Présentée en 2012, la Mazda 6 3 correspond à la troisième génération de la grande familiale japonaise. Elle marque une rupture nette avec la Mazda 6 2 qu’elle remplace : nouvelle plateforme, moteurs SKYACTIV, réduction du poids et surtout adoption du langage stylistique KODO. Cette génération, connue principalement sous les codes GJ puis GL selon les périodes et marchés, constitue aussi l’une des expressions les plus complètes du renouvellement technique engagé par Mazda au début des années 2010.
La production débute le 2 août 2012 à l’usine de Hofu, au Japon. La berline fait ensuite sa première apparition publique mondiale au Salon de Moscou, tandis que le break est dévoilé quelques semaines plus tard au Mondial de l’Automobile de Paris. En Europe, la gamme comprend donc une berline quatre portes et un break cinq portes, sans reprendre la carrosserie à hayon proposée sur les générations précédentes.
Une troisième génération entièrement repensée
La Mazda 6 3 s’inscrit dans une lignée de familiales beaucoup plus ancienne que son nom commercial. Mazda avait notamment occupé ce segment avec la Mazda 626 avant d’adopter l’appellation Mazda6 au début des années 2000. Avec cette troisième génération, le constructeur ne se contente toutefois pas de renouveler son modèle : il applique une nouvelle philosophie de conception à presque tous les organes de la voiture.
Le programme SKYACTIV concerne simultanément les moteurs, les transmissions, la structure et le châssis. Le Mazda CX-5 avait ouvert cette nouvelle période industrielle, mais la Mazda 6 3 devient en 2012 le deuxième modèle de nouvelle génération réunissant ces technologies et le design KODO. L’objectif est notamment d’obtenir une voiture plus légère et efficiente sans généraliser la réduction de cylindrée et la suralimentation sur les moteurs essence.
Cette transformation avait été annoncée par plusieurs concepts. Le Shinari dévoile dès 2010 les principes du langage KODO, fondé sur des volumes tendus et une impression de mouvement. Le concept Takeri présenté en 2011 se rapproche davantage de la future berline : ses proportions, sa face avant et plusieurs solutions techniques préfigurent directement la voiture de série.
La Mazda 6 devient ainsi l’un des principaux porte-drapeaux de la marque. Son architecture privilégie un long capot, un habitacle visuellement reculé et des porte-à-faux contenus, une combinaison inhabituelle pour une traction à moteur transversal. Mazda cherche autant à donner une identité immédiatement reconnaissable à sa familiale qu’à l’éloigner visuellement des berlines généralistes plus conventionnelles.
Design KODO et deux carrosseries aux proportions différentes
La face avant constitue l’un des signes distinctifs de cette génération. Une grande calandre en forme d’écusson est soulignée par un élément chromé remontant vers des projecteurs étirés. Les ailes avant sont fortement sculptées et les flancs utilisent de grandes surfaces courbes plutôt qu’une accumulation de lignes. La teinte Soul Red, largement utilisée lors du lancement, contribue également à l’identité visuelle de cette période chez Mazda.
La berline mesure environ 4,87 m et repose sur un empattement de 2,83 m. Particularité moins courante, le break n’est pas simplement une berline prolongée jusqu’au hayon. Le Mazda 6 Wagon est au contraire plus court, autour de 4,81 m, et utilise un empattement ramené à 2,75 m. La berline privilégie ainsi l’espace longitudinal disponible pour ses passagers arrière, tandis que le break reçoit des proportions spécifiques adaptées à sa carrosserie.
L’habitacle de la première version reste relativement classique dans sa présentation, avec une instrumentation analogique et une console centrale clairement séparée. Mazda le fait ensuite évoluer de manière importante. Cette progression explique pourquoi une Mazda6 de 2018 paraît sensiblement plus moderne à bord qu’un exemplaire de 2012 alors que les deux appartiennent bien à la même troisième génération.
Moteurs SKYACTIV essence et diesel
Au lancement européen, Mazda propose principalement deux familles de quatre-cylindres. Les SKYACTIV-G à essence utilisent l’injection directe et un taux de compression élevé plutôt qu’un turbocompresseur. Le 2,0 litres existe notamment en 145 et 165 ch, tandis que le 2,5 litres atteint initialement 192 ch sur le marché européen. Cette dernière version est associée à une boîte automatique à six rapports dans plusieurs configurations.
Le diesel SKYACTIV-D de 2,2 litres repose sur une approche différente. Son taux de compression de 14:1 est particulièrement bas pour un moteur diesel de cette époque. Proposé initialement en 150 et 175 ch en Europe, il développe respectivement jusqu’à 380 et 420 Nm. Selon la motorisation, Mazda associe ces moteurs à la boîte manuelle SKYACTIV-MT à six rapports ou à l’automatique SKYACTIV-Drive, elle aussi à six rapports.
La Mazda 6 3 introduit également i-ELOOP sur un modèle de série Mazda. Ce dispositif récupère une partie de l’énergie lors des décélérations et la stocke dans un condensateur afin d’alimenter certains équipements électriques. Il travaille avec le système d’arrêt et de redémarrage automatique i-stop. L’ensemble illustre la stratégie de Mazda à cette période : réduire les consommations par une série d’optimisations mécaniques, aérodynamiques et électriques plutôt que par une seule technologie.
Fiche technique de la Mazda 6 3
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | Troisième génération, GJ puis GL selon période et marché |
| Début de production | Août 2012 |
| Carrosseries européennes | Berline 4 portes, break 5 portes |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant principalement |
| Moteurs essence initiaux | 4 cylindres SKYACTIV-G 2.0 et 2.5, injection directe |
| Puissances essence initiales en Europe | 145 et 165 ch pour le 2.0, 192 ch pour le 2.5 |
| Moteur diesel initial | 4 cylindres SKYACTIV-D 2.2, 2 191 cm3, double suralimentation |
| Puissances diesel initiales | 150 et 175 ch |
| Couple diesel initial | 380 Nm en 150 ch, 420 Nm en 175 ch |
| Boîtes de vitesses | Manuelle SKYACTIV-MT 6 rapports, automatique SKYACTIV-Drive 6 rapports selon version |
| Structure | Monocoque SKYACTIV-Body en acier |
| Suspension avant | Jambes MacPherson |
| Suspension arrière | Multibras indépendante |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freinage | Disques aux quatre roues, ventilés à l’avant |
| Longueur berline | Environ 4 865 mm |
| Largeur | Environ 1 840 mm |
| Hauteur berline | Environ 1 450 mm |
| Empattement berline | 2 830 mm |
| Longueur Wagon | Environ 4 805 mm |
| Hauteur Wagon | Environ 1 480 mm |
| Empattement Wagon | 2 750 mm |
| Poids à vide | Variable selon moteur et transmission, environ 1 405 kg pour une berline 2.2 SKYACTIV-D 175 BVM documentée |
| Roues | 17 ou 19 pouces notamment selon finition |
| Pneumatiques | Jusqu’à 225/45 R19 sur certaines versions |
| Coffre berline | Environ 489 litres sur les premières versions européennes |
| Réservoir | 62 litres sur plusieurs versions européennes |
| Aides techniques | i-stop, i-ELOOP, i-ACTIVSENSE selon version et millésime |
Les évolutions de 2015 et 2018
Une première évolution importante intervient pour 2015. Mazda modifie la présentation intérieure, adopte son système multimédia MZD Connect sur les versions concernées et fait progresser les aides à la conduite i-ACTIVSENSE. L’insonorisation et le confort font également l’objet d’améliorations. La carrosserie conserve cependant les grandes lignes introduites en 2012, ce qui permet d’identifier immédiatement le modèle.
Les évolutions suivantes portent notamment sur le comportement routier et les équipements. Le G-Vectoring Control apparaît au cours de la carrière selon les marchés et millésimes. Ce système intervient subtilement sur le couple moteur en fonction des sollicitations de la direction afin d’influencer les transferts de charge et de rendre les réactions de la voiture plus progressives.
La transformation de 2018 est beaucoup plus visible. La calandre devient plus large et adopte un maillage différent, les optiques et les boucliers sont redessinés et l’habitacle change profondément. La planche de bord devient plus horizontale et épurée, tandis que Mazda retravaille les sièges, les matériaux, la rigidité de certains éléments et l’isolation acoustique. Malgré l’ampleur de ces modifications, il ne s’agit pas d’une quatrième génération : Mazda présente officiellement cette évolution comme une nouvelle mise à jour du modèle apparu en 2012.
Les motorisations sont également actualisées. En Europe, certaines versions tardives atteignent notamment 194 ch avec le 2.5 essence et 184 ch avec le 2.2 diesel. Les caractéristiques exactes dépendent toutefois fortement du marché, Mazda ayant proposé ailleurs des moteurs et des transmissions qui n’ont pas nécessairement été commercialisés en France.
Une carrière longue sur le segment des familiales
Lors de son arrivée en France, la gamme débute autour de 28 500 euros avec le diesel SKYACTIV-D 150 dans sa configuration d’accès documentée. Mazda adopte alors une politique inhabituelle en proposant, à équipement et motorisation comparables dans la gamme concernée, le break sans imposer systématiquement le supplément traditionnel associé à cette carrosserie.
La carrière européenne se prolonge pendant près d’une décennie, avec des évolutions régulières plutôt qu’un remplacement rapide. Cette longévité explique les écarts importants entre les premières voitures de 2012 et les derniers exemplaires : présentation intérieure, aides électroniques, réglages du châssis, isolation et moteurs ont évolué alors que la structure générale et les proportions fondamentales sont restées celles de la troisième génération.
La Mazda 6 3 conserve aussi une position particulière dans une période où de nombreux constructeurs réduisent progressivement leur offre de grandes berlines généralistes. Mazda maintient parallèlement la berline et le break sur plusieurs marchés, tout en concentrant une part croissante de sa gamme sur les SUV. En France, cette génération quitte finalement le catalogue sans être immédiatement remplacée par une quatrième Mazda6 conventionnelle, achevant une carrière européenne commencée dix ans plus tôt.




