Lancée au Japon en août 2014, la Subaru WRX S4 est une berline sportive à quatre roues motrices conçue pour associer les performances traditionnelles de la famille WRX à une utilisation quotidienne plus accessible. Elle inaugure une formule bien particulière : moteur Boxer turbo de 300 PS, transmission intégrale Symmetrical AWD, boîte Sport Lineartronic et système d’aide à la conduite EyeSight. Cette combinaison la distingue nettement de la WRX STI contemporaine et explique pourquoi l’appellation S4 mérite d’être considérée comme une version à part entière.
La S4 apparaît au moment où la Subaru WRX s’émancipe de l’Impreza pour constituer une lignée distincte. Son nom résume les quatre axes retenus par Subaru : Sports performance, Safety performance, Smart driving et Sophisticated feel. Le constructeur ne cherche donc pas seulement à produire une berline très rapide, mais à rendre ses performances plus faciles à exploiter dans des conditions ordinaires.
Une WRX japonaise née en 2014
La WRX S4 est annoncée en juillet 2014 puis commercialisée au Japon le 25 août. Elle appartient à la génération VA et porte le code VAG. Son arrivée marque une rupture avec la période durant laquelle le sigle WRX était directement associé à l’Impreza, notamment à travers la Subaru Impreza WRX. La S4 conserve cet héritage mécanique et sportif tout en adoptant une personnalité davantage tournée vers la polyvalence.
Au lancement, la gamme comprend les versions 2.0GT EyeSight et 2.0GT-S EyeSight. Toutes deux reposent sur le même principe mécanique : quatre cylindres à plat turbo de 1 998 cm3, transmission intégrale et boîte à variation continue Sport Lineartronic. Le choix d’une transmission automatique est fondamental dans le positionnement de la S4. Il permet à Subaru de proposer une WRX performante sans reprendre la configuration plus exigeante de la STI.
Cette orientation n’en fait pas une simple berline confortable. La structure est rigidifiée, la géométrie des trains roulants est travaillée pour améliorer la précision et l’Active Torque Vectoring intervient pour favoriser l’agilité en virage. Le système SI-Drive permet en parallèle de modifier le comportement du groupe motopropulseur. La WRX S4 conserve ainsi les fondamentaux techniques associés aux Subaru sportives tout en les intégrant à une voiture pensée pour un usage moins exclusif.
Un Boxer FA20 turbo de 300 PS
Le moteur constitue l’une des différences essentielles entre la WRX S4 VAG et plusieurs autres WRX sportives de son époque. Le FA20 DIT est un quatre cylindres Boxer de 1 998 cm3 à injection directe et turbocompresseur. Subaru annonce 221 kW, soit 300 PS, à 5 600 tr/min et 400 Nm entre 2 000 et 4 800 tr/min. Son architecture super-carrée, avec un alésage et une course de 86 mm, participe à la compacité caractéristique du moteur à plat.
La Sport Lineartronic transmet cette puissance aux quatre roues. Son fonctionnement peut simuler des rapports afin de procurer des réactions plus proches de celles d’une transmission conventionnelle lorsque le conducteur adopte une conduite sportive. En mode S# du SI-Drive, huit rapports prédéfinis peuvent être exploités. La transmission intégrale de type VTD complète le dispositif en privilégiant une gestion dynamique de la distribution du couple.
La différence avec la Subaru WRX STI doit donc être clairement établie. Sur le marché japonais, la STI VA contemporaine reste une proposition plus radicale, notamment avec son moteur EJ20 turbo et sa boîte manuelle. La S4 associe au contraire le FA20 DIT à la Sport Lineartronic et à EyeSight. Elle n’est donc pas une WRX STI automatique, mais une interprétation différente de la berline sportive Subaru.
Fiche technique de la Subaru Wrx S4
| Caractéristique | Subaru WRX S4 VAG 2014 |
|---|---|
| Type | Berline sportive 4 portes, 5 places |
| Code | VAG |
| Moteur | FA20 DIT, 4 cylindres à plat Boxer, DOHC 16 soupapes, turbo, injection directe |
| Cylindrée | 1 998 cm3 |
| Alésage x course | 86,0 x 86,0 mm |
| Taux de compression | 10,6:1 |
| Puissance maximale | 221 kW, 300 PS à 5 600 tr/min |
| Couple maximal | 400 Nm de 2 000 à 4 800 tr/min |
| Implantation | Moteur avant longitudinal |
| Transmission | Symmetrical AWD, système VTD |
| Boîte | Sport Lineartronic CVT avec rapports simulés |
| Modes de conduite | SI-Drive, dont mode S# avec 8 rapports prédéfinis |
| Suspension avant | Indépendante à jambes de force |
| Suspension arrière | Indépendante à doubles triangles |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freins | Disques ventilés avant et arrière |
| Pneus | 225/45 R18 sur 2.0GT-S |
| Longueur | 4 595 mm |
| Largeur | 1 795 mm |
| Hauteur | 1 475 mm |
| Empattement | 2 650 mm |
| Voie avant | 1 530 mm sur 2.0GT-S |
| Voie arrière | 1 540 mm sur 2.0GT-S |
| Garde au sol | 135 mm |
| Poids | Environ 1 540 kg selon version |
| Réservoir | 60 litres |
| Consommation homologuée | 13,2 km/l, cycle japonais JC08 |
| Rayon de braquage | 5,5 m |
EyeSight et performances utilisables au quotidien
L’une des particularités majeures de la S4 est d’avoir introduit EyeSight dans la famille WRX. Dès 2014, la troisième génération du système participe au positionnement inhabituel de cette berline : Subaru associe un moteur de 300 PS et un châssis sportif à des technologies d’assistance généralement attendues sur des modèles plus conventionnels. La S4 reçoit également un frein de stationnement électrique, autre nouveauté pour une WRX à son lancement.
Le concept se rapproche sur certains aspects de celui de la Subaru Levorg, qui combine elle aussi moteur Boxer, transmission intégrale, technologies d’assistance et vocation quotidienne, mais dans une carrosserie de break. La WRX S4 reste toutefois nettement orientée vers la conduite sportive, avec une caisse basse, un réglage de châssis spécifique et une puissance élevée.
Subaru ne communiquait pas de référence officielle directement comparable aux normes européennes pour le 0 à 100 km/h ou la vitesse maximale de la S4 japonaise. La donnée d’homologation mise en avant au lancement concernait plutôt la consommation, annoncée à 13,2 km/l sur le cycle japonais JC08. Elle illustre la volonté de Subaru d’obtenir une certaine efficacité sans renoncer aux 300 PS du FA20.
Une carrière marquée par les versions STI
La WRX S4 évolue régulièrement après son lancement. Subaru apporte des modifications au châssis et aux équipements dès les premiers millésimes, tandis que la gamme accueille des variantes plus distinctives. La SporVita met davantage l’accent sur la présentation et le raffinement. La tS de 2016 suit une direction beaucoup plus sportive avec une préparation développée par Subaru Tecnica International.
Cette WRX S4 tS conserve le principe mécanique de la S4 et ne devient donc pas une Subaru Impreza WRX STI tardive sous un autre nom. STI intervient sur le châssis, les liaisons au sol et différents éléments destinés à affûter son comportement. Un NBR Challenge Package renforce encore le lien visuel et technique avec les activités de Subaru Tecnica International au Nürburgring.
En 2017, la génération VAG bénéficie d’une évolution importante. Subaru retravaille notamment le comportement, le confort et l’insonorisation. EyeSight Touring Assist rejoint l’équipement, accompagné d’aides telles que le freinage automatique en marche arrière et les projecteurs directionnels. Cette évolution confirme la stratégie initiale : faire progresser simultanément les performances et les fonctions d’assistance plutôt que transformer la S4 en sportive dépouillée.
La WRX S4 STI Sport apparaît ensuite comme une variante développée avec STI. Elle pousse plus loin la combinaison entre présentation spécifique, réglages sportifs et polyvalence. En 2020, la STI Sport# constitue l’une des dernières expressions de la VAG et fait l’objet d’une série limitée à 500 exemplaires. La carrière de cette première génération s’achève en mars 2021.
Un style WRX sans l’exubérance de la STI
La carrosserie traduit le compromis recherché. La prise d’air sur le capot signale immédiatement la présence du moteur turbo, tandis que la calandre hexagonale, les projecteurs effilés, les ailes marquées et les quatre sorties d’échappement donnent à la S4 une identité clairement sportive. La silhouette reste néanmoins celle d’une berline quatre portes relativement discrète. L’absence du grand aileron associé à de nombreuses STI contribue à cette présentation plus sobre.
L’habitacle reprend la même logique. Volant à méplat, instrumentation sportive, surpiqûres rouges et affichage de la pression de suralimentation rappellent la vocation de la voiture, mais l’environnement reste conçu pour une utilisation régulière. Cette philosophie explique la place particulière de la S4 dans une gamme japonaise qui comptait également des berlines intégrales plus traditionnelles comme la Subaru Legacy B4.
La seconde WRX S4 change de moteur en 2021
Subaru renouvelle profondément le modèle en novembre 2021. La nouvelle WRX S4, code VBH, repose sur la Subaru Global Platform et abandonne le FA20 au profit du FA24, toujours un quatre cylindres Boxer turbo à injection directe mais porté à 2 387 cm3. Il développe 202 kW, soit 275 PS, à 5 600 tr/min et 375 Nm entre 2 000 et 4 800 tr/min. La baisse de puissance nominale par rapport aux 300 PS de la VAG ne signifie donc pas une simple évolution du moteur précédent : architecture de plateforme, transmission et définition générale sont renouvelées.
La Sport Lineartronic laisse place à la Subaru Performance Transmission, conçue pour offrir des réactions plus rapides. La nouvelle génération adopte aussi une structure Full Inner Frame, une carrosserie plus large et un empattement porté à 2 675 mm. Les protections sombres entourant les passages de roues constituent l’un des moyens les plus immédiats de distinguer visuellement cette génération VB de la VAG de 2014.
Cette seconde génération prolonge néanmoins le principe établi par la première WRX S4 : proposer au marché japonais une WRX très performante, exclusivement automatique et dotée d’un ensemble poussé d’aides à la conduite. Ce positionnement spécifique, davantage que la seule puissance du moteur, est ce qui sépare durablement la S4 des déclinaisons STI les plus radicales.




