Simca 1000

Simca 1000

Lancée en 1961, la Simca 1000 est une petite berline quatre portes à moteur arrière qui occupe rapidement une place majeure dans la gamme du constructeur français. Compacte, légère et relativement abordable, elle reste en production jusqu’en 1978 et donne naissance à une famille particulièrement étendue. Sa carrière va de la paisible berline de 944 cm³ aux célèbres versions Rallye, sans oublier plusieurs dérivés sportifs développés autour de sa base mécanique.

Une petite Simca née entre Poissy et Turin

À la fin des années 1950, Henri-Théodore Pigozzi, dirigeant de Simca, cherche à élargir son offre vers le bas. La marque dispose alors de modèles plus imposants, notamment la Simca Aronde, mais doit répondre au développement du marché des petites voitures économiques. La crise de Suez et ses conséquences sur le prix des carburants renforcent encore l’intérêt d’une automobile compacte et légère.

Les relations historiques entre Simca et Fiat jouent un rôle essentiel. Le constructeur français peut s’appuyer sur des études réalisées à Turin pour de petites berlines, dans le prolongement d’une philosophie déjà illustrée par la Fiat 600. Le projet qui mène à la Simca 1000 est notamment lié aux études Fiat 122, avant d’être développé et adapté aux besoins de Simca.

Le programme associe ainsi les compétences italiennes et françaises. Dante Giacosa figure parmi les ingénieurs importants de cette genèse côté Fiat. Pour le dessin de la carrosserie, Mario Revelli de Beaumont, responsable du style chez Simca, joue un rôle central en collaboration avec Felice Mario Boano. Réduire la paternité de la berline à un seul de ces stylistes serait donc excessif. Les équipes de Simca assurent parallèlement la mise au point et l’industrialisation de la voiture à Poissy.

Des prototypes circulent avant le lancement commercial de 1961. La nouvelle Simca est présentée à la presse puis au public à l’occasion du Salon de l’Automobile de Paris en octobre. Elle arrive sur un marché où la Renault Dauphine a déjà popularisé en France la petite berline familiale à moteur arrière. La Renault 8, lancée l’année suivante, deviendra une autre concurrente particulièrement proche par son architecture.

Une architecture à moteur arrière

La Simca 1000 adopte une carrosserie autoporteuse à trois volumes, quatre portes et cinq places. Avec environ 3,80 m de longueur, elle offre un encombrement réduit tout en conservant l’apparence d’une véritable berline. Son moteur longitudinal est installé derrière l’essieu arrière et entraîne les roues arrière. Cette disposition libère l’avant pour le coffre et contribue à la légèreté de la direction.

Le modèle de lancement reçoit un quatre cylindres essence de 944 cm³ refroidi par eau, doté d’un vilebrequin à cinq paliers, d’un arbre à cames latéral et de soupapes en tête. Il est associé à une boîte manuelle à quatre rapports entièrement synchronisés, dont le dispositif de synchronisation est utilisé sous licence Porsche. Pour une petite automobile populaire du début des années 1960, cette boîte constitue l’un de ses arguments techniques intéressants.

La puissance de la première 1000 est parfois présentée de manière contradictoire parce que les publications d’époque n’emploient pas toutes la même norme. Les chiffres d’environ 34 à 36 ch DIN et de 45 ch SAE peuvent ainsi désigner des mesures différentes d’un moteur très proche. Les 45 ch SAE ne doivent donc pas être interprétés comme 45 ch DIN. La vitesse maximale annoncée au lancement se situe autour de 120 km/h.

Les quatre roues sont indépendantes. À l’avant, la suspension fait appel à un ressort transversal à lames, tandis que le train arrière utilise des bras et des ressorts hélicoïdaux. Les premières voitures disposent de quatre freins à tambour et d’une direction qui n’est pas encore à crémaillère. La répartition des masses inhérente au moteur en porte-à-faux arrière participe au caractère routier très particulier de la 1000, caractère qui deviendra beaucoup plus spectaculaire lorsque Simca augmentera fortement les performances de ses versions sportives.

Fiche technique de la Simca 1000

CaractéristiqueSimca 1000 de lancement
Année de lancement1961
CarrosserieBerline tricorps, 4 portes, 5 places
StructureCoque autoporteuse
Moteur4 cylindres en ligne essence, refroidissement par eau
Cylindrée944 cm³
Alésage x course68 x 65 mm
DistributionArbre à cames latéral, soupapes en tête
Vilebrequin5 paliers
AlimentationCarburateur
PuissanceEnviron 34 à 36 ch DIN, 45 ch SAE indiqué par certaines sources d’époque
ImplantationMoteur longitudinal arrière en porte-à-faux
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports entièrement synchronisés
EmbrayageMonodisque à sec
Suspension4 roues indépendantes
Suspension avantRessort transversal à lames, triangles supérieurs, amortisseurs télescopiques
Suspension arrièreBras, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques
FreinsTambours aux 4 roues, commande hydraulique
Roues12 pouces
LongueurEnviron 3,80 m
LargeurEnviron 1,49 m
EmpattementEnviron 2,20 à 2,22 m selon documentation
PoidsEnviron 700 à 730 kg selon norme et équipement
Vitesse maximaleEnviron 120 km/h au lancement
Puissance fiscale5 CV pour la version 944 cm³
RéservoirEnviron 36 litres
Site principal de productionPoissy, France

Dix-sept ans d’évolutions

La Simca 1000 ne reste pas figée dans sa définition de 1961. Sa gamme s’étend rapidement avec plusieurs niveaux de finition et de motorisation, dont les appellations 900, Luxe, GL, GLS, GLA, LS ou encore Spécial. Une transmission semi-automatique Ferodo à trois rapports est également proposée au cours de la carrière. Ces variantes expliquent pourquoi une caractéristique relevée sur une 1000 des années 1970 ne peut pas être automatiquement appliquée à la voiture de lancement.

L’une des transformations techniques les plus importantes intervient pour le millésime 1969. La voiture bénéficie alors de moteurs issus de la famille mécanique de la Simca 1100, ainsi que d’une direction à crémaillère, de trains roulants revus et de roues de 13 pouces. Son apparence évolue également, notamment au niveau des projecteurs, des clignotants et des feux arrière. Le comportement du train arrière continuera d’être amélioré, avec notamment l’adoption généralisée d’un carrossage négatif.

Les dernières années apportent encore de nouvelles présentations et appellations, dont les 1005 et 1006. Pour 1977, la face avant est profondément modernisée avec des projecteurs rectangulaires. Une Simca 1000 de cette période se reconnaît donc immédiatement d’un exemplaire de 1961, malgré la conservation de la silhouette générale et de l’architecture mécanique.

Cette longue carrière explique aussi les écarts rencontrés dans les dimensions, masses, puissances et performances publiées sous la seule appellation « Simca 1000 ». La famille couvre près de dix-sept années d’évolution et des mécaniques sensiblement différentes. La production française est principalement assurée à Poissy, tandis que des assemblages ont également lieu sur certains marchés étrangers, notamment en Espagne et au Maroc.

Du Coupé 1000 aux Simca Rallye

La berline donne rapidement naissance à des automobiles très différentes. Dès 1962 apparaît le Coupé 1000, habillé par Bertone sur un dessin de Giorgetto Giugiaro. Il évoluera ensuite vers la Simca 1200 S. Cette dernière ne doit pas être confondue avec une simple finition de la berline : il s’agit d’un coupé sportif doté de sa propre carrosserie et d’une définition mécanique spécifique.

Simca exploite aussi le potentiel sportif de son modèle par sa collaboration avec Carlo Abarth. Des mécaniques et composants issus de l’univers Simca 1000 servent à différents projets Abarth-Simca destinés à la compétition. Des voitures telles que l’Abarth Simca 2000 appartiennent à cette branche sportive très spécialisée et ne doivent pas être assimilées aux Simca 1000 de série.

La déclinaison sportive la plus célèbre reste toutefois la Rallye, apparue en 1970. Elle est suivie des Rallye 1 et Rallye 2, cette dernière poussant beaucoup plus loin les performances et recevant quatre freins à disque. La Rallye 3 constitue l’aboutissement de cette lignée en 1978. Produite en série limitée à 1 000 exemplaires, elle transforme radicalement l’image d’une automobile née dix-sept ans auparavant comme petite berline économique.

Les Rallye trouvent naturellement leur place en rallye, slalom et course de côte. Leur moteur arrière, leur faible masse et leur comportement survireur contribuent à leur réputation. Cette activité sportive ne doit cependant pas masquer la réalité commerciale du modèle : l’immense majorité des Simca 1000 sont des berlines populaires, bien moins puissantes que les versions qui ont construit sa légende en compétition.

Une rivale majeure des petites Renault

La 1000 accompagne une période où les constructeurs européens explorent différentes solutions pour maximiser l’espace intérieur dans des voitures compactes. Son moteur arrière la rapproche directement de plusieurs Renault de l’époque. Après la Dauphine, la Renault 8 lancée en 1962 devient l’une de ses concurrentes les plus évidentes : quatre portes, silhouette tricorps, propulsion et moteur arrière composent une recette très voisine.

Simca choisira pourtant une architecture radicalement différente pour la 1100, à moteur avant transversal et traction. La coexistence prolongée des deux modèles montre que la 1100 ne remplace pas immédiatement la 1000 : elle développe une formule plus moderne tandis que la petite propulsion poursuit sa carrière jusqu’en 1978. À cette date, la gamme européenne a largement basculé vers les petites voitures à moteur avant et traction.

Production et place de la Simca 1000

La production totale est généralement située juste sous la barre des deux millions d’exemplaires, mais les totaux publiés divergent légèrement en fonction du périmètre retenu. Des chiffres proches de 1,95 million apparaissent dans la documentation historique. « Près de deux millions d’exemplaires » reste donc la formulation la plus solide sans mélanger les berlines, certaines variantes et les dérivés comptabilisés différemment.

Le prix de lancement est couramment donné à 6 490 francs en France. Cette politique tarifaire, son format compact et ses quatre portes permettent à la 1000 de toucher une clientèle très large. Elle devient également familière dans les auto-écoles françaises, loin de l’image exclusivement sportive que les Rallye lui donneront rétrospectivement.

La fabrication s’arrête au printemps 1978, le mois exact variant entre avril et mai suivant que les documents retiennent la fin de fabrication ou celle de la commercialisation. La Simca 1000 quitte alors la scène après une carrière exceptionnellement longue pour une conception née à la charnière des années 1950 et 1960, et après avoir évolué d’une petite berline de 944 cm³ vers une gamme comprenant certaines des propulsions sportives françaises les plus caractéristiques des années 1970.

Marque Simca

Année de sortie 1961

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