Mazda 3 3

Mazda 3 3

Présentée en 2013, la Mazda 3 3 correspond à la troisième génération de la compacte japonaise. Elle marque une rupture plus nette que ne le suggère la continuité de son nom : nouvelle plateforme, carrosserie redessinée selon le langage KODO et généralisation des technologies SKYACTIV. Elle remplace directement la Mazda 3 2 et prend une place stratégique dans une gamme Mazda alors en pleine transformation.

Cette génération est généralement identifiée par le code BM, puis par l’appellation BN pour son évolution de milieu de carrière. Au Japon, elle conserve le nom Axela. En Europe, la commercialisation débute en 2013 et se poursuit jusqu’au remplacement progressif du modèle par la quatrième génération à la charnière 2018-2019. La Mazda 3 3 existe principalement sous deux silhouettes : une compacte cinq portes de 4,46 m environ et une berline tricorps quatre portes, plus longue.

Une Mazda 3 entièrement pensée autour de SKYACTIV

La troisième génération arrive à un moment important de l’histoire de Mazda 3. Sur sa devancière, certaines technologies SKYACTIV avaient commencé à apparaître, mais le modèle de 2013 est développé dès l’origine autour de cette stratégie. Mazda cherche alors à réduire la masse et les consommations tout en conservant des moteurs thermiques conventionnels et un comportement routier dynamique.

La Mazda 3 3 devient le troisième véhicule de cette nouvelle vague après le Mazda CX-5 et la Mazda6. Elle associe ainsi SKYACTIV-Body pour la structure, SKYACTIV-Chassis pour les trains roulants, les moteurs SKYACTIV-G et SKYACTIV-D ainsi que les transmissions SKYACTIV-MT et SKYACTIV-Drive. Cette approche globale distingue nettement la voiture de la génération précédente.

La production commence en juin 2013 dans l’usine de Hofu, au Japon. Mazda élargit rapidement son dispositif industriel : la nouvelle usine de Salamanca, au Mexique, commence à fabriquer la Mazda3 en janvier 2014, avant que d’autres sites en Thaïlande et en Chine participent également à sa production. Cette implantation internationale reflète l’importance commerciale du modèle, qui représente alors une part considérable des ventes mondiales de Mazda.

Le design KODO donne une nouvelle identité à la compacte

La Mazda 3 3 adopte le langage stylistique KODO, ou Soul of Motion, déjà installé sur les modèles Mazda de nouvelle génération. Son capot paraît relativement long pour une compacte à moteur transversal, tandis que l’habitacle est visuellement rejeté vers l’arrière. La grande calandre caractéristique de la marque est soulignée par un élément chromé rejoignant les projecteurs effilés.

Avec 2,70 m d’empattement, la voiture possède des proportions plus élancées que sa devancière. La cinq portes mesure environ 4,46 m de long pour 1,795 m de large. La berline quatre portes porte la longueur à environ 4,58 m tout en conservant le même empattement. Les deux carrosseries partagent leur identité générale, mais leur partie arrière est profondément différente : hayon court et poupe ramassée pour la cinq portes, coffre séparé et profil plus classique pour la Sedan.

L’habitacle évolue tout autant. La planche de bord privilégie une architecture horizontale tournée vers le conducteur. Selon les finitions, un écran central installé au sommet de la planche de bord donne accès au système Mazda Connect, également appelé MZD Connect sur certains marchés. Une commande rotative placée sur la console centrale permet de limiter les manipulations de l’écran pendant la conduite. Les versions supérieures peuvent également recevoir un affichage tête haute.

Des moteurs atmosphériques à contre-courant du downsizing

En Europe, Mazda adopte une stratégie mécanique assez singulière. À une époque où de nombreux constructeurs généralisent les petits moteurs essence turbocompressés, la marque conserve des blocs atmosphériques de cylindrée relativement élevée. Le SKYACTIV-G 1.5 développe 100 ch, tandis que le 2.0 est notamment proposé avec 120 ou 165 ch. L’injection directe et un taux de compression élevé participent à la recherche de rendement sans recourir à la suralimentation.

La gamme comprend également le diesel SKYACTIV-D 2.2 de 150 ch et 380 Nm, auquel s’ajoute ultérieurement un SKYACTIV-D 1.5 de 105 ch sur plusieurs marchés européens. Les moteurs peuvent être associés à une boîte manuelle SKYACTIV-MT à six rapports ou, suivant les versions, à l’automatique SKYACTIV-Drive à six rapports. Les Mazda3 européennes sont à traction avant.

Le châssis repose sur des jambes McPherson à l’avant et un essieu multibras à l’arrière, avec direction assistée électrique. Cette architecture compte parmi les différences techniques intéressantes avec la génération suivante. La Mazda 3 4, dévoilée en 2018, adoptera en effet une nouvelle plateforme et une conception différente de son train arrière.

Fiche technique de la Mazda 3 3

CaractéristiqueDonnées
GénérationTroisième génération, BM puis évolution BN
Lancement2013
Carrosseries5 portes à hayon, berline 4 portes selon marché
ArchitectureMoteur transversal avant, traction avant en Europe
Essence 1.5 SKYACTIV-G1 496 cm3, 100 ch, 150 Nm
Essence 2.0 SKYACTIV-G1 998 cm3, 120 ou 165 ch, 210 Nm
Diesel 1.5 SKYACTIV-D105 ch, 270 Nm, introduit ultérieurement en Europe
Diesel 2.2 SKYACTIV-D2 191 cm3, 150 ch, 380 Nm
Boîte manuelleSKYACTIV-MT, 6 rapports
Boîte automatiqueSKYACTIV-Drive, 6 rapports selon version
Suspension avantJambes McPherson
Suspension arrièreMultibras
DirectionCrémaillère à assistance électrique
FreinsDisques ventilés avant, disques arrière sur les principales versions européennes
Roues16 ou 18 pouces selon finition, notamment 215/45 R18 sur certaines versions
Longueur 5 portesEnviron 4 460 mm
Longueur berline 4 portesEnviron 4 580 mm
Largeur1 795 mm
HauteurEnviron 1 450 à 1 465 mm selon version et mesure
Empattement2 700 mm
PoidsEnviron 1 190 à 1 330 kg selon carrosserie, moteur et équipement
Coffre 5 portesEnviron 364 l, jusqu’à 1 263 l sièges rabattus selon données européennes
Coffre berlineEnviron 419 l
RéservoirEnviron 51 l sur les principales versions européennes
2.0 SKYACTIV-G 1650 à 100 km/h en 8,2 s, 210 km/h
2.2 SKYACTIV-D 1500 à 100 km/h autour de 8,1 s, jusqu’à 210 km/h selon configuration

Une gamme européenne sans nouvelle MPS

La hiérarchie européenne repose davantage sur les combinaisons de moteurs et de niveaux d’équipement que sur une multiplication des dérivés sportifs. Le 2.0 SKYACTIV-G de 165 ch constitue notamment une proposition essence plus performante, mais reste une version routière conventionnelle. Contrairement aux générations précédentes, cette Mazda3 ne donnera pas naissance à une nouvelle Mazda 3 MPS de série. Il faut donc éviter d’assimiler une Mazda3 III 2.0 de 165 ch à une héritière directe de la compacte turbocompressée MPS.

Les équipements technologiques prennent en revanche davantage d’importance. Certaines finitions disposent du système de récupération d’énergie i-ELOOP, qui emploie un condensateur pour récupérer rapidement de l’énergie lors des décélérations. Les dispositifs regroupés sous l’appellation i-ACTIVSENSE peuvent inclure différentes aides à la conduite et fonctions de sécurité, avec un contenu variable selon le millésime et le niveau de finition.

Cette stratégie rapproche la Mazda3 des autres modèles contemporains de la marque. La Mazda 6 3 suit la même logique en associant design KODO, moteurs SKYACTIV et recherche de réduction de masse plutôt qu’une généralisation du downsizing. Mazda donne ainsi à ses différentes gammes une identité technique et esthétique beaucoup plus cohérente qu’au cours de la décennie précédente.

Le restylage de 2016 et le G-Vectoring Control

En 2016, Mazda fait évoluer sa compacte sans bouleverser son apparence. Les changements extérieurs restent mesurés, avec notamment des retouches apportées à la face avant et à certains détails de finition. L’habitacle reçoit également plusieurs modifications selon les marchés, tandis que certaines versions adoptent un frein de stationnement électrique et une présentation modernisée.

L’évolution la plus significative concerne le comportement routier avec l’arrivée du G-Vectoring Control. Ce dispositif fait partie de la stratégie SKYACTIV-VEHICLE DYNAMICS. En fonction des actions du conducteur sur le volant, l’électronique ajuste très légèrement le couple moteur afin d’agir sur les transferts de charge et de rendre les réactions du véhicule plus progressives. La Mazda3, alors encore appelée Axela au Japon, compte parmi les premiers modèles utilisés par Mazda pour déployer cette technologie en série.

Cette mise à jour est parfois désignée par le code BN, mais elle ne constitue pas une nouvelle génération. La silhouette, l’architecture fondamentale et la famille de moteurs restent celles de la Mazda 3 3 lancée en 2013. Cette distinction est importante sur le marché de l’occasion, où les appellations BM, BN, phase 1 et phase 2 peuvent se côtoyer.

Une génération produite à l’échelle mondiale

La Mazda3 possède déjà une forte dimension internationale lorsque cette troisième génération apparaît. Quelques mois après son lancement, en janvier 2014, la nouvelle usine Mazda de Salamanca au Mexique commence sa production avec une Mazda3 Sedan destinée au marché américain. Hofu reste parallèlement un site majeur au Japon, tandis que la fabrication s’étend à la Thaïlande et à la Chine.

Il n’existe pas de chiffre officiel simple permettant d’isoler proprement le volume mondial de la seule troisième génération sur toute sa carrière. Un jalon permet toutefois de mesurer le poids industriel de la lignée : en janvier 2014, Mazda annonce avoir produit quatre millions de Mazda3 depuis l’apparition du modèle en 2003. À cette date, la troisième génération vient seulement d’entamer sa carrière et la Mazda3 représente environ 30 % du volume annuel de la marque.

À partir de la fin 2018, Mazda engage son remplacement par une quatrième génération profondément renouvelée. La Mazda 3 3 reste ainsi associée à la période durant laquelle KODO et SKYACTIV sont devenus les deux piliers de l’identité moderne du constructeur, avec une compacte qui privilégiait encore les moteurs essence atmosphériques, une suspension arrière multibras et une conception relativement conventionnelle avant la nouvelle rupture technique opérée par sa remplaçante.