Mazda Roadster

Mazda Roadster

Le Mazda Roadster apparaît au Japon en janvier 1998 avec la deuxième génération du petit cabriolet Mazda. Cette appellation demande une précision importante : la première génération lancée en 1989 y était commercialisée sous le nom Mazda Eunos Roadster, tandis que Mazda adopte directement son propre nom de marque pour le modèle NB. Le Roadster de 1998 est donc à la fois la continuation d’une formule déjà bien établie et le premier à porter officiellement cette désignation Mazda sur son marché national.

À l’étranger, cette même famille est surtout connue sous le nom Mazda Mx-5, tandis que Miata constitue l’appellation familière et commerciale associée principalement à l’Amérique du Nord. Le Mazda Roadster n’est donc pas un modèle techniquement indépendant de la MX-5 : il s’agit de son identité japonaise, avec des motorisations, finitions et séries adaptées à ce marché.

Le passage de l’Eunos Roadster au Mazda Roadster

Lorsque Mazda développe la deuxième génération, l’objectif n’est pas de remettre en cause les principes qui ont fait le succès du modèle originel. La Mazda Mx-5 Na avait remis au goût du jour une formule devenue rare à la fin des années 1980 : deux places, moteur atmosphérique à l’avant, propulsion, boîte manuelle et masse contenue. La génération suivante conserve cette architecture et reste volontairement très proche du gabarit initial.

Takao Kijima prend une place centrale dans le développement de cette deuxième génération. Plutôt qu’une rupture, son équipe privilégie une évolution du concept. La carrosserie gagne en rigidité et en maturité, les équipements de sécurité progressent et l’utilisation quotidienne devient plus facile, tout en maintenant une architecture légère et une répartition des masses équilibrée. Cette continuité explique pourquoi les deux premières générations partagent une silhouette et des proportions immédiatement reconnaissables malgré des carrosseries différentes.

Le changement le plus visible concerne les projecteurs. Les phares escamotables de la première génération disparaissent au profit d’optiques fixes intégrées dans des ailes plus galbées. Cette solution répond notamment à des objectifs de poids, d’aérodynamique et de visibilité. Le dessin reste compact, avec un long capot relativement bas, un habitacle reculé et des porte-à-faux courts.

Au Japon, le lancement de janvier 1998 marque simultanément le changement de génération et celui de l’identité commerciale. À l’export, le NB conserve le nom MX-5 et devient la Mazda Mx-5 Nb. Cette différence de nomenclature explique qu’un Roadster japonais et une MX-5 NB européenne puissent être très proches sans avoir exactement la même gamme mécanique ou les mêmes équipements.

Deux moteurs et une architecture fidèle à la formule originale

Le marché japonais reçoit au lancement deux quatre-cylindres atmosphériques. Le 1,6 litre B6 de 1 597 cm3 développe 125 PS, tandis que le BP de 1 839 cm3 atteint 145 PS dans sa configuration japonaise initiale. Ces valeurs ne doivent pas être transposées automatiquement aux MX-5 vendues sur d’autres marchés, dont les homologations et configurations mécaniques peuvent différer.

Le moteur reste installé longitudinalement à l’avant et entraîne les roues arrière. Mazda conserve également le Power Plant Frame, structure reliant rigidement la transmission au différentiel afin de contribuer à la précision des réactions de la chaîne cinématique. La suspension indépendante à doubles triangles aux quatre roues demeure l’une des particularités techniques du NB. Cette architecture, relativement sophistiquée pour un petit roadster, privilégie le contrôle des mouvements de roue et la qualité du comportement plutôt que la recherche d’une puissance élevée.

Les boîtes manuelles à cinq rapports occupent une place importante dans la gamme, avec une automatique à quatre rapports disponible sur certaines versions. Une transmission manuelle à six rapports apparaît sur des déclinaisons plus sportives et des séries particulières. La 10th Anniversary, annoncée pour célébrer les dix ans de la lignée et commercialisée en 1999, fait partie des versions ayant contribué à diffuser cette boîte à six rapports.

Le Roadster évolue sensiblement pendant sa carrière. Le restylage intervenu autour de 2000 ne se limite pas à des retouches de présentation : Mazda renforce notamment la structure et fait évoluer le 1,8 litre. Sur le marché japonais, celui-ci peut atteindre 160 PS grâce notamment à une distribution variable S-VT. Les caractéristiques d’un exemplaire dépendent donc fortement de son année, de son moteur et de sa finition.

Fiche technique de la Mazda Roadster

CaractéristiqueMazda Roadster NB, spécifications japonaises
LancementJanvier 1998
Période de la génération1998-2005
CarrosserieRoadster 2 portes, 2 places, capote souple
ArchitectureMoteur avant longitudinal, propulsion
Moteur 1.64 cylindres atmosphérique B6, DOHC
Cylindrée 1.61 597 cm3
Puissance 1.6 au lancement125 PS
Couple 1.6Environ 142 Nm
Moteur 1.84 cylindres atmosphérique BP, DOHC
Cylindrée 1.81 839 cm3
Puissance 1.8 au lancement145 PS
Puissance 1.8 après évolutionJusqu’à 160 PS au Japon
TransmissionRoues arrière
BoîtesManuelle 5 rapports, manuelle 6 rapports selon version, automatique 4 rapports selon version
StructureMonocoque
Suspension avantIndépendante à doubles triangles
Suspension arrièreIndépendante à doubles triangles
DirectionÀ crémaillère
FreinsDisques avant et arrière, dimensions selon version
PneusJusqu’à 195/50 R15 sur certaines versions sportives
Longueur3 955 mm au lancement
Largeur1 680 mm
Hauteur1 235 mm
Empattement2 265 mm
Voie avantEnviron 1 405 mm sur la version japonaise de référence
Voie arrièreEnviron 1 430 mm sur la version japonaise de référence
PoidsEnviron 1 010 à 1 030 kg pour plusieurs versions manuelles initiales
RéservoirEnviron 48 litres selon version
Codes principaux au JaponNB6C pour le 1.6, NB8C pour le 1.8
ProductionEnviron 290 000 exemplaires pour la génération NB à l’échelle mondiale

Des versions sportives aux rares dérivés japonais

La carrière du NB est marquée par un nombre important de finitions et de séries limitées. La 10th Anniversary constitue l’une des plus connues : 7 500 exemplaires sont prévus à l’échelle mondiale pour célébrer les dix ans de la lignée. Le Japon reçoit parallèlement des configurations propres à son marché, ce qui rend nécessaire l’identification du code de châssis et de l’année pour déterminer précisément l’équipement d’une voiture.

La déclinaison NR-A illustre particulièrement la philosophie du Roadster. Mazda la développe comme une base homologuée pour la route mais adaptée aux compétitions monotypes japonaises. Elle bénéficie notamment d’amortisseurs Bilstein, d’un différentiel à glissement limité et d’améliorations portant sur le freinage et le refroidissement. L’objectif n’est pas d’en faire une sportive radicalement plus puissante, mais une base cohérente pour une utilisation intensive et la compétition-client.

En fin de carrière, Mazda explore des dérivés beaucoup plus inhabituels. Le Japon voit notamment apparaître un Roadster Coupé à toit fixe ainsi que des versions turbocompressées. Ces automobiles appartiennent à la famille NB mais ne doivent pas être utilisées comme référence pour décrire le Roadster atmosphérique standard de 1998.

Cette génération accompagne aussi plusieurs étapes symboliques de l’histoire de la MX-5. En 2000, Guinness reconnaît la famille comme la voiture de sport découvrable deux places la plus produite au monde, sur la base de 531 890 exemplaires fabriqués jusqu’à fin octobre 1999. Le cap des 700 000 exemplaires cumulés est atteint en mars 2004 à l’usine Ujina No. 1 d’Hiroshima, alors que le NB est toujours en production.

Un roadster compact pensé autour du conducteur

Le dessin du NB conserve volontairement les proportions de son prédécesseur tout en adoptant des surfaces plus arrondies. Avec moins de quatre mètres de long et seulement 1,68 m de large au lancement, le Roadster reste très compact. Sa capote textile se replie derrière les sièges et la lunette arrière en verre améliore l’usage par rapport aux solutions employées sur les premières NA.

Cette retenue se retrouve dans la conception mécanique. Même avec les renforcements structurels et l’enrichissement des équipements, plusieurs versions manuelles restent proches de la tonne. Mazda préfère ainsi développer le rapport entre masse, châssis et réponse des commandes plutôt que poursuivre une course à la puissance. La présence de doubles triangles aux quatre roues, d’une propulsion et de moteurs atmosphériques relativement modestes traduit directement cette priorité.

Le positionnement distingue également le Roadster des coupés sportifs Mazda à moteur rotatif. Il ne cherche ni les performances d’une RX-7 ni une architecture mécanique spectaculaire. Sa personnalité repose sur une mécanique conventionnelle associée à une voiture basse, légère et conçue spécifiquement comme un deux-places découvrable.

De la génération NB aux Roadster modernes

La deuxième génération quitte progressivement la scène en 2005. Son remplacement constitue une évolution plus profonde que celle de 1998 : la Mazda Mx-5 Nc repose sur une nouvelle génération technique, avec un empattement porté à 2 330 mm, une largeur accrue et une suspension arrière multibras. Au Japon, Mazda conserve néanmoins le nom Roadster, désormais solidement installé.

Cette appellation traverse ensuite les générations sans remettre en cause l’idée fondamentale du modèle. La Mazda Mx-5 Nd, lancée au milieu des années 2010, perpétue ainsi au Japon le nom Mazda Roadster tout en revenant à un gabarit et une masse particulièrement contenus. En Europe, MX-5 demeure l’identité principale, tandis que le terme Roadster peut également servir à distinguer la carrosserie à capote souple de la RF à toit rigide rétractable.

Le modèle de 1998 occupe donc une position très précise dans cette nomenclature : il n’est ni la première MX-5, ni le premier Roadster japonais de la famille, puisque l’Eunos porte déjà ce terme dès 1989. Il est en revanche le premier Mazda Roadster au sens strict, celui qui associe pour la première fois au Japon le nom Mazda à l’appellation Roadster et inaugure une désignation conservée par les générations suivantes.