Le Daihatsu Taft est un petit crossover japonais lancé le 10 juin 2020, conçu pour associer les dimensions réduites d’une kei car à une présentation inspirée des véhicules tout-terrain. Avec sa carrosserie cubique, ses protections noires et son toit vitré panoramique, il se distingue des citadines traditionnelles tout en respectant les contraintes réglementaires de sa catégorie. Commercialisé principalement au Japon, il repose sur la plateforme DNGA de Daihatsu et propose deux motorisations essence, une transmission automatique et, selon les versions, quatre roues motrices.
Le nom Taft possède toutefois une histoire plus ancienne. Daihatsu l’avait déjà utilisé pour un véritable véhicule tout-terrain dans les années 1970. Le modèle de 2020 reprend cette appellation et une partie de son esprit esthétique, mais adopte une conception radicalement différente, davantage adaptée aux déplacements quotidiens qu’au franchissement difficile.
Origines et lancement du Daihatsu Taft en 2020
Le Taft moderne apparaît dans un contexte de popularité croissante des kei cars à l’allure de SUV sur le marché japonais. Cette catégorie bénéficie d’un cadre réglementaire particulier, imposant notamment une longueur maximale de 3,40 mètres, une largeur de 1,48 mètre et une cylindrée limitée à 660 cm³. Ces contraintes encouragent les constructeurs à rechercher une utilisation particulièrement efficace de l’espace disponible.
Daihatsu possède une longue expérience dans ce domaine, notamment avec la Daihatsu Mira, qui illustre son savoir-faire dans les petites voitures économiques. Avec le Taft, le constructeur conserve les avantages du format kei car tout en adoptant une carrosserie haute et une identité visuelle plus aventureuse.
Le projet est annoncé en décembre 2019 sous la forme du Taft Concept, présenté au Tokyo Auto Salon en janvier 2020. Ce prototype dévoile déjà les principales caractéristiques du futur véhicule : silhouette anguleuse, grandes surfaces vitrées, protections de carrosserie et habitacle pensé pour les loisirs. Le dessin du modèle de série reste proche de celui du concept.
Les précommandes japonaises ouvrent le 1er avril 2020, avant la commercialisation officielle du 10 juin. Le Taft devient alors le troisième modèle développé dans le cadre de la démarche Daihatsu New Global Architecture, ou DNGA, après le Tanto et le Rocky lancés en 2019. Cette approche vise notamment à rationaliser les composants, améliorer la rigidité structurelle et optimiser le comportement routier des petites voitures de la marque.
Son nom est présenté comme l’acronyme de Tough & Almighty Fun Tool, une expression destinée à souligner sa polyvalence. Daihatsu ne cherche pas à créer un véhicule de franchissement spécialisé, mais une voiture compacte capable d’accompagner les activités quotidiennes et les déplacements de loisirs.
Le Taft occupe ainsi une position particulière dans la gamme. Le Daihatsu Rocky est un SUV plus grand, qui partage la philosophie industrielle DNGA sans appartenir à la catégorie des kei cars. Le Taft privilégie, lui, un encombrement minimal et une carrosserie adaptée aux rues étroites et aux espaces de stationnement japonais.
Un design de petit SUV avec un toit panoramique de série
Le Daihatsu Taft se reconnaît immédiatement à ses proportions très verticales. Son capot relativement horizontal, sa calandre étroite, ses projecteurs rectangulaires et son pavillon presque plat lui donnent une apparence robuste. Les passages de roue soulignés par des protections sombres accentuent cette impression, tandis que les porte-à-faux courts renforcent visuellement sa compacité.
La carrosserie compte cinq portes et repose sur un empattement de 2 460 mm. Malgré sa longueur limitée à 3 395 mm, le Taft présente une hauteur de 1 630 mm, ce qui favorise une position de conduite relativement élevée. Cette architecture permet également de dégager un espace intérieur appréciable au regard des dimensions extérieures.
Son équipement le plus caractéristique est le Sky Feel Top, une grande surface vitrée fixe située au-dessus des occupants avant. Présent de série dès le lancement, ce toit panoramique apporte davantage de lumière dans l’habitacle et augmente la sensation d’espace. Il ne s’agit cependant pas d’un toit ouvrant : la surface vitrée ne coulisse pas et ne permet pas une ventilation directe.
À bord, Daihatsu adopte une présentation fonctionnelle avec une planche de bord relativement verticale, des commandes accessibles et de nombreux rangements. Selon les finitions, l’habitacle reçoit des inserts colorés, une instrumentation numérique et différents équipements de confort. L’objectif est de conserver une ambiance pratique tout en donnant au véhicule une personnalité plus marquée que celle d’une citadine classique.
Le Taft est homologué pour quatre personnes. Son aménagement distingue clairement l’espace des passagers avant de la zone arrière, conçue pour être facilement transformée en espace de chargement. Les dossiers de la banquette peuvent être rabattus afin de transporter des objets encombrants, et les surfaces arrière sont pensées pour faciliter leur entretien.
Cette organisation traduit un compromis propre au véhicule. La carrosserie haute facilite l’accès et améliore l’impression d’espace, mais la largeur réglementaire limite nécessairement la place disponible aux épaules. Le Taft répond donc davantage aux besoins d’un conducteur seul, d’un couple ou d’une petite famille qu’à ceux d’un véhicule destiné à transporter régulièrement cinq personnes.
Motorisations, transmission et comportement
La gamme de lancement repose sur un moteur essence trois cylindres de 658 cm³, proposé en version atmosphérique ou turbocompressée. Les deux motorisations respectent les limites de cylindrée des kei cars japonaises et sont associées à une transmission automatique à variation continue.
Le moteur atmosphérique développe 52 ch DIN et convient principalement aux déplacements urbains et périurbains. La version turbo atteint 64 ch DIN, soit le plafond de puissance traditionnellement respecté par les constructeurs japonais dans cette catégorie. La différence entre les deux mécaniques ne se limite cependant pas aux douze chevaux supplémentaires.
La suralimentation apporte surtout davantage de couple à bas et moyen régime. Cette caractéristique peut rendre les accélérations plus faciles à doser lorsque la voiture transporte plusieurs occupants, aborde une côte ou doit s’insérer dans une circulation rapide. Le moteur atmosphérique conserve pour sa part une mécanique plus simple et répond aux besoins d’une utilisation essentiellement urbaine.
Les deux moteurs utilisent une transmission D-CVT. Cette boîte automatique associe le fonctionnement d’une transmission à variation continue à un dispositif mécanique supplémentaire destiné à améliorer son rendement dans certaines conditions. Elle évite les changements de rapport traditionnels et privilégie une conduite souple, particulièrement adaptée aux trajets avec arrêts fréquents.
Le Taft est disponible en traction avant ou en transmission intégrale. Les versions 4WD apportent une motricité supplémentaire sur les chaussées glissantes, enneigées ou sur les chemins peu difficiles. Elles ne transforment toutefois pas le véhicule en tout-terrain spécialisé : le Taft conserve une structure monocoque, des suspensions de petite voiture et une transmission conçue avant tout pour la polyvalence.
Cette distinction est importante face aux anciens modèles de la marque. Le Daihatsu Feroza, par exemple, appartient à une tradition de petits véhicules tout-terrain dotés d’une conception davantage orientée vers le franchissement. Le Taft moderne emprunte certains codes visuels de cet univers sans poursuivre les mêmes objectifs techniques.
La plateforme DNGA contribue à contenir la masse et à optimiser l’implantation des principaux composants. Les versions atmosphériques à deux roues motrices de lancement affichent ainsi environ 830 kg à vide. Les déclinaisons intégrales sont plus lourdes, notamment en raison des éléments mécaniques nécessaires à l’entraînement des roues arrière.
Fiche technique du Daihatsu Taft
| Caractéristique | Daihatsu Taft (2020) |
|---|---|
| Constructeur | Daihatsu, Japon |
| Lancement commercial | 10 juin 2020 |
| Catégorie | Kei car, crossover urbain |
| Carrosserie | 5 portes, 4 places |
| Plateforme | DNGA |
| Structure | Monocoque autoporteuse |
| Codes de modèle | LA900S (2WD), LA910S (4WD) |
| Implantation moteur | Avant transversale |
| Moteur | 3 cylindres essence KF, atmosphérique ou turbo |
| Cylindrée | 658 cm³ |
| Distribution | Double arbre à cames en tête, 12 soupapes |
| Alimentation | Injection électronique, turbocompresseur selon version |
| Puissance atmosphérique | 52 ch DIN (38 kW) à 6 900 tr/min |
| Couple atmosphérique | 60 Nm à 3 600 tr/min |
| Puissance turbo | 64 ch DIN (47 kW) |
| Boîte de vitesses | Automatique D-CVT |
| Transmission | Traction avant ou 4 roues motrices |
| Suspension avant | Jambes de force MacPherson |
| Direction | Assistée électrique |
| Freinage | Disques avant, tambours arrière |
| Pneumatiques | 165/65 R15 |
| Longueur | 3 395 mm |
| Largeur | 1 475 mm |
| Hauteur | 1 630 mm |
| Empattement | 2 460 mm |
| Voie avant | 1 300 mm |
| Voie arrière | 1 295 mm en 2WD, 1 265 mm sur la version X 4WD de lancement |
| Dimensions intérieures (L x l x h) | 2 050 x 1 305 x 1 270 mm |
| Masse à vide | 830 kg en X/G atmosphérique 2WD, 880 kg en X 4WD de lancement |
| Consommation WLTC | 20,6 à 21,4 km/L sur certaines versions 2026 documentées, soit environ 4,7 à 4,9 L/100 km |
| Toit | Sky Feel Top vitré fixe de série |
| Prix neuf au lancement | 1 353 000 à 1 732 500 yens TTC au Japon |
Versions, équipements et évolutions de la gamme
Au lancement, Daihatsu organise sa gamme autour de trois finitions principales : X, G et G Turbo. Les versions X et G utilisent le moteur atmosphérique, tandis que la G Turbo reçoit la motorisation suralimentée. Chacune est proposée avec deux ou quatre roues motrices, ce qui permet de choisir entre coût d’acquisition, équipement et motricité.
La finition X constitue l’accès à la gamme sans renoncer à l’identité du véhicule, notamment à son toit vitré de série. La finition G enrichit la dotation et la présentation, tandis que la G Turbo associe un équipement supérieur à la mécanique la plus puissante. Cette hiérarchie initiale évolue ensuite avec l’arrivée d’autres configurations, notamment X Turbo.
Le Taft reçoit dès ses débuts des équipements d’assistance à la conduite regroupés sous l’appellation Smart Assist. Selon les versions, ils comprennent notamment le freinage automatique d’urgence, la reconnaissance de certains obstacles et des fonctions d’aide à la conduite. Le constructeur améliore également la capacité de détection des piétons dans des conditions de faible luminosité.
Le frein de stationnement électrique constitue une autre particularité notable lors du lancement. Cet équipement, encore peu répandu sur certaines petites voitures japonaises à cette époque, libère de l’espace dans l’habitacle et s’intègre à différentes fonctions d’assistance. Les équipements disponibles restent néanmoins dépendants de la finition et du millésime.
Au fil de sa carrière, le Taft accueille plusieurs déclinaisons à présentation spécifique. Les éditions Rugged Venture accentuent son apparence robuste avec des éléments décoratifs et des finitions particulières. Les versions Active Mode développent également une identité tournée vers les loisirs. Ces appellations correspondent à des variantes d’équipement et de style, non à une nouvelle génération technique.
Le 21 novembre 2024, Daihatsu annonce une révision de certaines spécifications et de ses tarifs. La fourchette officielle passe alors de 1 386 000 à 1 886 500 yens selon les versions. Le catalogue de juillet 2026 confirme la poursuite de la commercialisation, avec plusieurs motorisations et finitions toujours proposées.
Le Taft conserve ainsi sa place parmi les kei cars à présentation crossover. À titre de comparaison, le Daihatsu Move privilégie une silhouette de petite voiture haute orientée vers l’habitabilité et les usages familiaux. Le Taft adopte une approche plus expressive, avec son capot marqué, son toit vitré et ses protections de carrosserie.
Consommation, polyvalence et place sur le marché japonais
Le Daihatsu Taft a été conçu principalement pour les conditions de circulation japonaises. Sa faible largeur facilite les déplacements dans les rues étroites, tandis que sa longueur inférieure à 3,40 mètres réduit les contraintes de stationnement. La position de conduite surélevée et les surfaces vitrées participent également à la visibilité depuis l’habitacle.
La consommation constitue un autre élément important de son positionnement. Sur certaines versions commercialisées en 2026, les valeurs homologuées en cycle WLTC se situent entre 20,6 et 21,4 km/L. Exprimées dans l’unité couramment utilisée en France, elles correspondent à environ 4,9 à 4,7 L/100 km. Ces chiffres concernent des configurations précises et représentent des résultats d’homologation, non des mesures en circulation réelle.
Le choix entre traction et transmission intégrale entraîne des conséquences pratiques. Une version 2WD limite généralement la masse et la complexité mécanique, ce qui favorise l’efficacité énergétique. Une version 4WD privilégie la motricité lorsque les conditions d’adhérence deviennent difficiles. Pour un usage essentiellement urbain, les avantages de la transmission intégrale sont donc moins déterminants que dans les régions régulièrement enneigées.
Le moteur turbo répond à une autre logique. Sa réserve de couple facilite les déplacements lorsque le véhicule est chargé ou lorsqu’il doit maintenir son allure sur une route vallonnée. Le moteur atmosphérique demeure cohérent avec une utilisation quotidienne à vitesse modérée. Le choix dépend davantage du relief et du type de parcours que de la seule différence de puissance maximale.
La polyvalence du Taft repose également sur son aménagement arrière. La banquette rabattable permet d’adapter l’espace disponible aux bagages, aux équipements sportifs ou aux objets utilisés pendant les loisirs. Cette modularité ne remplace pas le volume d’un véhicule plus grand, mais elle exploite efficacement une carrosserie particulièrement courte.
Le Taft se distingue ainsi du Daihatsu Terios, autre petit SUV de la marque, qui appartient à une catégorie supérieure et répond à des besoins de transport différents. Le Taft reste avant tout une voiture japonaise de format réglementé, conçue autour de la compacité, de l’économie d’utilisation et de la facilité de conduite.
Son positionnement commercial est également spécifique au Japon. Daihatsu annonce au lancement un objectif de 4 000 ventes mensuelles, avec des prix compris entre 1 353 000 et 1 732 500 yens TTC. Ce positionnement le place parmi les véhicules neufs accessibles du marché japonais, tout en permettant aux versions les mieux équipées de proposer des prestations relativement élaborées pour une kei car.
Contrairement aux petites Daihatsu historiquement commercialisées dans plusieurs pays européens, le Taft moderne n’a pas bénéficié d’une distribution officielle généralisée en France. Son intérêt sur le marché français concerne donc principalement les amateurs de véhicules japonais et les éventuelles importations individuelles. Dans ce dernier cas, les démarches d’immatriculation, la conformité technique et la disponibilité des pièces spécifiques doivent être examinées avant l’achat.
La poursuite de sa commercialisation au Japon en 2026 témoigne de la stabilité de son concept initial. Plutôt que de modifier profondément sa carrosserie, Daihatsu a privilégié les évolutions d’équipement, les présentations spéciales et les ajustements de gamme. Le Sky Feel Top, la carrosserie cubique et le format kei car demeurent les éléments centraux de son identité commerciale.
