Présentée à l’automne 1966 pour le millésime 1967, la Simca 1301 est une berline familiale française produite à Poissy. Elle ne constitue pas une automobile entièrement nouvelle, mais une évolution importante de la Simca 1300 lancée trois ans auparavant. Simca en conserve la cellule centrale, l’architecture mécanique et une partie de la technique tout en redessinant profondément les extrémités de la carrosserie et en modernisant l’habitacle.
La 1301 forme un tandem avec la Simca 1501. Extérieurement très proches, les deux voitures se distinguent principalement par leur moteur et leur positionnement dans la gamme. La 1301 reçoit un quatre cylindres de 1 290 cm3 et relève de la catégorie fiscale des 7 CV, tandis que la 1501 dispose d’une cylindrée supérieure. La 1301 sera proposée en berline, en break et, brièvement, en version utilitaire, avant de connaître une déclinaison Spécial plus performante.
De la Simca 1300 à la 1301
La généalogie de la 1301 remonte à la famille 1300/1500 apparue en 1963. Ces berlines avaient permis à Simca de renouveler son offre familiale après les générations Aronde et Ariane. Après quelques années seulement, le constructeur choisit de les faire évoluer plutôt que de repartir d’une feuille blanche. La 1300 devient ainsi 1301, tandis que la Simca 1500 évolue parallèlement en 1501.
La transformation est particulièrement visible sur la berline. La partie avant est allongée, avec un capot redessiné, une nouvelle calandre, un nouveau pare-chocs et des clignotants enveloppant davantage les angles. L’arrière est lui aussi prolongé et reçoit des feux horizontaux, ce qui augmente le volume disponible pour les bagages. La longueur totale atteint environ 4,46 m. Le break suit une logique différente puisqu’il conserve l’arrière de la génération précédente tout en adoptant le nouvel avant.
L’habitacle est également revu. Le tableau de bord et la ventilation évoluent, puis l’aménagement continuera à être modifié au fil des millésimes. La 1301 reste néanmoins fidèle à une conception traditionnelle, avec moteur longitudinal à l’avant et roues arrière motrices. Ce choix devient de plus en plus distinctif dans la gamme Simca lorsque la Simca 1100, lancée en 1967, adopte moteur transversal, traction avant et hayon.
Un moteur de 1 290 cm3 et une mécanique classique
Au lancement, la Simca 1301 utilise un quatre cylindres en ligne de 1 290 cm3, connu dans cette application sous la désignation 312T et appartenant à la famille Rush. Sa filiation mécanique remonte à la Simca Aronde, même si le moteur a considérablement évolué entre-temps. Il possède notamment un vilebrequin à cinq paliers et des soupapes en tête commandées par culbuteurs. Dans sa configuration initiale, il développe 54 ch DIN à 5 200 tr/min.
Le moteur est installé longitudinalement et transmet sa puissance aux roues arrière. La boîte manuelle compte quatre rapports avant synchronisés et l’embrayage est un monodisque à sec. Cette mécanique privilégie davantage la simplicité et l’usage familial que les performances. Une première 1301 atteint environ 135 km/h, valeur cohérente avec son positionnement de berline moyenne de 7 CV fiscaux.
Le châssis repose sur une coque autoporteuse en acier. À l’avant, les roues sont indépendantes avec ressorts hélicoïdaux, tandis que l’arrière conserve un essieu rigide également suspendu par ressorts hélicoïdaux. Le freinage associe des disques avant à des tambours arrière. La 1301 offre ainsi une technique conventionnelle mais plus élaborée que ne pourrait le laisser penser sa mécanique issue d’une longue lignée.
Fiche technique de la Simca 1301
| Caractéristique | Simca 1301 |
|---|---|
| Présentation | 1966, millésime 1967 |
| Production | 1966 à juillet 1975, commercialisation jusqu’en 1976 |
| Production principale | Poissy, France |
| Carrosseries | Berline 4 portes, break, utilitaire 1301 U |
| Structure | Coque autoporteuse en acier |
| Moteur au lancement | 4 cylindres en ligne essence, type 312T/Rush |
| Cylindrée | 1 290 cm3 |
| Distribution | Soupapes en tête, culbuteurs |
| Alimentation | Carburateur |
| Puissance au lancement | 54 ch DIN à 5 200 tr/min |
| Puissance 1301 Spécial | 70 ch DIN initialement, puis environ 67 ch DIN à partir de 1973 |
| Couple 1301 Spécial tardive | Environ 99 Nm à 4 000 tr/min |
| Implantation | Moteur longitudinal avant |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte | Manuelle à 4 rapports synchronisés |
| Embrayage | Monodisque à sec, commande hydraulique |
| Suspension avant | Roues indépendantes, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis |
| Suspension arrière | Essieu rigide, ressorts hélicoïdaux, barre antiroulis |
| Freins | Disques à l’avant, tambours à l’arrière |
| Empattement | 2 520 mm |
| Longueur berline | Environ 4 457 mm |
| Largeur | Environ 1 580 mm |
| Hauteur | Environ 1 400 à 1 425 mm selon version et conditions de mesure |
| Voie avant | 1 322 mm sur documentation de 1301 Spécial |
| Voie arrière | 1 300 mm sur documentation de 1301 Spécial |
| Poids berline | Environ 990 à 1 010 kg selon version et millésime |
| Vitesse maximale au lancement | Environ 135 km/h |
| Vitesse maximale 1301 Spécial 70 ch | Environ 152 km/h |
| Réservoir | 55 litres |
| Puissance fiscale | 7 CV en France |
| Circuit électrique | 12 V |
Versions, break et 1301 Spécial
La gamme n’est pas restée figée pendant ses neuf années de fabrication. Les premières 1301 sont notamment proposées sous les appellations LS et GL, avec des variations de finition et de carrosserie suivant les marchés. La famille comprend également un break, intéressant techniquement parce qu’il combine la nouvelle face avant de la 1301 avec la partie arrière héritée du break 1300. Un break utilitaire 1301 U apparaît en 1967.
L’évolution la plus importante intervient en 1970 avec la 1301 Spécial. Elle abandonne l’ancien moteur Rush au profit d’un 1 290 cm3 de la famille mécanique dérivée du moteur de la 1501. Dans sa première configuration, le Type 345 S atteint 70 ch DIN. La présentation devient plus dynamique et le levier de vitesses migre au plancher. La vitesse maximale se rapproche alors de 152 km/h, ce qui change sensiblement le caractère d’une voiture initialement conçue comme une familiale raisonnable.
À partir de 1973, la puissance de la Spécial est ramenée aux environs de 67 ch DIN, avec un couple d’environ 99 Nm à 4 000 tr/min. Au fil de la carrière, la gamme adopte aussi différentes évolutions de présentation, dont un tableau de bord à cadrans circulaires et une calandre noire. Il faut donc éviter de considérer les 1301 produites entre 1966 et 1975 comme techniquement et visuellement identiques.
1301 et 1501, deux modèles à ne pas confondre
La proximité entre 1301 et 1501 explique que les deux modèles soient souvent regroupés dans les catalogues et les historiques. Ils partagent leur carrosserie et une grande partie de leur architecture, mais leurs appellations renvoient bien à deux motorisations distinctes. La 1301 conserve une cylindrée de 1 290 cm3 et une fiscalité française de 7 CV. La 1501 utilise un moteur d’environ 1,5 litre et se place un cran au-dessus en puissance et en fiscalité.
Une autre confusion concerne la date du modèle. La 1301 apparaît en septembre 1966 et son homologation internationale FIA prend effet le 2 novembre de la même année. Elle appartient cependant au millésime 1967, ce qui explique que certaines documentations utilisent cette dernière date. Pour identifier historiquement le lancement de la Simca 1301 elle-même, 1966 reste donc l’année pertinente.
Son dessin doit également être replacé dans la continuité des 1300/1500. Mario Revelli de Beaumont est associé à la conception stylistique de cette famille originelle, dont la 1301 conserve la cellule centrale. En revanche, l’attribution personnelle du restylage de 1966 n’est pas suffisamment établie pour désigner avec certitude un auteur unique de la carrosserie spécifique de la 1301.
Production à Poissy et fin de carrière
La Simca 1301 est fabriquée à Poissy, site industriel majeur de la marque. Les chiffres de production publiés ne concordent toutefois pas parfaitement. Le Simca Talbot Club comptabilise 605 815 exemplaires de la 1301, tandis que d’autres références spécialisées avancent 637 263 unités. La différence peut provenir du périmètre ou de la méthode de comptage, sans qu’il soit possible d’établir ici un total unique avec suffisamment de certitude.
Sa carrière accompagne aussi une transformation profonde de Simca. Lorsque la 1301 apparaît, Chrysler exerce déjà une influence croissante sur le constructeur français. Simca Automobiles devient Chrysler France en 1970, mais la 1301 poursuit sa carrière sous son identité Simca. Elle demeure parallèlement fidèle à la propulsion alors que les nouvelles automobiles familiales du groupe s’orientent progressivement vers la traction avant.
Les dernières 1301 quittent les chaînes de Poissy en juillet 1975, même si des voitures restent commercialisées en 1976. Leur remplacement accompagne l’arrivée d’une génération techniquement très différente. La Simca 1307 et la Simca 1308 adoptent la traction avant et une carrosserie à hayon, abandonnant ainsi la formule classique de la 1301 avec moteur longitudinal, propulsion et coffre séparé.
Homologation et place en compétition
La 1301 possède une véritable homologation sportive internationale, sans pour autant avoir été conçue comme une voiture de compétition. La FIA l’homologue en Groupe 1 sous le numéro 5122 à compter du 2 novembre 1966. Le document d’homologation identifie notamment le type TB.2, la cylindrée de 1 290 cm3, les quatre cylindres et la transmission aux roues arrière.
Cette homologation rendait le modèle admissible dans les catégories correspondantes, mais elle ne doit pas être assimilée à un important programme sportif officiel de Simca. Les résultats marquants généralement associés à la marque durant cette période concernent davantage d’autres modèles. Pour la 1301, l’intérêt historique réside surtout dans sa longue carrière de familiale et dans ses évolutions successives, jusqu’à la Spécial qui exploite nettement mieux les possibilités du 1 290 cm3 sans transformer la voiture en modèle sportif spécialisé.




