Une grande berline née du Japon des années 1990
La Mitsubishi Diamante apparaît en 1990 dans une période particulièrement favorable aux grandes berlines japonaises. Présentée au Tokyo Motor Show de 1989, elle est commercialisée au Japon en mai 1990 avec une ambition claire : proposer à Mitsubishi une automobile familiale haut de gamme, technologiquement avancée et plus imposante que les modèles traditionnels de la marque.
Son développement s’inscrit dans les changements du marché japonais consécutifs à la réforme fiscale de 1989. Les automobiles dépassant certaines dimensions et cylindrées deviennent plus accessibles commercialement, ce qui encourage les constructeurs à développer des modèles plus larges. Mitsubishi profite de cette évolution pour créer une voiture située au-dessus de la Galant dans la gamme. Le projet est notamment associé à Masato Kojima, responsable de la planification du produit.
La Diamante adopte dès l’origine une silhouette de berline hardtop à quatre portes. Ses vitres sans encadrement et l’absence de montant central visible lui donnent une allure particulièrement basse et fluide. La gamme repose alors exclusivement sur des moteurs V6, tandis que la voiture reçoit une dotation électronique inhabituelle pour son époque.
Cette nouvelle grande berline connaît rapidement une reconnaissance nationale. Avec sa proche dérivée Mitsubishi Sigma, elle remporte le Japan Car of the Year 1990-1991. La Diamante est ensuite proposée sur plusieurs marchés internationaux, notamment en Amérique du Nord, tandis que l’Europe reçoit principalement la Sigma sous une forme de carrosserie différente.
Deux générations et une gamme internationale complexe
La première génération constitue la période la plus originale de la Diamante. Elle utilise une architecture à moteur transversal et traction avant, avec une transmission intégrale disponible sur certaines versions japonaises. Mitsubishi propose également des systèmes sophistiqués comme les quatre roues directrices, l’ABS, le contrôle de traction et une suspension pilotée. Les versions regroupant une partie de ces technologies sont notamment commercialisées sous les appellations Active Four et Active Two.
La relation avec la Sigma mérite d’être distinguée. La Sigma n’est pas simplement une Diamante rebadgée : lancée en novembre 1990, elle dérive étroitement de la même famille technique mais adopte une carrosserie de berline conventionnelle, avec des montants de portes et une configuration de vitrage différente. Cette variante prend une importance particulière en Europe, où la Diamante hardtop est beaucoup moins représentée.
La gamme évolue également avec l’apparition d’une Diamante Wagon en 1993. Ce break est produit en Australie et illustre l’internationalisation du modèle. L’Australie joue ensuite un rôle important dans l’histoire de la Diamante, puisque les Mitsubishi Magna et Verada locales servent de base à plusieurs versions exportées de la grande berline.
La seconde génération arrive en janvier 1995. La carrosserie est entièrement renouvelée et la voiture adopte une présentation plus conventionnelle, tout en conservant son positionnement haut de gamme. L’évolution mécanique s’accompagne d’une suspension multibras aux quatre roues et de nouvelles technologies électroniques. La boîte automatique INVECS-II à cinq rapports avec gestion électronique et mode Sport constitue l’une des principales nouveautés.
La seconde génération reçoit aussi des motorisations plus sophistiquées. Certaines versions japonaises utilisent le système MIVEC, tandis que le 2,5 litres MVV exploite une technologie de combustion pauvre destinée à réduire la consommation. Des moteurs V6 de 3,0 et 3,5 litres sont également proposés suivant les versions et les marchés. La production japonaise se poursuit jusqu’en 2005, même si les volumes deviennent progressivement très faibles.
Des V6 et une technologie particulièrement ambitieuse
La première Diamante se distingue par son choix mécanique. Les moteurs sont des V6 essence, avec notamment des cylindrées de 2,0, 2,5 et 3,0 litres. Le 6G71 de 2,0 litres, le 6G73 de 2,5 litres et le 6G72 de 3,0 litres apparaissent selon les années et les marchés. Les puissances évoluent fortement avec les changements de culasse, d’alimentation et de réglementation, ce qui interdit de retenir une valeur unique pour l’ensemble de la génération.
La technologie constitue cependant le véritable trait distinctif du modèle. Mitsubishi développe un ensemble électronique baptisé MICS, pour Mitsubishi Integrated Communications System. Il peut notamment mémoriser et ajuster plusieurs paramètres liés au conducteur, dans une logique qui préfigure certains systèmes de personnalisation apparus beaucoup plus tard sur les automobiles modernes.
La Diamante peut aussi recevoir le système Active Four, qui associe selon la configuration transmission intégrale, quatre roues directrices, ABS et dispositifs électroniques de contrôle du comportement. Sur les versions à deux roues motrices, l’Active Two regroupe une partie des équipements de sécurité et de contrôle disponibles dans la gamme.
La seconde génération poursuit cette recherche technologique. Certaines versions reçoivent le V6 3,0 litres MIVEC, dont la puissance atteint 270 PS dans la Diamante 30M-SE japonaise. Le modèle bénéficie également de l’INVECS-II et, sur les versions les mieux équipées, du Preview Distance Control. Ce dispositif utilise notamment un radar laser et une caméra CCD pour surveiller la distance avec le véhicule précédent.
Fiche technique de la Mitsubishi Diamante
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Architecture | Moteur transversal avant, traction avant selon configuration |
| Moteurs principaux | V6 essence 2,0 l, 2,5 l et 3,0 l sur la première génération ; V6 2,5 l, 3,0 l et 3,5 l selon versions sur la seconde |
| Alimentation | Injection électronique ; technologies MVV et MIVEC sur certaines versions |
| Puissance | Environ 122 à 207 ch sur certaines versions de première génération ; jusqu’à 270 PS pour la 30M-SE de seconde génération |
| Couple | Environ 172 Nm pour certains 2,0 l, 222 Nm pour certains 2,5 l et 270 Nm pour certains 3,0 l de première génération ; jusqu’à environ 304 Nm sur certaines versions MIVEC |
| Transmission | Traction avant ; transmission intégrale disponible selon version |
| Boîtes | Manuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports sur plusieurs versions de première génération ; automatique 5 rapports INVECS-II sur certaines secondes générations |
| Suspension avant | Jambes McPherson sur la première génération ; architecture multibras sur la seconde génération |
| Suspension arrière | Multibras sur les versions à deux roues motrices de première génération ; architecture spécifique sur les versions 4WD ; multibras sur la seconde génération |
| Direction | Direction assistée ; quatre roues directrices disponible selon version |
| Freins | Freins à disque aux quatre roues ; ABS disponible selon version |
| Roues | Montes variables selon finition et marché, avec notamment des roues de 14 pouces sur certaines versions |
| Longueur | 4 740 mm pour la première génération japonaise de référence ; dimensions variables selon carrosserie et marché |
| Largeur | 1 775 mm pour la première génération japonaise de référence |
| Hauteur | 1 410 mm pour la première génération japonaise de référence |
| Empattement | Environ 2 720 mm sur certaines versions de seconde génération |
| Poids | Variable selon moteur, transmission et équipement ; environ 1 510 kg pour une Diamante 30M de 1995 |
| Performances | Variables selon moteur et marché ; la 30M-SE japonaise atteint 270 PS |
| Carrosserie | Berline quatre portes hardtop pour la première génération ; berline et dérivés selon marché |
Une berline haut de gamme face aux autres Mitsubishi
Dans la gamme Mitsubishi, la Diamante occupe une position sensiblement supérieure à celle de la Mitsubishi Galant. La Galant reste une familiale plus compacte, tandis que la Diamante vise les clients recherchant davantage d’espace, de puissance et d’équipements. Cette hiérarchie permet de comprendre pourquoi Mitsubishi associe à la Diamante des technologies alors encore inhabituelles sur une berline de grande série.
Elle prend également la relève d’une tradition de grandes Mitsubishi. La Mitsubishi Debonair avait longtemps représenté le haut de gamme de la marque, mais son positionnement et sa clientèle diffèrent de ceux de la Diamante. La nouvelle berline répond davantage aux transformations du marché japonais du début des années 1990 et à la montée en puissance des grandes automobiles japonaises modernes.
La Mitsubishi Sapporo permet également de replacer la Diamante dans l’évolution des grandes automobiles de tourisme de Mitsubishi. La Sapporo appartient à une génération antérieure de modèles où les berlines et coupés haut de gamme occupaient encore des rôles distincts. Avec la Diamante, Mitsubishi privilégie une grande berline technologique capable de couvrir plusieurs marchés.
Production, marchés et fin de carrière
La production japonaise est principalement associée à l’usine Mitsubishi de Nagoya. La production australienne devient parallèlement déterminante pour les versions dérivées des Magna et Verada, notamment lorsque ces modèles servent de base à certaines Diamante destinées à l’exportation. Cette diversité explique une partie des écarts observés dans les dimensions, les motorisations et les équipements des voitures portant le nom Diamante.
La commercialisation internationale commence rapidement après le lancement japonais. En Amérique du Nord, la Diamante arrive pour l’année-modèle 1992 et conserve un positionnement de grande berline relativement haut de gamme. En Europe, la situation est différente puisque la Sigma représente principalement cette famille de modèles. La voiture reste donc beaucoup moins courante sur le marché français que son nom pourrait le laisser penser.
Les volumes japonais diminuent fortement au début des années 2000. À l’usine de Nagoya, la production de Diamante recensée par Mitsubishi passe de 8 279 unités en 1999 à 4 406 en 2000, puis 2 745 en 2001, 1 892 en 2002 et seulement 1 347 en 2003. Ces chiffres concernent la production japonaise et ne constituent pas un total mondial du modèle.
La Diamante disparaît progressivement des différents marchés au début des années 2000. Sa production japonaise prend fin en 2005, après quinze années d’existence. Aucun modèle unique ne reprend exactement son rôle dans la gamme Mitsubishi, la marque ayant progressivement réduit sa présence dans le segment des grandes berlines.
Un style immédiatement reconnaissable
La première génération reste la plus distinctive visuellement. Son long capot, sa ligne de caisse basse, son pavillon fuyant et ses portes sans encadrement donnent à la berline une silhouette proche de celle d’un grand coupé. La largeur importante de la carrosserie renforce encore cette impression. La face avant adopte un dessin sobre et anguleux caractéristique du début des années 1990, tandis que la poupe conserve une forme classique à trois volumes.
La seconde génération abandonne une partie de cette singularité au profit d’un dessin plus conventionnel. Elle gagne en longueur et en largeur, tout en conservant les proportions d’une grande berline à moteur transversal. Les versions haut de gamme se reconnaissent notamment à leur équipement très fourni, aux motorisations V6 les plus puissantes et aux dispositifs électroniques avancés.
La Diamante reste ainsi indissociable de la période où Mitsubishi cherchait à démontrer son savoir-faire technologique sur une grande voiture de série. Entre ses V6, ses quatre roues directrices, ses transmissions intégrales, ses systèmes électroniques et ses solutions d’aide à la conduite, elle constitue l’une des expressions les plus ambitieuses de la marque dans le segment des grandes berlines japonaises des années 1990.




