Lancée en Europe en 2009, la Mazda 3 2 correspond à la deuxième génération de la compacte japonaise, identifiée par le code BL. Elle succède à la première Mazda 3, dont elle conserve les grands principes techniques tout en faisant évoluer le style, les motorisations, le confort et l’efficacité énergétique. Au Japon, cette génération reste commercialisée sous le nom Axela.
La Mazda 3 2 occupe une place importante dans l’histoire récente du constructeur. Lorsque Mazda prépare son remplacement, la première génération s’est déjà écoulée à environ 1,8 million d’exemplaires dans plus de 100 pays. La BL doit donc moderniser une formule devenue essentielle aux ventes mondiales de la marque sans bouleverser son positionnement de compacte polyvalente.
Une deuxième génération dévoilée fin 2008
La chronologie débute avant son lancement commercial européen. Mazda présente d’abord la berline quatre portes au salon de Los Angeles en novembre 2008, puis la cinq portes au salon de Bologne en décembre. Les deux carrosseries sont ensuite exposées ensemble à Detroit au début de 2009. Pour l’Europe, le salon de Genève de mars 2009 apporte deux nouveautés importantes : le moteur 2.0 DISI associé au système i-stop et la nouvelle version sportive MPS.
La production de la génération BL commence à Hofu, au Japon, en novembre 2008. Sa commercialisation française intervient en 2009, ce qui constitue l’année de référence pour le modèle en Europe. Mazda produira également la Mazda3 dans d’autres pays pour certains marchés, notamment en Chine et en Thaïlande, sans que cela signifie que les exemplaires commercialisés en France aient tous ces mêmes lieux de fabrication.
Le programme est placé sous la responsabilité de Yoshiyuki Maeda. Le développement cherche notamment à améliorer le comportement routier, la consommation et le raffinement tout en conservant une architecture proche de celle de la génération précédente. Cette continuité explique notamment l’empattement de 2 640 mm et le maintien d’une suspension arrière multibras, solution plus élaborée que les essieux arrière simplifiés employés par certaines compactes.
Un style immédiatement reconnaissable
La Mazda 3 2 adopte une identité visuelle nettement plus expressive que sa devancière. Sa face avant se distingue par une vaste prise d’air inférieure dont la forme évoque un sourire, complétée par une petite calandre supérieure et des projecteurs effilés remontant vers les ailes. Les passages de roues marqués et les lignes tendues de la carrosserie donnent davantage de relief à l’ensemble sans transformer radicalement les proportions de la Mazda3.
Deux silhouettes principales sont proposées. La cinq portes mesure environ 4,46 à 4,49 m selon la configuration et le millésime, tandis que la berline tricorps atteint environ 4,58 m. La largeur avoisine 1,76 m et l’empattement reste identique pour les deux carrosseries. La cinq portes constitue la silhouette la plus familière sur le marché français, alors que la quatre portes occupe une place plus importante dans certains autres pays.
Cette génération appartient encore à la période précédant la généralisation du langage stylistique KODO. Elle ne doit donc pas être confondue avec la Mazda 3 3 apparue en 2013, dont les proportions, le dessin et l’approche technique changent sensiblement avec le déploiement beaucoup plus large des technologies SKYACTIV.
Fiche technique de la Mazda 3 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Génération | Deuxième génération, type BL |
| Commercialisation européenne | 2009 à 2013 |
| Carrosseries | Hatchback 5 portes et berline tricorps 4 portes |
| Architecture | Moteur transversal avant, traction |
| Moteur essence 1.6 MZR | 4 cylindres, 1 598 cm3, 105 ch à 6 000 tr/min, 145 Nm à 4 000 tr/min |
| Moteur essence 2.0 | 4 cylindres MZR, jusqu’à environ 150 ch selon version, injection directe DISI disponible avec i-stop |
| Diesel 1.6 | Environ 109 ch au lancement européen |
| Diesel 2.2 MZR-CD | 2 184 cm3, notamment 150 ch et 360 Nm ou 185 ch et 400 Nm |
| Boîtes de vitesses | Manuelles 5 ou 6 rapports selon moteur, boîte automatique sur certaines versions |
| Suspension avant | Type McPherson |
| Suspension arrière | Multibras |
| Direction | À crémaillère avec assistance |
| Freinage | Disques aux quatre roues, ventilés à l’avant |
| Roues | 15, 16 ou 17 pouces selon version |
| Longueur 5 portes | Environ 4 460 à 4 490 mm selon version et millésime |
| Longueur 4 portes | Environ 4 580 mm |
| Largeur | Environ 1 755 mm |
| Hauteur | Environ 1 470 mm |
| Empattement | 2 640 mm |
| Poids à vide | Environ 1 180 à 1 395 kg selon moteur et équipement |
| Réservoir | Environ 55 litres sur les versions européennes courantes |
| Vitesse maximale | Environ 184 à 213 km/h pour les principales versions courantes, selon motorisation |
| 0 à 100 km/h | Environ 8,2 à 12,2 s selon les principales motorisations courantes |
| Pneumatiques | Notamment 195/65 R15, 205/55 R16 ou 205/50 R17 selon version |
Des moteurs essence et diesel adaptés au marché européen
La gamme européenne est suffisamment étendue pour que les caractéristiques d’une Mazda 3 2 dépendent fortement de sa motorisation. Le 1.6 MZR essence de 105 ch constitue l’une des propositions les plus accessibles. Au-dessus, le 2.0 MZR apporte davantage de puissance et existe notamment sous une forme DISI à injection directe. C’est avec ce moteur que Mazda introduit sur la Mazda3 européenne son système d’arrêt et de redémarrage automatique i-stop.
L’i-stop constitue alors un élément technique important de la stratégie de réduction de consommation de Mazda. Contrairement à un simple changement de moteur, son intérêt tient à son fonctionnement dans les phases d’arrêt urbain. Mazda annonçait une diminution d’environ 12 % de la consommation en ville pour le 2.0 DISI i-stop par rapport à une configuration comparable de la génération précédente.
Le diesel occupe encore une place significative sur le marché européen de 2009. À côté du 1.6 diesel, le 2.2 MZR-CD est proposé avec plusieurs niveaux de puissance, dont 150 et 185 ch. Dans sa définition de 185 ch, il atteint 400 Nm, donnant à la compacte des performances élevées sans recourir au moteur essence turbocompressé de la MPS. La présence simultanée de ces mécaniques illustre une gamme conçue à une époque où le diesel représentait une part majeure du marché français des compactes.
Il faut distinguer cette offre européenne des catalogues étrangers. L’Amérique du Nord reçoit notamment des moteurs essence qui ne correspondent pas exactement à la gamme française. Les caractéristiques d’une Mazda3 BL américaine ou japonaise ne peuvent donc pas être transposées automatiquement à une Mazda 3 2 vendue en France.
Châssis et comportement : une évolution plutôt qu’une rupture
Sous sa carrosserie entièrement redessinée, la Mazda 3 2 conserve les fondamentaux techniques établis par sa devancière : traction avant, moteur transversal, jambes McPherson à l’avant et train multibras à l’arrière. Mazda travaille toutefois sur la rigidité de la structure, les réglages de suspension, l’isolation acoustique et l’aérodynamique afin d’obtenir une voiture plus raffinée sans effacer le caractère dynamique associé à la première Mazda3.
La masse varie fortement selon les mécaniques. Une 1.6 essence se situe autour de 1,18 tonne dans certaines configurations, alors que les versions équipées du 2.2 diesel peuvent approcher 1,4 tonne. Cette différence explique pourquoi il est peu pertinent d’attribuer un poids ou une performance unique à toute la génération. De la même manière, le diamètre des freins, les dimensions de pneumatiques et l’équipement évoluent avec la puissance et la finition.
Dans la gamme Mazda de l’époque, la compacte partage une philosophie générale avec la Mazda 6 2, plus grande et positionnée dans le segment supérieur. Les deux modèles appartiennent à une période où Mazda développe encore ses architectures conventionnelles tout en préparant progressivement les technologies qui seront regroupées sous l’appellation SKYACTIV.
La MPS et le restylage de 2011
La déclinaison la plus performante est la Mazda 3 MPS. Elle reprend le principe de la sportive de première génération avec un quatre cylindres 2.3 DISI Turbo développant 260 ch en spécification européenne. Elle se distingue également par sa présentation extérieure, ses roues de 18 pouces et un châssis adapté à ses performances. Avec environ 6,4 secondes pour atteindre 100 km/h et une vitesse maximale limitée à 250 km/h, elle occupe une place très différente des versions essence et diesel ordinaires.
La gamme évolue en 2011 avec un restylage qui apporte des modifications esthétiques et techniques. La face avant est notamment retravaillée, tout en conservant l’identité très reconnaissable de la BL. Cette phase de carrière coïncide aussi avec l’arrivée progressive de technologies SKYACTIV sur certains marchés. Au Japon, l’Axela restylée reçoit ainsi l’association du moteur SKYACTIV-G 2.0 et de la transmission automatique SKYACTIV-DRIVE.
Cette transition ne signifie pas que toutes les Mazda 3 2 deviennent des modèles SKYACTIV. La génération BL reste essentiellement issue de la conception technique antérieure, tandis que la génération suivante intégrera ces technologies de manière beaucoup plus globale. Cette distinction permet de comprendre pourquoi deux Mazda3 produites à quelques années d’intervalle peuvent présenter des architectures et des motorisations sensiblement différentes.
De la Mazda 323 aux générations modernes de Mazda3
La Mazda 3 2 s’inscrit dans une histoire de compactes beaucoup plus ancienne. Avant l’adoption du nom Mazda3 en 2003, ce rôle était notamment tenu en Europe par la Mazda 323. Le changement d’appellation accompagne la réorganisation de la gamme Mazda au début des années 2000, mais la continuité de positionnement reste nette : proposer une voiture compacte située sous la Mazda6 et capable de couvrir aussi bien les besoins familiaux que des variantes plus dynamiques.
La BL atteint un jalon industriel en 2011 lorsque la production cumulée de la Mazda3, toutes générations confondues, franchit les trois millions d’unités. Ce chiffre ne correspond donc pas au volume de la seule Mazda 3 2, mais témoigne du poids acquis par cette famille dans la gamme mondiale de Mazda. L’exemplaire marquant ce seuil est une Axela cinq portes japonaise équipée du moteur 2.0 et du système i-stop.
La deuxième génération quitte progressivement le marché en 2013 au profit d’une Mazda3 profondément renouvelée. La lignée poursuivra ensuite son évolution jusqu’à la Mazda 3 4, avec une transformation progressive du style, des motorisations et des technologies de châssis. La BL demeure ainsi représentative de la période intermédiaire où Mazda faisait évoluer ses solutions traditionnelles tout en préparant le changement technique majeur de la décennie suivante.




