Bugatti Type 37

Bugatti Type 37

Lancée en 1926, la Bugatti Type 37 transpose l’essentiel de la formule des Grand Prix de Molsheim dans la catégorie des 1,5 litre. Son apparence évoque immédiatement la Bugatti Type 35, dont elle reprend la silhouette effilée et une grande partie des principes de châssis, mais sa mécanique est profondément différente. À la place du huit cylindres, Bugatti installe un quatre cylindres atmosphérique de 1 496 cm³ développant environ 60 ch.

Cette architecture relativement simple donne naissance à une voiture légère, rapide et adaptée aussi bien aux pilotes privés qu’à la compétition. La Type 37 ne doit toutefois pas être confondue avec la Type 37A apparue ensuite, dont le moteur reçoit un compresseur et offre des performances sensiblement supérieures.

Une Bugatti de Grand Prix à quatre cylindres

Au milieu des années 1920, Bugatti dispose déjà d’une solide expérience des petites cylindrées sportives. La Bugatti Type 13 et les modèles Brescia qui en découlent ont démontré les qualités que la marque peut tirer d’un quatre cylindres compact et léger. La Type 37 renouvelle cette formule en l’intégrant à la génération de voitures de course inaugurée par la Type 35.

Le résultat n’est donc pas simplement une évolution des anciennes Brescia. La Type 37 appartient pleinement à la nouvelle école Bugatti des années 1920, avec un châssis étroit, une carrosserie basse, un long capot et un poste de conduite rejeté vers l’arrière. Dans la gamme, elle offre une solution plus simple que les huit cylindres de Grand Prix tout en conservant leur comportement et leur allure. Elle prend ainsi la relève des quatre cylindres sportifs comme la Bugatti Type 23.

Les premières voitures sont livrées en 1926. Les registres connus montrent déjà plusieurs châssis de la série 37xxx au printemps de cette année, puis des livraisons régulières au cours des mois suivants. La production se poursuit jusqu’en 1930 environ, avec des voitures destinées aussi bien à la compétition qu’à un usage routier.

Un moteur 1,5 litre simple et efficace

La caractéristique essentielle de la Type 37 est son quatre cylindres en ligne de 1 496 cm³. Avec un alésage de 69 mm et une course de 100 mm, il conserve une architecture longue course typique de son époque. Il possède un arbre à cames en tête et trois soupapes par cylindre, soit douze soupapes au total. Dans sa configuration atmosphérique, sa puissance est généralement donnée autour de 60 ch.

Le moteur est installé longitudinalement à l’avant et associé à une boîte mécanique à quatre rapports entraînant les roues arrière. Cette mécanique n’a pas la sophistication ni la puissance des huit cylindres de Grand Prix, mais elle bénéficie d’une conception plus simple. Associée à une masse réduite, elle permet à la Type 37 d’atteindre approximativement 145 à 150 km/h dans les configurations les plus légères.

Ce quatre cylindres trouve également une application routière dans la Bugatti Type 40. La parenté mécanique ne doit cependant pas masquer la vocation différente des deux modèles : la Type 37 est avant tout issue de l’univers de la compétition, tandis que la Type 40 est conçue comme une automobile de tourisme.

Fiche technique de la Bugatti Type 37

CaractéristiqueBugatti Type 37
Production1926 à 1930 environ
Architecture moteur4 cylindres en ligne atmosphérique
Cylindrée1 496 cm³
Alésage x course69 x 100 mm
DistributionSimple arbre à cames en tête, 3 soupapes par cylindre
Nombre de soupapes12
AlimentationCarburateur
PuissanceEnviron 60 ch
ImplantationMoteur longitudinal avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesMécanique à 4 rapports
ChâssisChâssis séparé en acier
Suspension avantEssieu rigide, ressorts à lames semi-elliptiques
Suspension arrièrePont rigide, ressorts quart-elliptiques inversés
AmortissementAmortisseurs à friction
FreinsTambours aux quatre roues à commande mécanique
RouesRoues à rayons sur la configuration caractéristique d’origine
Empattement2 400 mm
VoiesEnviron 1 200 mm
PoidsEnviron 720 kg pour certaines configurations Grand Prix
Vitesse maximaleEnviron 145 à 150 km/h

Type 37 et Type 37A, une distinction essentielle

La confusion la plus fréquente concerne la Type 37A. La Type 37 décrite ici possède un moteur atmosphérique d’environ 60 ch. La 37A ajoute un compresseur Roots et développe une puissance nettement supérieure. Les valeurs de 80 à 90 ch, voire davantage dans certaines publications, correspondent donc à la version suralimentée et ne doivent pas être attribuées à la Type 37 standard.

Une autre confusion peut naître de la ressemblance avec les Type 35. La Type 37 partage leur allure générale, mais son quatre cylindres permet notamment l’emploi d’une calandre plus étroite. Ses roues à rayons constituent également un indice visuel important, alors que plusieurs Type 35 sont célèbres pour leurs roues en alliage coulé à huit branches intégrant les tambours. Ces éléments ne suffisent cependant pas toujours à authentifier une voiture ancienne, certaines ayant reçu des modifications au cours de leur existence.

La Bugatti Type 39 complique encore l’identification pour qui se limite à la cylindrée. Elle évolue elle aussi dans la catégorie 1,5 litre, mais conserve une architecture à huit cylindres. La Type 37 se singularise donc par l’association du châssis de la génération Type 35 avec une mécanique quatre cylindres plus simple.

Une carrosserie Grand Prix reconnaissable

Dans sa forme la plus caractéristique, la Type 37 est une biplace ouverte extrêmement dépouillée. Son radiateur en fer à cheval domine une proue étroite, prolongée par un long capot dont les panneaux latéraux sont largement ajourés. L’habitacle compact précède une poupe effilée, donnant à la voiture des proportions très proches des Bugatti de course contemporaines.

Toutes les Type 37 n’ont toutefois pas quitté Molsheim sous une présentation strictement identique. Des configurations plus routières sont documentées avec phares, ailes, porte passager ou roue de secours. Les appellations Grand Prix, Grand Sport et Touriste rencontrées dans les archives et dans l’histoire des voitures survivantes reflètent cette diversité d’équipement.

La légèreté reste un élément déterminant. Certaines fiches donnent environ 720 kg pour une configuration Grand Prix, tandis que des voitures équipées pour la route peuvent être plus lourdes. Il est donc préférable de considérer cette masse comme représentative d’une version légère plutôt que comme une valeur universelle pour toute la production.

Production et carrière en compétition

Le volume exact fait l’objet de chiffres divergents dans la documentation historique. Les références spécialisées modernes les plus cohérentes retiennent environ 220 exemplaires de Type 37 atmosphériques. Des totaux plus élevés apparaissent dans certaines publications, parfois parce que les Type 37 et 37A sont regroupées. Les voitures utilisent des numéros de châssis appartenant à la série 37xxx, plusieurs exemplaires survivants conservant une histoire individuelle particulièrement bien documentée.

La Type 37 trouve rapidement sa place auprès des pilotes privés. Son moteur relativement simple, sa faible masse et son châssis issu de l’expérience de Bugatti en Grand Prix en font une machine adaptée aux courses sur circuit, aux épreuves routières et aux courses de côte. Elle apparaît ainsi dans de nombreuses compétitions européennes à la fin des années 1920 et continue de courir après l’arrêt de sa fabrication.

Parmi ses résultats les plus significatifs figure une sixième place au classement général des 24 Heures du Mans 1932 pour la Type 37 de Jean Sébilleau et Georges Delaroche. Des voitures enregistrées comme Type 37 apparaissent également dans les classements des 24 Heures de Spa et de nombreuses épreuves nationales. Les palmarès doivent néanmoins être distingués de ceux de la 37A, plus puissante et fréquemment engagée au plus haut niveau de la catégorie 1,5 litre.

Cette période voit Bugatti multiplier les solutions autour de sa famille Grand Prix, depuis les quatre cylindres jusqu’aux huit cylindres suralimentés. Quelques années plus tard, la Bugatti Type 51 prolongera cette recherche de performances avec une mécanique à double arbre à cames en tête, illustrant l’évolution technique rapide des voitures de compétition de Molsheim au début des années 1930.