnée pour 820 bhp, soit environ 831 ch.
La puissance est envoyée exclusivement aux roues arrière par une boîte séquentielle Xtrac à six rapports installée en configuration transaxle. L’ensemble comprend également un différentiel à glissement limité, un arbre de transmission en fibre de carbone et un tube de couple en magnésium. Cette architecture contribue à répartir les masses entre les deux essieux tout en conservant le caractère d’une Aston Martin à moteur avant.
Le V12 constitue également une différence essentielle avec une véritable GT de compétition telle que l’Aston Martin Vantage GT3. La Vulcan ne cherche pas à respecter une balance de performances ou une réglementation technique de championnat. Aston Martin peut donc définir librement sa puissance, son aérodynamique et ses réglages.
Les performances absolues ont donné lieu à de nombreux chiffres non officiels. Les valeurs les plus fréquemment publiées évoquent un 0 à 100 km/h autour de trois secondes et une vitesse dépassant 320 km/h, mais Aston Martin n’avait pas communiqué de chronométrage définitif lors de la présentation de 2015. Ces estimations ne doivent donc pas être assimilées à des mesures d’homologation comparables à celles d’une voiture routière.
Fiche technique de l’Aston Martin Vulcan
| Caractéristique | Aston Martin Vulcan |
|---|---|
| Année de présentation | 2015 |
| Type | Coupé deux places exclusivement destiné au circuit |
| Architecture | Moteur central avant longitudinal, propulsion |
| Moteur | V12 atmosphérique essence |
| Cylindrée | Environ 7,0 litres |
| Puissance | 820 bhp, environ 831 ch |
| Couple | Environ 780 Nm |
| Boîte de vitesses | Séquentielle Xtrac à 6 rapports |
| Transmission | Aux roues arrière, différentiel à glissement limité |
| Structure | Monocoque en fibre de carbone |
| Carrosserie | Fibre de carbone |
| Suspension | Système à poussoirs, amortisseurs Multimatic DSSV réglables |
| Freins avant | Carbone-céramique, disques de 380 mm |
| Freins arrière | Carbone-céramique, disques de 360 mm |
| ABS | Réglable par le pilote |
| Contrôle de traction | Réglable |
| Jantes | 19 pouces à fixation centrale |
| Pneus arrière | Michelin 345/30 x 19 |
| Longueur | Environ 4 807 mm |
| Largeur | Environ 2 063 mm |
| Hauteur | Environ 1 235 mm |
| Empattement | Environ 2 791 mm |
| Poids | Environ 1 350 kg |
| Appui aérodynamique à 100 mph | 3 150 N |
| Production | 24 exemplaires |
Carbone, aérodynamique et technologie de compétition
La monocoque et la carrosserie en fibre de carbone permettent de contenir la masse malgré le volumineux V12. Avec environ 1 350 kg généralement annoncés, la Vulcan dispose d’un rapport poids-puissance exceptionnel. Aston Martin indiquait d’ailleurs au lancement que celui-ci surpassait celui de ses voitures engagées en catégorie GTE.
Les trains roulants sont tout aussi spécialisés. La suspension à poussoirs utilise des amortisseurs Multimatic DSSV réglables, associés à des barres antiroulis ajustables. Le conducteur dispose également d’un contrôle de traction et d’un ABS réglables. Le freinage repose sur de grands disques carbone-céramique Brembo de 380 mm à l’avant et 360 mm à l’arrière.
L’aérodynamique joue un rôle central dans le comportement de la voiture. La lame avant, le soubassement, le diffuseur et l’imposant aileron arrière travaillent ensemble pour générer un appui important. Aston Martin indique 3 150 N à 100 mph, soit environ 161 km/h, pour la configuration standard. Il ne s’agit donc pas simplement d’une carrosserie spectaculaire, mais d’un ensemble pensé pour exploiter les pneumatiques de compétition à haute vitesse.
Visuellement, la Vulcan se reconnaît immédiatement à son capot très long, son habitacle reculé, ses ailes massives et ses optiques avant extrêmement fines. La partie arrière est presque entièrement organisée autour de l’écoulement de l’air, avec un diffuseur monumental et une signature lumineuse très différente de celle des GT routières de la marque. Les sorties d’échappement latérales et les roues de 19 pouces à fixation centrale renforcent encore son apparence de voiture de course.
24 exemplaires et un programme réservé aux propriétaires
La production est limitée dès l’origine à 24 exemplaires pour le monde entier. Ce nombre place la Vulcan bien au-delà de l’exclusivité déjà exceptionnelle des Aston Martin de petite série. Son prix neuf annoncé atteint 1,8 million de livres sterling, avant prise en compte des conditions fiscales applicables selon les marchés.
Acheter une Vulcan ne signifie pas seulement acquérir une automobile. Aston Martin met en place un programme destiné à préparer les propriétaires à son pilotage. Darren Turner participe notamment à cette démarche, tandis que les événements organisés sur différents circuits permettent aux clients d’exploiter progressivement les réglages et la puissance disponibles.
La Vulcan reste fondamentalement une voiture non homologuée pour la route. Quelques exemplaires ont toutefois reçu par la suite une conversion routière développée par le spécialiste britannique RML. Cette transformation est indépendante du modèle d’origine et ne constitue pas une version routière produite en série par Aston Martin.
Son positionnement doit également être distingué de celui des voitures officiellement engagées en compétition. L’Aston Martin DBR9, par exemple, a été développée pour courir selon une réglementation sportive précise, alors que la Vulcan privilégie l’expérience de pilotage privée sans rechercher une homologation dans une catégorie FIA.
Vulcan AMR Pro, l’évolution de 2017
Après la livraison de la série initiale, Aston Martin dévoile en 2017 le package AMR Pro. Il ne s’agit ni d’une seconde génération ni d’une nouvelle série de Vulcan, mais d’un ensemble d’améliorations proposé aux propriétaires des voitures existantes. Le moteur conserve sa puissance, l’essentiel du travail portant sur l’aérodynamique et l’exploitation de la voiture sur circuit.
Les modifications comprennent de nouvelles ouïes au-dessus des passages de roues avant, des dive planes, des éléments aérodynamiques supplémentaires sous la lame avant et un capot allégé. À l’arrière apparaît surtout un nouvel aileron à deux plans, nettement plus élaboré que celui de la Vulcan standard.
Le résultat est mesurable : à 100 mph, l’appui passe de 3 150 à 4 000 N. Le centre de pression aérodynamique est également déplacé vers l’avant, de 41,5 % à 47 %, afin d’améliorer l’équilibre de la voiture. Des rapports de transmission raccourcis complètent le package pour favoriser les accélérations en sortie de virage.
Cette évolution annonce la place croissante prise par les modèles extrêmes de circuit chez Aston Martin. La philosophie sera poussée beaucoup plus loin avec l’Aston Martin Valkyrie AMR Pro, mais sur une base technique entièrement différente. La Vulcan reste ainsi identifiable comme un produit très particulier de son époque : un coupé à moteur V12 atmosphérique central avant, construit en 24 exemplaires et développé sans compromis avec l’homologation routière.




