Simca 1200 S

Simca 1200 S

Lancée en 1967, la Simca 1200 S transforme un élégant petit coupé en véritable sportive. Sa carrosserie Bertone dissimule un quatre cylindres de 1 204 cm3 installé en porte-à-faux arrière, alimenté par deux carburateurs double corps et développant initialement 80 ch DIN. Avec moins de 900 kg, quatre freins à disque et une vitesse maximale proche de 175 km/h dans sa première définition, elle compte parmi les Simca les plus remarquables de la fin des années 1960.

La 1200 S occupe aussi une place particulière dans l’histoire de la marque. Elle conserve l’architecture à moteur arrière de la Simca 1000, mais reçoit une mécanique nettement plus ambitieuse et une carrosserie spécifique. Produite jusqu’en 1971 à 14 741 exemplaires, elle précède de quelques années une nouvelle génération de sportives Simca à moteur avant.

Du Coupé Simca 1000 à la 1200 S

L’histoire de la 1200 S commence avant 1967. Simca commercialise depuis le début de la décennie un Coupé 1000 habillé par Bertone. Son dessin originel est associé à Giorgetto Giugiaro, alors employé du carrossier turinois. Élégante et basse, cette première version reste toutefois limitée par les performances de sa mécanique. Avec 40 ch environ, elle possède davantage le caractère d’un coupé de promenade que celui d’une véritable sportive.

Simca décide donc de faire évoluer profondément la formule. Le projet profite du nouveau quatre cylindres qui accompagne le développement de la Simca 1100. Porté ici à 1 204 cm3 et doté de deux carburateurs double corps, il change radicalement le caractère de la voiture. La construction de série de la 1200 S débute en juillet 1967 et les 500 exemplaires nécessaires à son homologation sportive sont achevés avant la fin septembre.

La carrosserie évolue en parallèle. Le dessin du Coupé 1000 sert toujours de base, mais son adaptation à la 1200 S est généralement attribuée à Marcello Gandini, qui avait succédé à Giugiaro chez Bertone. Il est donc plus exact de considérer la voiture comme l’évolution d’une silhouette initialement dessinée par Giugiaro et remaniée chez Bertone pour répondre aux nouvelles ambitions sportives de Simca.

Le changement le plus spectaculaire apparaît à l’avant. La 1200 S reçoit quatre projecteurs ronds dans une nouvelle face plus agressive. Deux ouvertures sur le capot alimentent le radiateur, désormais placé à l’avant alors que le moteur reste derrière l’habitacle. À l’arrière, quatre feux ronds participent également à l’identité du modèle. Cette combinaison permet de distinguer immédiatement une 1200 S du Coupé Simca 1000 dont elle dérive.

Un petit coupé à moteur arrière devenu sportif

La mécanique constitue la transformation essentielle. Le quatre cylindres de 1 204 cm3, avec bloc en fonte et culasse en alliage léger, utilise un arbre à cames latéral et des soupapes en tête. Deux carburateurs Solex double corps assurent l’alimentation. Dans la première version, la puissance atteint 80 ch DIN à 6 000 tr/min, soit environ deux fois celle du coupé précédent.

Le moteur demeure longitudinal et en porte-à-faux arrière. La boîte manuelle à quatre rapports synchronisés est regroupée avec le pont et transmet la puissance aux roues arrière. Cette architecture rapproche techniquement la 1200 S de la famille Simca 1000 et la place parmi les petits coupés européens à moteur arrière de son époque, comme le Fiat 850 Coupé, même si les deux modèles n’ont pas de filiation technique.

Le châssis monocoque reçoit quatre roues indépendantes. À l’avant, la suspension fait appel à un ressort à lames transversal et à des amortisseurs télescopiques. À l’arrière, les roues indépendantes sont associées à des ressorts hélicoïdaux. La voiture de 1967 conserve d’abord une direction Gemmer à vis et galet.

Le freinage est particulièrement élaboré pour un petit coupé de cette période puisque Simca adopte quatre disques. La première 1200 S ne possède toutefois pas de servofrein. La direction et le freinage seront améliorés en cours de carrière, avec l’arrivée d’une crémaillère et d’une assistance de freinage.

Cette combinaison d’une puissance élevée pour la cylindrée, d’une masse contenue et d’une aérodynamique soignée permet à la première 1200 S d’approcher 175 km/h. Elle vient ainsi se placer dans un paysage français où les versions sportives de la Renault 8, en particulier les Gordini, avaient fortement contribué à populariser les petites voitures performantes.

Fiche technique de la Simca 1200 S

CaractéristiqueSimca 1200 S
Production1967 à 1971
CarrosserieCoupé 2 portes, 2+2
StructureMonocoque en acier
Moteur4 cylindres en ligne essence, type 354
ImplantationLongitudinale, en porte-à-faux arrière
Cylindrée1 204 cm3
Alésage x course74 x 70 mm
Bloc moteurFonte
CulasseAlliage d’aluminium
DistributionArbre à cames latéral, soupapes en tête
Nombre de soupapes8
Alimentation2 carburateurs Solex double corps
Puissance80 ch DIN à 6 000 tr/min au lancement, puis 85 ch DIN à 6 200 tr/min
CoupleEnviron 10,5 mkg à 4 500 tr/min sur la version initiale
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports synchronisés
EmbrayageMonodisque à sec, commande hydraulique
Suspension avantRoues indépendantes, ressort à lames transversal, amortisseurs télescopiques
Suspension arrièreRoues indépendantes, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques
DirectionVis et galet au lancement, puis crémaillère
Freins4 disques hydrauliques, assistance ajoutée en cours de carrière
Diamètre des disques221 mm sur la définition homologuée en 1967
Roues13 x 4 pouces sur la définition homologuée en 1967
Pneumatiques145 SR 13
Longueur3 997 mm selon l’homologation FIA de 1967
Largeur1 525 mm
Hauteur1 270 mm
Empattement2 232 mm
Voie avant1 247 mm
Voie arrière1 265 mm
Poids850 kg selon la définition FIA de 1967, 890 kg dans plusieurs données constructeur et sources spécialisées
Réservoir53 litres
Vitesse maximaleEnviron 175 km/h en 80 ch, jusqu’à environ 178-179 km/h en 85 ch
0 à 100 km/hEnviron 11,8 s pour la version 85 ch
400 m départ arrêtéEnviron 18,4 s pour la version 85 ch
1 000 m départ arrêtéEnviron 34,4 s pour la version 85 ch
Consommation indicativeEnviron 7,5 l/100 km
Production totale14 741 exemplaires

Les évolutions de la 1200 S entre 1967 et 1971

La 1200 S n’est pas restée techniquement identique pendant ses quatre années de carrière. La première définition de 1967, celle documentée par l’homologation FIA, associe le moteur de 80 ch à la direction à vis et galet et à des freins sans assistance. À partir de la fin de 1968 et du millésime 1969, Simca améliore notamment la direction en adoptant une crémaillère et ajoute un servofrein. Les dates précises de certaines modifications varient suivant les documents et les conventions de millésime.

La puissance progresse ensuite à 85 ch DIN à 6 200 tr/min. Les performances augmentent légèrement, avec une vitesse maximale généralement donnée autour de 178 à 179 km/h. Ce chiffre paraît aujourd’hui modeste, mais il est significatif pour un coupé de seulement 1,2 litre commercialisé à la fin des années 1960.

Les chiffres de masse illustrent aussi les différences entre documents historiques. La fiche d’homologation FIA de 1967 indique 850 kg selon sa propre définition réglementaire, sans carburant ni outillage, tandis que 890 kg apparaît fréquemment dans les caractéristiques constructeur reprises par la documentation spécialisée. Ces valeurs correspondent à des référentiels différents et ne doivent donc pas être artificiellement réduites à un chiffre unique.

L’habitacle conserve une présentation de petite GT 2+2. La planche de bord à finition imitation bois, l’instrumentation comprenant un compte-tours et le volant à trois branches renforcent le caractère sportif. Des jantes légères ont également été proposées en option sur certaines versions, tandis que les équipements évoluent progressivement avec les millésimes.

Production, prix et carrière commerciale

La production totale communément recoupée atteint 14 741 exemplaires entre 1967 et 1971. Les carrosseries sont réalisées par Bertone en Italie avant de recevoir leur mécanique dans le dispositif industriel de Simca. En fin de carrière, l’assemblage est transféré à Rotterdam, aux Pays-Bas, où auraient été terminés les 3 114 derniers exemplaires.

La fiche d’homologation de 1967 permet de documenter précisément le début de la série, avec un numéro de châssis commençant à 170001 et un numéro moteur à 700001. Elle atteste également que 500 voitures avaient été produites au 30 septembre 1967, étape indispensable à l’homologation de la voiture en Groupe 3.

Le positionnement tarifaire confirme que la 1200 S n’était pas une simple variante de grande diffusion. Un tarif français de 14 995 francs est attesté en octobre 1968, tandis qu’un montant de 14 400 francs apparaît dans d’autres documents relatifs à cette même période. La différence peut refléter une évolution tarifaire au cours de l’année plutôt qu’une contradiction sur la définition de la voiture.

La fabrication cesse en 1971, même si quelques voitures provenant des stocks ont pu être immatriculées sous un millésime ultérieur. Simca ne lui donne pas de descendante directe reposant sur la même architecture. La Simca 1100 TI prolonge au début des années 1970 l’idée d’une Simca compacte performante, mais sous la forme très différente d’une traction à moteur avant.

Dans le domaine des coupés, la Matra-Simca Bagheera lancée en 1973 peut davantage être vue comme la relève de l’offre sportive proposée dans l’univers Simca. Elle n’est cependant pas la descendante technique de la 1200 S : moteur central, carrosserie et conception générale appartiennent à une génération entièrement nouvelle.

Une Simca homologuée pour la compétition

La vocation sportive de la 1200 S ne se limite pas à sa présentation. Elle obtient l’homologation FIA numéro 572 en Groupe 3 à compter du 1er novembre 1967. Ce document historique est particulièrement précieux, car il fixe les caractéristiques de la première version de série et explique certains écarts avec les fiches techniques décrivant les modèles plus tardifs.

La 1200 S apparaît rapidement dans des compétitions européennes et françaises. Des engagements sont documentés dès 1968, notamment sur circuit. En rallye, Maurice et Jean-Paul Payet remportent le premier Tour de la Réunion en 1969 avec une Simca 1200 S. La même année, Guy Fréquelin est associé à une victoire au Rallye de la Haute-Marne au volant du modèle.

Il faut en revanche distinguer la 1200 S de série des voitures profondément préparées qui ont porté un nom proche en compétition. Certaines machines engagées sous des appellations comme 1200 XS recevaient notamment des moteurs de cylindrée supérieure et ne correspondent plus aux spécifications du coupé de série homologué en 1967.

Comment reconnaître une Simca 1200 S

La face avant constitue le repère le plus évident : quatre projecteurs ronds, une large calandre et deux prises d’air sur le capot liées au radiateur avant. La poupe se reconnaît à ses quatre feux circulaires. Les proportions restent celles d’un coupé très compact, avec un pavillon bas et une partie arrière courte abritant la mécanique.

Cette silhouette italienne ne doit pas conduire à confondre la 1200 S avec d’autres sportives utilisant des composants Simca. La CG 1200 S de Chappe et Gessalin, notamment, est un modèle distinct doté de sa propre carrosserie. La Simca 1200 S décrite ici est bien le coupé Bertone de type CA développé à partir du Coupé Simca 1000.

Elle s’inscrit enfin dans une tradition de carrosseries plus ambitieuses que les berlines de grande série de la marque. Avant elle, les différentes Simca Sport avaient déjà associé mécanique Simca et carrosseries plus exclusives. Avec la 1200 S, cette formule prend une orientation nettement plus performante, tout en conservant une architecture 2+2 utilisable et une mécanique issue de la grande série.

Marque Simca

Année de sortie 1967

Catégories

Découvrez d'autres modèles Simca