Simca 1309

Simca 1309

La Simca 1309 apparaît en 1978 pour le millésime 1979 sous une seule déclinaison essentielle sur le marché français, la 1309 SX. Elle ne constitue pas une nouvelle génération indépendante, mais la version la plus luxueuse de la famille 1307/1308. Avec son moteur de 1 592 cm3, sa boîte automatique, sa direction assistée et son régulateur de vitesse, elle pousse nettement vers le haut une formule lancée trois ans auparavant.

Sa carrière est particulièrement courte. Commercialisée à partir du milieu de 1978, la 1309 SX disparaît dès 1979 avec la réorganisation de la gamme sous la marque Talbot. Cette existence brève explique à la fois sa relative rareté et certaines confusions dans les fiches historiques, qui attribuent parfois à la 1309 les dates ou caractéristiques de l’ensemble de la famille 1307/1308.

Une 1307/1308 portée vers le haut de gamme

L’histoire de la 1309 commence avec le projet C6 de Chrysler Europe. Il doit donner à Simca une familiale moderne capable de prendre la relève des Simca 1301 et 1501. La conception associe les équipes françaises chargées de la partie mécanique et le centre de style britannique de Chrysler à Whitley, placé sous la direction de Roy Axe.

Le résultat prend la forme d’une berline à cinq portes et hayon, une architecture encore distinctive dans cette catégorie au milieu des années 1970. La nouvelle famille conserve également plusieurs principes techniques issus de la Simca 1100, notamment le moteur transversal et la traction avant, tout en adoptant un empattement supérieur et un train arrière à ressorts hélicoïdaux.

La production en série des premières 1307 et 1308 débute à Poissy en août 1975. Lancées en France en septembre, elles connaissent rapidement un important succès commercial. La famille obtient également le titre de Voiture européenne de l’année 1976. Cette distinction concerne les 1307/1308 originelles et non la 1309, qui n’existe pas encore.

Trois ans plus tard, Simca complète la gamme par la 1309 SX. Son apparition est attestée dès 1978, notamment par une homologation néerlandaise datée du 10 août. Il est donc plus exact de la rattacher à 1978, même si elle correspond au millésime 1979 et si certaines documentations la présentent simplement comme un modèle 1979.

La Simca 1309 SX, sommet de la gamme

La 1309 SX prend place au-dessus de la Simca 1308, dont la 1308 GT constituait jusque-là l’une des versions les plus ambitieuses. Elle conserve la carrosserie cinq portes de la famille, mais reçoit une mécanique et des équipements destinés à lui donner une personnalité plus statutaire.

Le changement essentiel se trouve sous le capot. Le quatre cylindres Poissy atteint désormais 1 592 cm3, contre 1 442 cm3 pour la 1308 GT. Alimenté par carburateur, il développe 88 ch DIN à 5 400 tr/min. Cette évolution ne transforme pas la voiture en sportive : elle vise surtout à offrir davantage d’agrément avec la transmission automatique imposée sur la SX.

La boîte automatique à trois rapports fait en effet partie intégrante de la définition de la 1309 SX française. Les documentations consultées ne concordent pas entièrement sur son fabricant, certaines parlant d’une transmission Chrysler et d’autres de Borg-Warner. Cette divergence ne change pas la caractéristique essentielle du modèle : contrairement à plusieurs autres membres de la famille, la 1309 SX est étroitement associée à la boîte automatique.

Son positionnement doit aussi être replacé dans une gamme Simca en pleine évolution. La Simca Horizon arrive à la même époque sur un segment inférieur avec une conception plus récente, tandis que la 1309 tente de maintenir la famille C6 au niveau des familiales haut de gamme avant son prochain remaniement.

Fiche technique de la Simca 1309

CaractéristiqueSimca 1309 SX
Commercialisation1978 à 1979, millésime 1979
CarrosserieBerline bicorps 5 portes, 5 places
StructureMonocoque
Moteur4 cylindres en ligne essence, atmosphérique
ImplantationTransversale avant
Cylindrée1 592 cm3
Alésage x course80,6 x 78 mm
DistributionArbre à cames latéral, soupapes en tête, 8 soupapes
AlimentationCarburateur double corps
Taux de compression9,35:1
Puissance88 ch DIN à 5 400 tr/min
CoupleEnviron 137 Nm à 3 000 tr/min
TransmissionTraction avant
Boîte de vitessesAutomatique à 3 rapports
DirectionÀ crémaillère, assistée
Suspension avantRoues indépendantes, bras superposés et barres de torsion longitudinales
Suspension arrièreBras tirés et ressorts hélicoïdaux
FreinsDisques à l’avant, tambours à l’arrière
Pneumatiques155 SR 13
LongueurEnviron 4,25 m
Largeur1,68 m
Hauteur1,40 m
EmpattementEnviron 2,60 m
Voie avantEnviron 1,42 m
Voie arrièreEnviron 1,39 m
Poids à videEnviron 1 095 kg
Vitesse maximaleEnviron 156 à 158 km/h
Puissance fiscale en France9 CV
Consommation normalisée documentée9,8 l/100 km
Réservoir58 à 60 litres suivant les documentations
ProductionPoissy, France

Un équipement inhabituel à la fin des années 1970

La spécificité de la 1309 SX ne tient pas seulement à son moteur. Simca lui réserve un ensemble d’équipements rarement réunis sur une familiale française de cette époque. La direction assistée accompagne la boîte automatique, tandis qu’un régulateur de vitesse, alors souvent appelé programmateur de vitesse, permet de maintenir une allure présélectionnée. Ce dispositif compte parmi les éléments les plus caractéristiques de la SX.

Un point mérite toutefois d’être distingué clairement : la 1309 SX n’est pas à confondre avec sa remplaçante concernant l’ordinateur de bord. Certaines fiches modernes attribuent cet équipement à la Simca, mais les documentations historiques les plus précises distinguent le programmateur de vitesse de la 1309 SX de l’ordinateur de bord qui apparaîtra ensuite sur la Talbot 1510 SX.

La présentation extérieure et intérieure accompagne cette montée en gamme. La 1309 SX peut notamment être reconnue à sa finition spécifique, à ses protections latérales et à ses essuie-lave-phares. Elle reçoit également un essuie-glace arrière et une présentation intérieure plus soignée, avec notamment une sellerie en velours dans les configurations documentées. Des jantes en alliage étaient disponibles, mais elles ne constituent pas un critère permettant à elles seules d’authentifier une 1309 SX.

Cette orientation confortable permet aussi de mieux comprendre sa place dans le catalogue. La 1309 n’a pas vocation à remplacer la grande Simca 180 dans son rôle de berline supérieure. Elle représente plutôt une tentative de proposer, à partir de la familiale 1307/1308, une voiture richement équipée susceptible de séduire une clientèle recherchant davantage de confort sans passer à une berline traditionnelle plus imposante.

Une carrière limitée au millésime 1979

La brièveté de la carrière constitue l’une des particularités majeures de la 1309. Lancée alors que Chrysler Europe traverse une période difficile, elle se retrouve presque immédiatement prise dans le changement de propriétaire du constructeur. Peugeot reprend les activités européennes de Chrysler en 1978, puis décide de relancer la marque Talbot en 1979.

La famille 1307/1308/1309 est alors profondément remaniée. La carrosserie conserve son architecture générale mais reçoit une présentation modernisée et une nouvelle identité. La Talbot 1510 prend sa succession, avec une version SX qui prolonge directement la philosophie de la 1309 en conservant notamment le moteur 1,6 litre et la transmission automatique.

Cette transition explique pourquoi il est incorrect d’étendre la production de la Simca 1309 jusqu’au milieu des années 1980 ou de mélanger ses caractéristiques avec celles des Talbot qui lui succèdent. La 1309 SX proprement dite appartient à une fenêtre très étroite, comprise entre son apparition en 1978 et la transformation de la gamme en 1979.

Production, prix et rareté

Le nombre exact de 1309 SX produites n’est pas établi de manière suffisamment fiable par les données disponibles. Les statistiques concernant l’ensemble des 1307, 1308 et 1309 ne permettent pas d’isoler cette version et ne doivent donc pas être utilisées comme son volume de fabrication. Sa production sur une période très courte suffit néanmoins à expliquer qu’elle soit beaucoup moins courante que les principales 1307 et 1308.

En France, son tarif de 1979 est donné à 42 950 francs, contre 37 850 francs pour une 1308 GT dans les données d’époque disponibles. Cet écart traduit autant l’augmentation de cylindrée que l’équipement particulier de la SX et sa boîte automatique.

La rareté actuelle du modèle ne permet pas pour autant d’établir sérieusement un nombre d’exemplaires survivants. Les estimations très faibles parfois avancées ne reposent pas sur un recensement officiel suffisamment solide. Il en va de même pour une cote de collection unique : le faible nombre de transactions et la variété de l’état des voitures rendent plus pertinente l’étude d’un exemplaire précis que l’affirmation d’une valeur générale.

Une silhouette familière, une identité mécanique précise

Visuellement, la 1309 reste très proche de la Simca 1307 originelle. Elle conserve le profil deux volumes et demi caractéristique du projet C6, son grand hayon, ses cinq portes et ses surfaces vitrées généreuses. Le dessin privilégie ainsi l’espace et l’accessibilité plutôt qu’une distinction artificielle de la version haut de gamme par une carrosserie différente.

C’est donc la combinaison des éléments qui permet de définir correctement une 1309 SX : finition SX, moteur 1 592 cm3 de 88 ch, traction avant, boîte automatique à trois rapports, direction assistée et régulateur de vitesse. Une voiture partageant simplement la carrosserie C6 ne suffit pas à correspondre à cette appellation.

La 1309 ne doit pas non plus être assimilée à la 1308 Jubilé, série spéciale contemporaine dérivée de la 1308 GT et reconnaissable notamment à sa présentation bicolore. La 1309 SX suit une logique différente : elle constitue pendant son unique millésime le sommet technique et confortable de la famille Simca 1307/1308/1309, juste avant que celle-ci ne poursuive sa carrière sous le nom Talbot 1510.