Mitsubishi Space Star 2

Mitsubishi Space Star 2

La Mitsubishi Space Star 2 arrive en Europe en 2013 avec une mission très différente de celle du modèle qui avait porté ce nom auparavant. Cette fois, Mitsubishi ne propose pas un monospace compact, mais une citadine cinq portes légère, simple et conçue pour être commercialisée à l’échelle mondiale. Avec seulement 3,71 m de long dans sa configuration initiale, des moteurs essence trois cylindres et une masse annoncée à partir de 845 kg, elle privilégie ouvertement l’économie d’usage et la facilité de conduite.

Son identité européenne peut d’ailleurs prêter à confusion. La Space Star 2 est essentiellement la version européenne de la Mitsubishi Mirage lancée en Asie en 2012. Mitsubishi avait initialement prévu d’utiliser le nom Mirage en Europe avant de retenir Space Star pour certains marchés. Il s’agit donc d’une automobile mondiale adaptée commercialement aux différentes régions plutôt que d’une descendante technique directe du premier Space Star.

Du projet Global Small à la Space Star européenne

La genèse du modèle s’inscrit dans le programme Global Small de Mitsubishi. Le constructeur cherche alors à développer une petite voiture susceptible d’être vendue aussi bien sur les marchés émergents que dans les pays industrialisés. Le cahier des charges met l’accent sur trois critères complémentaires : un prix accessible, une consommation réduite et un encombrement limité. Cette stratégie explique une grande partie des choix techniques de la Space Star, notamment sa faible masse et ses petites motorisations atmosphériques.

Le modèle de série apparaît d’abord sous le nom Mirage. Sa commercialisation commence en Thaïlande en mars 2012, tandis que sa production est assurée à Laem Chabang, dans la province de Chonburi. Cette implantation n’est pas anecdotique : l’usine thaïlandaise doit approvisionner de nombreux marchés et contribue au caractère véritablement mondial du programme.

L’Europe reçoit la voiture en 2013 sous l’appellation Space Star. Dans la gamme continentale, elle occupe l’espace laissé par la Mitsubishi Colt 6, même si les deux modèles suivent des philosophies différentes. La nouvelle venue mise davantage sur la légèreté, la simplicité mécanique et la maîtrise des coûts que sur la recherche d’une présentation sophistiquée.

Le changement de nom ne doit surtout pas faire croire à une continuité technique avec la Mitsubishi Space Star antérieure. Commercialisée à partir de la fin des années 1990, celle-ci était un véhicule familial sensiblement plus grand, proche dans son concept d’un monospace compact. La Space Star 2 de 2013 est au contraire une citadine bicorps conçue sur une architecture entièrement différente.

Une citadine conçue autour de la légèreté

La Space Star de lancement mesure 3 710 mm de long pour 1 665 mm de large et environ 1 490 mm de haut. Son empattement de 2 450 mm occupe une part importante de cette longueur, tandis que les porte-à-faux restent contenus. Le rayon de braquage réduit et la carrosserie étroite répondent directement à sa vocation urbaine.

La recherche de légèreté constitue l’un des traits les plus caractéristiques du modèle. Mitsubishi annonce une masse à partir de 845 kg pour les versions européennes. Certaines bases françaises indiquent des valeurs supérieures en fonction des versions ou de leur méthode de mesure, mais les données de lancement du constructeur confirment bien cette valeur minimale. Une telle masse permet de limiter la puissance nécessaire pour obtenir des performances adaptées à une citadine.

L’aérodynamique fait également partie du travail d’optimisation. Mitsubishi communique lors du lancement sur un coefficient de traînée Cx de 0,27, particulièrement bas pour une petite voiture de cette période. La silhouette aux surfaces arrondies, le pare-brise incliné et le traitement de la poupe participent à cet objectif. La démarche vise moins la sportivité que la réduction des pertes énergétiques à vitesse stabilisée.

Malgré son encombrement limité, la Space Star possède cinq portes et cinq places homologuées. Son coffre atteint environ 235 litres VDA avec les sièges arrière en position normale. Elle adopte ainsi une formule conventionnelle de citadine polyvalente plutôt que celle d’une micro-voiture strictement urbaine.

Fiche technique de la Mitsubishi Space Star 2

CaractéristiqueSpace Star 2 de lancement
Année de lancement en Europe2013
CarrosserieCitadine bicorps, 5 portes, 5 places
ArchitectureMoteur avant transversal, traction avant
Moteur 1.0 MIVEC3 cylindres essence atmosphérique, 999 cm³, 12 soupapes, injection multipoint
Puissance 1.071 ch (52 kW) à 6 000 tr/min
Couple 1.088 Nm
Moteur 1.2 MIVEC3 cylindres essence atmosphérique, 1 193 cm³, 12 soupapes, injection multipoint
Puissance 1.280 ch (59 kW) à 6 000 tr/min
Couple 1.2106 Nm
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports, CVT disponible avec le 1.2 selon marché et version
StructureMonocoque en acier
Suspension avantType MacPherson
Suspension arrièreEssieu de torsion semi-indépendant
DirectionCrémaillère à assistance électrique
FreinsDisques ventilés à l’avant, tambours à l’arrière
Pneumatiques165/65 R14 ou 175/55 R15 selon version
Longueur3 710 mm
Largeur1 665 mm
HauteurEnviron 1 490 mm
Empattement2 450 mm
Voie avant1 430 mm
Voie arrière1 415 mm
MasseÀ partir de 845 kg selon spécification
Vitesse maximale 1.0Environ 172 km/h
0 à 100 km/h 1.0Environ 13,6 s
Vitesse maximale 1.2Environ 180 km/h
0 à 100 km/h 1.2Environ 11,7 s
Consommation homologuée 1.0 AS&GÀ partir d’environ 4,0 l/100 km
Émissions de CO2 1.0 AS&GÀ partir de 92 g/km
Consommation homologuée 1.2 AS&GEnviron 4,1 l/100 km
Émissions de CO2 1.2 AS&GEnviron 96 g/km
Réservoir35 litres
Volume de coffreEnviron 235 litres VDA
Coefficient aérodynamiqueCx 0,27 annoncé au lancement

Les moteurs 1.0 et 1.2 MIVEC

La gamme européenne initiale repose sur deux moteurs essence atmosphériques à trois cylindres. Le 1.0 MIVEC de 999 cm³ développe 71 ch, tandis que le 1.2 MIVEC de 1 193 cm³ atteint 80 ch. La distribution variable MIVEC participe à la recherche de rendement sans ajouter la complexité d’une suralimentation. Associés à une voiture particulièrement légère, ces moteurs suffisent à assurer les déplacements urbains et périurbains auxquels le modèle est principalement destiné.

Le système d’arrêt et de redémarrage automatique AS&G est proposé selon les versions afin de réduire la consommation en circulation urbaine. Avec lui, les données d’homologation de l’époque descendent autour de 4,0 l/100 km et 92 g/km de CO2 pour certaines configurations du 1.0. Ces valeurs correspondent au protocole d’homologation utilisé au lancement et ne doivent pas être assimilées aux mesures WLTP appliquées aux voitures plus récentes.

La boîte manuelle à cinq rapports constitue la transmission la plus courante. Une boîte à variation continue CVT est également associée au 1.2 sur certains marchés et certaines versions. Quelle que soit la configuration, la puissance est envoyée aux seules roues avant. La conception du train roulant reste volontairement classique, avec jambes MacPherson à l’avant et essieu de torsion à l’arrière.

Un dessin simple qui évolue fortement avec les restylages

La première Space Star 2 se reconnaît à sa face avant relativement sobre. Les projecteurs remontent vers les ailes, une petite ouverture supérieure accompagne le logo Mitsubishi et une prise d’air plus importante occupe la partie basse du bouclier. Le profil présente un capot court, un pare-brise fortement incliné et une ligne de toit assez haute afin de préserver l’espace intérieur malgré le faible encombrement extérieur.

Cette apparence évolue au cours de la carrière. Un premier restylage intervient au milieu des années 2010, avant une transformation beaucoup plus visible présentée fin 2019. La voiture adopte alors le langage stylistique Dynamic Shield de Mitsubishi, avec une face avant plus verticale et plus expressive, de nouveaux projecteurs et des boucliers redessinés. La longueur progresse également, sans pour autant signifier l’apparition d’une nouvelle génération technique.

Cette distinction est importante pour identifier correctement une Space Star 2 : une voiture de 2013 et un exemplaire tardif à face Dynamic Shield peuvent sembler très différents sur une photographie tout en appartenant à la même lignée. Les caractéristiques mécaniques ont elles aussi évolué au fil des années et des normes, notamment la puissance du 1.2, qui ne doit pas être systématiquement assimilée aux 80 ch de la version européenne initiale.

Mirage, Space Star et Mirage G4 : trois appellations à distinguer

L’histoire commerciale du modèle explique une nomenclature inhabituellement complexe. Dans de nombreux pays, le hatchback est vendu comme Mirage, alors que Mitsubishi utilise Space Star sur plusieurs marchés européens. Une Space Star 2 européenne de cette génération et une Mirage cinq portes contemporaine sont donc étroitement apparentées, malgré leurs noms différents.

Il faut en revanche distinguer le hatchback de la Mitsubishi Mirage G4. Cette dernière est une berline tricorps développée autour de la même famille de petites voitures mondiales, avec une malle séparée et des proportions spécifiques. Selon les pays, cette variante est également connue sous d’autres appellations, dont Attrage.

Le succès initial du programme confirme l’importance industrielle de cette stratégie mondiale. Mitsubishi annonçait 100 000 ventes dès 2013, puis le 200 000e exemplaire produit à Laem Chabang en février 2014. La Space Star 2 s’inscrit ainsi moins comme une citadine spécifiquement conçue pour l’Europe que comme l’une des déclinaisons régionales d’un modèle pensé dès l’origine pour une diffusion internationale.

Prix et positionnement sur le marché français

En France, la politique tarifaire traduit clairement le positionnement économique du modèle. Au lancement en 2013, le 1.0 MIVEC d’entrée de gamme est affiché autour de 9 900 euros, tandis qu’une 1.0 AS&G Invite atteint environ 11 700 euros. La 1.2 MIVEC AS&G Intense, mieux motorisée et équipée, se situe autour de 14 300 euros. Les tarifs évoluent ensuite avec les finitions, séries spéciales et restylages.

Cette hiérarchie correspond à la philosophie générale de la Space Star 2. Mitsubishi ne cherche pas à en faire une petite voiture premium ni une citadine sportive : le modèle repose sur une fabrication rationalisée, des mécaniques atmosphériques simples, une masse contenue et un équipement modulé selon les finitions. Sa production thaïlandaise à grande échelle est directement liée à cette recherche de compétitivité.

La longue carrière du modèle conduit néanmoins à réunir sous l’appellation Space Star 2 des voitures sensiblement différentes par leur présentation et leur équipement. Pour caractériser précisément un exemplaire, l’année, la phase, le moteur et la transmission sont donc plus significatifs que la seule mention « Space Star II » utilisée par de nombreuses bases automobiles françaises.