Aston Martin V12 Vantage S

Aston Martin V12 Vantage S

Dévoilée en 2013, l’Aston Martin V12 Vantage S pousse à son maximum la formule de la petite Vantage équipée du grand V12 atmosphérique de la marque. Avec 573 ch, 620 Nm et une vitesse maximale annoncée à 330 km/h, elle devient alors l’une des Aston Martin de route les plus rapides jamais produites. Mais son évolution ne se limite pas au moteur : transmission à sept rapports, amortissement adaptatif, direction revue, freins carbone-céramique et aérodynamique spécifique transforment profondément le caractère de la voiture.

Une V12 Vantage plus puissante et plus radicale

La V12 Vantage S succède directement à l’Aston Martin V12 Vantage, commercialisée à partir de 2009. Cette dernière avait démontré qu’un V12 de près de six litres pouvait prendre place sous le capot de la compacte sportive de Gaydon. En 2013, Aston Martin reprend cette architecture et cherche davantage de performances sans abandonner le moteur atmosphérique qui constitue l’une des particularités du modèle.

Le V12 AM28 conserve une cylindrée de 5 935 cm3, mais reçoit plusieurs évolutions, notamment une gestion électronique Bosch, un calage variable continu des arbres à cames et des modifications destinées à améliorer sa respiration. Il développe 573 ch à 6 750 tr/min et 620 Nm à 5 750 tr/min. Le gain est sensible face aux 517 ch environ de la précédente V12 Vantage, tandis que la disponibilité du moteur progresse également à bas régime.

Cette mécanique est installée longitudinalement en position avant centrale. Aston Martin conserve une architecture transaxle, avec la transmission placée à l’arrière et reliée au moteur par un arbre en fibre de carbone. Cette disposition participe à une meilleure répartition des masses et reste l’une des caractéristiques techniques fondamentales de cette génération de Vantage, dont l’Aston Martin V8 Vantage avait posé les bases.

Au lancement, la V12 Vantage S abandonne toutefois la boîte manuelle à six rapports de sa devancière. Elle reçoit exclusivement la Sportshift III à sept rapports, une transmission mécanique robotisée à simple embrayage commandée par des palettes au volant. Ce choix permet des changements de rapport rapides, mais donne aussi à la V12 Vantage S originelle un caractère sensiblement différent de celui de la première V12 Vantage.

Un châssis adapté aux 573 ch du V12

La structure repose sur l’architecture VH d’Aston Martin, constituée principalement de profilés d’aluminium extrudés et collés. Les quatre roues sont suspendues par des doubles triangles et la V12 Vantage S introduit un amortissement adaptatif proposant trois réglages, Normal, Sport et Track. Le conducteur peut ainsi faire varier le comportement des amortisseurs en fonction de l’utilisation, de la route quotidienne à une conduite plus exigeante sur circuit.

La direction à crémaillère reçoit une assistance Servotronic dépendante de la vitesse. Le freinage est confié de série à des disques carbone-céramique de 398 mm avec étriers six pistons à l’avant et de 360 mm avec étriers quatre pistons à l’arrière. Les jantes de 19 pouces chaussent des pneumatiques de 255/35 ZR19 à l’avant et de 295/30 ZR19 à l’arrière.

Cette recherche d’efficacité s’inscrit dans une période où Aston Martin exploite largement la Vantage en compétition. La marque revendiquait d’ailleurs une influence de son expérience en GT3 sur le développement de la S. Il ne faut pas pour autant confondre la voiture de route avec l’Aston Martin Vantage GT3, véritable machine de course dont la conception répond à un règlement sportif spécifique.

Avec la boîte Sportshift III, Aston Martin annonçait un 0 à 100 km/h en 3,9 secondes et une vitesse maximale de 205 mph, soit environ 330 km/h. Au moment de son lancement, la marque la présentait ainsi comme son modèle de grande série le plus rapide, l’Aston Martin One-77 restant au-dessus d’elle dans la hiérarchie des performances.

Fiche technique de l’Aston Martin V12 Vantage S

CaractéristiqueDonnée
CarrosserieCoupé 2 portes, 2 places
StructureArchitecture VH, structure en aluminium extrudé et collé
MoteurV12 atmosphérique AM28 à 60 degrés, 48 soupapes
Cylindrée5 935 cm3
Alésage x course89 x 79,5 mm
Rapport volumétrique11,1:1
Puissance maximale573 ch à 6 750 tr/min
Couple maximal620 Nm à 5 750 tr/min
ImplantationMoteur longitudinal avant central
TransmissionPropulsion, architecture transaxle
Boîte au lancementSportshift III robotisée à 7 rapports
Boîte ultérieureManuelle à 7 rapports avec grille dog-leg et AMSHIFT
DifférentielMécanique à glissement limité
Suspension avantDoubles triangles, amortissement adaptatif
Suspension arrièreDoubles triangles, amortissement adaptatif
Modes d’amortissementNormal, Sport, Track
DirectionCrémaillère avec assistance Servotronic
Freins avantCarbone-céramique 398 mm, étriers 6 pistons
Freins arrièreCarbone-céramique 360 mm, étriers 4 pistons
Jantes19 pouces
Pneus avant255/35 ZR19
Pneus arrière295/30 ZR19
Longueur4 385 mm
Largeur hors rétroviseurs1 865 mm
Largeur avec rétroviseurs2 022 mm
Hauteur1 250 mm
Empattement2 600 mm
Voie avantEnviron 1 570 mm
Voie arrièreEnviron 1 575 mm
Poids à vide en ordre de marche1 665 kg selon la spécification de référence
Réservoir80 litres
Volume de coffreEnviron 300 litres
0 à 100 km/h3,9 s avec Sportshift III
Vitesse maximaleEnviron 330 km/h avec Sportshift III
Consommation mixteEnviron 14,7 l/100 km selon homologation initiale
Émissions de CO2343 g/km selon homologation initiale

Un style identifiable sans bouleverser la Vantage

La V12 Vantage S conserve les proportions très compactes qui distinguent cette génération : long capot, habitacle rejeté vers l’arrière, porte-à-faux courts et ailes arrière puissantes. Sa carrosserie dérive du dessin originel de la Vantage développé sous Henrik Fisker, tandis que les évolutions de la S sont réalisées à une époque où le design Aston Martin est dirigé par Marek Reichman.

La face avant permet notamment de distinguer la S de la précédente V12 Vantage. Sa calandre en fibre de carbone adopte des barrettes verticales et s’inspire de celle du concept CC100 Speedster. Elle s’accompagne d’une lame avant en carbone, tandis que l’arrière reçoit un diffuseur utilisant le même matériau. Les optiques assombries et le traitement spécifique du panneau arrière renforcent visuellement le positionnement plus sportif du modèle.

La V12 Vantage S se différencie également nettement de l’Aston Martin V8 Vantage S. Malgré leur suffixe commun et une silhouette proche, la V12 occupe un niveau supérieur par son moteur, son freinage carbone-céramique et ses performances. Elle conserve néanmoins une présentation moins spectaculaire que les séries plus radicales apparues ensuite, ce qui lui permet de rester visuellement proche de la Vantage classique.

Le retour inattendu d’une boîte manuelle à sept rapports

L’une des évolutions les plus importantes intervient en fin de carrière. Pour le millésime 2017, Aston Martin propose une boîte manuelle à sept rapports en alternative à la Sportshift III. Sa grille adopte une disposition dog-leg : la première se trouve en bas à gauche, laissant les rapports les plus utilisés en conduite sportive alignés dans une configuration favorisant les passages entre deuxième et septième.

Cette transmission est associée au système AMSHIFT. Celui-ci peut notamment synchroniser automatiquement le régime du moteur lors des rétrogradages, tout en conservant une commande d’embrayage et un levier conventionnels. L’arrivée de cette boîte est remarquable dans un contexte où les sportives de très hautes performances passent massivement aux transmissions robotisées ou à double embrayage.

La V12 Vantage S évolue aussi par l’apparition d’une carrosserie découvrable. Le Aston Martin V12 Vantage Roadster appartient à la même famille mécanique, mais constitue une variante distincte du coupé lancé en 2013. La gamme donne également naissance à des dérivés plus exclusifs, tandis que l’Aston Martin V12 Zagato, issu de la précédente V12 Vantage, illustre une autre branche particulière de cette génération.

Production et place dans la gamme Aston Martin

La V12 Vantage S est assemblée à Gaydon, en Angleterre, et reste au catalogue jusqu’à la fin de la génération VH en 2018. Les chiffres de production détaillés du coupé standard ne sont pas établis de manière suffisamment claire par les archives officielles disponibles pour retenir un total mondial définitif. Des compilations non officielles avancent 1 318 coupés V12 Vantage S et 395 Roadsters, mais ces nombres ne doivent pas être assimilés à un décompte constructeur certifié.

Lors de son arrivée sur le marché français, son prix se situe autour de 178 000 euros, hors pénalités fiscales, avant d’évoluer avec les millésimes. Ce tarif traduit sa position particulière : la V12 Vantage S reprend la carrosserie relativement compacte de la Vantage mais reçoit une mécanique et des composants techniques dignes des modèles les plus performants de Gaydon.

La fin de sa carrière coïncide avec un changement profond de génération. En 2018, la nouvelle Vantage abandonne l’architecture et le V12 atmosphérique de sa devancière au profit notamment d’un V8 biturbo. La V12 Vantage S demeure ainsi l’une des dernières expressions de la plateforme VH associant la carrosserie compacte de la Vantage à un V12 atmosphérique de 5,9 litres.