Subaru Wrx Sti

Subaru Wrx Sti

Présentée en janvier 2014 au salon de Detroit, la Subaru WRX STI de génération VA ouvre un nouveau chapitre pour la sportive japonaise. La rupture est d’abord nominale : après plusieurs générations de Subaru Impreza WRX STI, le nom Impreza disparaît de son appellation officielle. La berline conserve pourtant les fondamentaux qui ont construit la réputation de la lignée : moteur quatre cylindres à plat turbocompressé, transmission intégrale permanente, boîte manuelle et mise au point orientée vers l’efficacité.

Pour l’Europe, la WRX STI reçoit le boxer EJ257 de 2 457 cm3 développant 300 ch et 407 Nm. Elle se distingue aussi par son système DCCD, ses différentiels à glissement limité et ses freins Brembo. Cette architecture très mécanique tranche avec l’évolution générale des sportives des années 2010 et contribue à donner à cette génération une identité particulièrement affirmée.

De l’Impreza à la WRX STI de génération VA

L’histoire de la voiture reste indissociable de celle de la Subaru Impreza WRX. Pendant deux décennies, les appellations WRX puis STI avaient désigné les déclinaisons sportives de l’Impreza. Avec la génération dévoilée en 2014, Subaru transforme WRX et WRX STI en une famille clairement distincte dans sa nomenclature, même si la filiation technique et historique demeure évidente.

La WRX STI est montrée pour la première fois au public au North American International Auto Show de Detroit en janvier 2014, puis effectue sa première européenne à Genève en mars. La chronologie peut prêter à confusion : lancée en 2014, elle est commercialisée en Amérique du Nord comme un modèle 2015. Pour une classification fondée sur sa première apparition, 2014 reste donc l’année pertinente.

Cette génération arrive avec un lourd héritage. Les anciennes STI ont construit leur réputation à travers les performances routières mais aussi l’image des rallyes. Des modèles comme la Subaru Impreza 22B STI ont contribué à associer durablement Subaru aux carrosseries compactes musclées, au moteur boxer et à la transmission intégrale. La VA reprend ces codes sans chercher à reproduire exactement une Impreza des années 1990.

En France, la commercialisation débute au printemps 2014. La gamme comprend notamment les finitions S et Club, avec un prix de lancement de 44 950 euros pour la première et 49 950 euros pour la seconde. La WRX STI se positionne ainsi comme une sportive spécialisée tout en conservant quatre portes et cinq places.

Un boxer EJ257 de 300 ch associé à une transmission intégrale sophistiquée

Sous le capot se trouve l’EJ257, un quatre cylindres à plat de 2,5 litres déjà étroitement associé aux STI sur plusieurs marchés. Dans sa configuration européenne, il délivre 300 ch à 6 000 tr/min et un couple maximal de 407 Nm à 4 000 tr/min. Le turbocompresseur travaille avec un échangeur air-air placé au-dessus du moteur, ce qui explique la grande prise d’air aménagée dans le capot.

La spécification nord-américaine ne doit pas être confondue avec celle vendue en France. Subaru y annonçait 305 hp et 290 lb-ft, soit environ 393 Nm. La différence explique pourquoi les fiches consacrées à la WRX STI peuvent afficher des chiffres de puissance et de couple différents pour une voiture appartenant pourtant à la même génération.

Le moteur est exclusivement associé à une boîte manuelle à six rapports sur la STI. La transmission Symmetrical AWD répartit en permanence le couple entre les quatre roues et utilise le DCCD, ou Driver Controlled Center Differential. Le conducteur peut intervenir sur le comportement du différentiel central, tandis que l’électronique participe à sa gestion. La configuration comprend également des différentiels à glissement limité à l’avant et à l’arrière ainsi qu’un contrôle actif du couple appliqué au comportement en virage.

Cette transmission constitue l’une des différences fondamentales avec la Subaru WRX standard. La STI ne se résume pas à une WRX plus puissante : moteur, boîte, différentiels, freins et réglages du châssis forment un ensemble spécifiquement orienté vers la conduite sportive.

Fiche technique de la Subaru Wrx Sti

CaractéristiqueSubaru WRX STI européenne 2014
GénérationVA
CarrosserieBerline 4 portes, 5 places
MoteurEJ257, 4 cylindres à plat essence turbocompressé
Cylindrée2 457 cm3
DistributionDOHC, 16 soupapes, Dual AVCS
AlimentationInjection multipoint, turbocompresseur, échangeur air-air
Alésage x course99,5 x 79,0 mm
Rapport volumétrique8,2:1
Puissance maximale300 ch à 6 000 tr/min
Couple maximal407 Nm à 4 000 tr/min
ImplantationMoteur avant longitudinal
Boîte de vitessesManuelle à 6 rapports
TransmissionIntégrale permanente Symmetrical AWD avec DCCD
DifférentielsGlissement limité avant et arrière, différentiel central piloté DCCD
StructureCoque autoporteuse
Suspension avantIndépendante, jambes de force inversées
Suspension arrièreIndépendante
DirectionÀ crémaillère assistée
Freins avantBrembo, disques ventilés 326 x 30 mm, étriers 4 pistons
Freins arrièreBrembo, disques ventilés 316 x 20 mm, étriers 2 pistons
Pneumatiques245/40 R18
Longueur4 595 mm
Largeur1 795 mm
Hauteur1 475 mm
Empattement2 650 mm
Voie avant1 530 mm
Voie arrière1 540 mm
Garde au sol125 mm
Poids à videEnviron 1 507 kg selon spécification française de lancement
0 à 100 km/h5,2 s selon spécification française
Vitesse maximale255 km/h selon spécification française
Consommation mixte10,4 l/100 km
Émissions de CO2242 g/km
Réservoir60 litres

Un châssis conçu autour de l’efficacité

Subaru ne s’est pas contenté de reprendre la recette mécanique de la génération précédente. La coque est rigidifiée et les points d’ancrage des suspensions font l’objet d’un travail particulier. À l’avant, les jambes de force inversées et les bras inférieurs en aluminium forgé participent à la précision du train roulant. Le système SI-DRIVE permet parallèlement de modifier la réponse du groupe motopropulseur.

Le freinage Brembo fait partie intégrante de cette définition. Sur la voiture européenne de lancement, les disques ventilés avant de 326 mm sont pincés par des étriers à quatre pistons, tandis que l’arrière utilise des disques de 316 mm et des étriers à deux pistons. La configuration évoluera en cours de carrière : certaines versions tardives adoptent notamment de plus gros étriers avant à six pistons et des roues de 19 pouces.

Les performances illustrent cette approche davantage tournée vers l’efficacité globale que vers la seule puissance. La version française est annoncée à 255 km/h et réalise le 0 à 100 km/h en 5,2 secondes. Les valeurs officielles ou mesurées sur d’autres marchés diffèrent légèrement en raison des spécifications locales et des protocoles employés.

La WRX STI reste parallèlement une véritable berline. Son empattement de 2,65 m et sa carrosserie à quatre portes permettent un usage quotidien que ne proposent pas toutes les sportives de performances comparables. Cette polyvalence ne gomme toutefois pas son caractère mécanique : boîte manuelle, direction directe, transmission intégrale élaborée et suspensions fermes restent au centre de l’expérience recherchée par Subaru.

Un style immédiatement identifiable

La génération VA adopte une silhouette tricorps plus nettement détachée de l’Impreza contemporaine. La face avant s’organise autour d’une calandre hexagonale et d’un bouclier largement ouvert. La prise d’air de capot constitue l’un des signes les plus faciles à reconnaître, puisqu’elle alimente directement l’échangeur installé au-dessus du boxer.

Les ailes élargies, les bas de caisse prononcés et les quatre sorties d’échappement renforcent son identité. Le grand aileron arrière associé à de nombreuses WRX STI constitue l’autre élément emblématique de la silhouette, même si la configuration exacte dépend de la finition et du marché. Les premières voitures européennes reposent sur des roues de 18 pouces chaussées en 245/40 R18.

Subaru travaille également la visibilité. Les montants de pare-brise sont avancés et les rétroviseurs déplacés sur les portes, libérant de petites surfaces vitrées à leur base. Dans l’habitacle, les compteurs et différents détails rouges rappellent la vocation STI sans modifier fondamentalement l’architecture pratique d’une berline cinq places.

La génération VA accueille aussi des dérivés spécifiques selon les marchés. La Subaru WRX S4, destinée notamment au Japon, appartient à la même famille mais suit une définition mécanique différente. Des séries STI beaucoup plus radicales, dont les S207, S208 ou Type RA, existent également et ne doivent pas être confondues avec la WRX STI européenne de 300 ch décrite ici.

Évolutions et fin de carrière européenne

La WRX STI évolue progressivement sans abandonner son architecture fondamentale. Subaru retravaille notamment le DCCD, le freinage et les liaisons au sol. Selon les marchés et les millésimes, l’équipement, les dimensions des roues et certains réglages changent, ce qui explique les différences observées entre une voiture européenne de 2014 et une STI de fin de carrière.

Son histoire européenne est plus courte que sa carrière mondiale. Subaru annonce la fin de la commercialisation de la WRX STI en Europe pour 2018, dans un contexte où son EJ257 et ses émissions élevées deviennent de plus en plus difficiles à concilier avec les contraintes réglementaires. En France, la Legend Edition accompagne ce départ avec une série limitée à 60 exemplaires.

La génération VA continue néanmoins sur certains marchés après son retrait européen et atteint le millésime 2021 en Amérique du Nord. Cette différence est importante : 2018 correspond à la fin de la WRX STI en Europe, pas à l’arrêt mondial immédiat de la génération.

Records et compétition hors du WRC d’usine

La WRX STI de 2014 bénéficie d’une image issue du rallye, mais elle n’a pas connu la même carrière officielle en championnat du monde que ses ancêtres. Subaru avait retiré son équipe d’usine du WRC à la fin de 2008. La génération VA entretient donc sa dimension sportive par d’autres engagements, des compétitions nationales et plusieurs opérations de record.

Dès 2014, Mark Higgins utilise une WRX STI pour parcourir le Mountain Course de l’île de Man en 19 min 26 s, améliorant le record automobile qu’il avait lui-même établi en 2011. La voiture conservait une base très proche du modèle commercial mais recevait notamment les adaptations de sécurité nécessaires à cette tentative.

Subaru pousse ensuite beaucoup plus loin l’exercice avec la WRX STI Type RA NBR Special. En 2017, cette voiture spécifiquement préparée réalise un temps spectaculaire sur la Nordschleife du Nürburgring. Elle ne constitue cependant pas une WRX STI de série : sa préparation, son aérodynamique et sa définition technique la placent dans la catégorie des machines conçues pour le record plutôt que dans celle des berlines de production ordinaires.