Mazda Bt-50

Mazda Bt-50

Le Mazda Bt-50 apparaît en 2006 comme le nouveau pick-up de la marque japonaise. Conçu pour combiner capacités utilitaires, transmission tout-terrain et présentation plus proche d’une voiture particulière, il prend la relève de la Mazda B-Series. Derrière un même nom se cachent toutefois trois générations assez différentes : les deux premières sont étroitement liées au Ford Ranger de leur époque, tandis que la troisième, dévoilée en 2020, repose sur une base Isuzu D-Max.

Le remplaçant du Mazda B-Series en 2006

Mazda annonce officiellement l’appellation BT-50 en mars 2006, quelques jours avant la première mondiale du modèle au Bangkok International Motor Show. La production avait débuté dès février dans l’usine AutoAlliance Thailand de Rayong, coentreprise alors détenue par Mazda et Ford. Le nouveau pick-up doit remplacer progressivement les B-Series et B2500, des utilitaires dont la filiation remonte à plusieurs décennies.

Le choix du nom marque lui aussi une rupture. Mazda explique alors que les lettres « BT » font référence à l’héritage de ses B-Series Trucks. Le nombre 50 participe à la nouvelle identité du véhicule sans désigner sa cylindrée. Le BT-50 reste avant tout un pick-up d’environ une tonne de charge utile, proposé suivant les marchés en propulsion ou avec transmission 4×4.

Son lancement intervient pendant une période de profond renouvellement de Mazda. Le constructeur développe parallèlement des véhicules plus routiers, comme le Mazda CX-7. La différence technique est fondamentale : là où le CX-7 adopte une conception de SUV privilégiant le comportement routier et le confort, le BT-50 conserve un châssis séparé et une architecture pensée pour la charge, le remorquage et les terrains difficiles.

Un pick-up décliné pour le travail et les loisirs

La première génération existe sous plusieurs formes. Selon les pays, Mazda commercialise des versions simple cabine, cabine allongée Freestyle et double cabine, auxquelles s’ajoutent certaines configurations châssis-cabine destinées aux professionnels. Cette diversité explique les différences importantes de longueur, de masse et de charge utile rencontrées entre les fiches techniques du BT-50.

En Europe, le moteur emblématique est le quatre cylindres turbodiesel 2,5 litres MZR-CD à injection directe common rail. Il développe 143 ch et 330 Nm, une valeur de couple adaptée à un utilitaire appelé à transporter ou tracter de lourdes charges. Une motorisation diesel 3,0 litres est également proposée sur certains marchés internationaux, mais elle ne correspond pas à l’offre européenne la plus courante.

L’architecture reste classique pour un pick-up de cette catégorie. Le moteur est implanté longitudinalement à l’avant, avec propulsion ou transmission intégrale enclenchable suivant la version. À l’arrière, l’essieu rigide associé à des ressorts à lames privilégie la robustesse et la capacité de charge. Les versions 4×4 disposent d’une garde au sol supérieure à 200 mm et peuvent recevoir une gamme de rapports courts pour évoluer à faible vitesse sur terrain difficile.

Avec sa carrosserie dépassant cinq mètres sur certaines versions, le BT-50 double cabine ne cherche pas à se substituer à un SUV familial. Mazda propose d’ailleurs à la même époque le Mazda CX-9 sur plusieurs marchés : le CX-9 privilégie l’espace pour les passagers et l’usage routier, alors que le BT-50 conserve une benne indépendante et des solutions mécaniques directement dictées par sa vocation utilitaire.

Fiche technique de la Mazda Bt-50

CaractéristiqueMazda BT-50 I 2.5 MZR-CD
PériodeÀ partir de 2006
TypePick-up / châssis-cabine selon version
Architecture moteur4 cylindres en ligne turbodiesel, longitudinal avant
Cylindrée2 499 cm3
AlimentationInjection directe common rail, turbocompresseur
Puissance143 ch (105 kW) à 3 500 tr/min
Couple330 Nm à 1 800 tr/min
Boîte de vitessesManuelle à 5 rapports sur les versions européennes documentées
TransmissionPropulsion 4×2 ou 4×4 enclenchable selon version
StructureChâssis séparé en acier
Suspension avantRoues indépendantes, doubles triangles et barres de torsion
Suspension arrièreEssieu rigide et ressorts à lames
DirectionCrémaillère à assistance hydraulique
FreinsDisques ventilés avant, tambours arrière
LongueurEnviron 4,85 à 5,08 m selon carrosserie
LargeurEnviron 1,81 m
HauteurEnviron 1,75 à 1,76 m sur plusieurs versions 4×4
Empattement3,00 m sur les versions pick-up documentées
Masse à videEnviron 1 850 à 1 920 kg selon version
Charge utileJusqu’à environ 1 235 kg selon configuration
Vitesse maximaleJusqu’à environ 170 km/h selon version
Consommation mixteEnviron 8,3 à 9,3 l/100 km selon carrosserie et transmission
Réservoir70 litres sur les versions européennes documentées
Garde au solEnviron 205 à 207 mm sur plusieurs versions
Remorquage freinéJusqu’à 3 000 kg sur certaines versions
Pneumatiques235/75 R15 ou 245/70 R16 notamment, selon version

Un style plus automobile sans abandonner l’utilitaire

Le premier BT-50 conserve les proportions caractéristiques d’un pick-up traditionnel, avec un long capot, une cabine nettement séparée de la benne et des passages de roue marqués. Mazda cherche néanmoins à rompre avec l’apparence très fonctionnelle du B-Series. Les grands blocs optiques, la calandre intégrée au dessin de la face avant et les boucliers plus enveloppants lui donnent une identité plus proche des voitures particulières de la marque.

Cette évolution se poursuit dans l’habitacle. Le dessin de la planche de bord, les commandes et la présentation générale témoignent de la volonté de rendre le véhicule acceptable comme moyen de transport quotidien, particulièrement dans les variantes double cabine. Cela ne transforme pas sa nature : les ressorts à lames arrière, le châssis séparé et les dimensions imposantes rappellent que le confort sans charge et l’agilité ne constituent pas ses priorités premières.

Le BT-50 occupe ainsi un territoire différent de celui du Mazda Tribute, autre véhicule Mazda capable de répondre à des usages polyvalents au début des années 2000. Le Tribute appartient à la famille des SUV, tandis que le BT-50 reste construit autour des contraintes d’un véritable pick-up, notamment la benne, la charge utile et le remorquage.

La deuxième génération change d’échelle

Mazda présente un BT-50 entièrement renouvelé en octobre 2010 au salon automobile australien. Sa commercialisation débute ensuite progressivement, notamment en 2011 en Australie. Toujours développé dans le cadre de la coopération industrielle avec Ford, ce BT-50 partage sa base avec la génération T6 du Ranger, tout en adoptant une carrosserie profondément différenciée.

Le changement visuel est spectaculaire. Sous la direction du chief designer Ryo Yanagisawa, Mazda développe le thème « Sophisticated Beast ». Les ailes deviennent beaucoup plus sculptées, les projecteurs remontent vers les flancs et la face avant adopte un traitement plus proche des automobiles Mazda contemporaines. La séparation esthétique avec son cousin technique Ford devient donc beaucoup plus nette que sur la génération précédente.

Les évolutions mécaniques sont tout aussi importantes. Selon les marchés, la gamme comprend un quatre cylindres turbodiesel 2,2 litres de 110 kW et 375 Nm ainsi qu’un cinq cylindres 3,2 litres atteignant 147 kW et 470 Nm. Des boîtes manuelles et automatiques à six rapports sont disponibles. Certaines configurations peuvent remorquer jusqu’à 3 500 kg, ce qui place cette génération au niveau des nouveaux standards du segment.

Un restylage entre en production en Thaïlande en juillet 2015. Mazda modifie principalement la face avant, les blocs optiques, les roues et plusieurs éléments de l’habitacle. Une caméra de recul devient également disponible sur certaines versions. Les principales motorisations et architectures de carrosserie sont conservées, de sorte qu’il s’agit d’une évolution de la deuxième génération et non d’un nouveau BT-50.

Le BT-50 de 2020 passe de Ford à Isuzu

La troisième génération, dévoilée le 17 juin 2020, constitue la rupture technique la plus importante de l’histoire du modèle. Mazda ne s’appuie plus sur le Ford Ranger. Le nouveau BT-50 est développé dans le cadre d’un accord avec Isuzu et utilise désormais l’architecture du D-Max. Mazda conserve cependant la responsabilité de son identité visuelle afin de l’intégrer à son propre langage stylistique.

La carrosserie adopte ainsi une face avant immédiatement reconnaissable comme une Mazda moderne, avec une grande calandre encadrée de projecteurs fins et des surfaces nettement plus épurées que celles du modèle précédent. Cette génération illustre le statut particulier du BT-50 : son apparence reste propre à Mazda alors que son soubassement, ses motorisations et une partie essentielle de sa technologie proviennent désormais d’un autre constructeur.

La commercialisation débute en Australie au second semestre 2020 avant de s’étendre à d’autres marchés. Le BT-50 reste principalement destiné à l’Asie-Pacifique, à l’Océanie et à plusieurs marchés internationaux où les pick-up d’une tonne occupent une place importante. Cette orientation explique pourquoi les caractéristiques d’un BT-50 récent ne doivent pas être transposées au modèle européen de 2006 : malgré la continuité du nom, les trois générations correspondent à deux filiations techniques distinctes et à des offres fortement adaptées à chaque marché.