Présentée en 1998, la Maserati 3200 GT marque une rupture décisive dans l’histoire moderne de la marque de Modène. Ce coupé quatre places dessiné par Italdesign associe une silhouette entièrement nouvelle à un V8 biturbo de 3,2 litres développant 370 ch. Ses feux arrière à LED en forme de boomerang deviennent immédiatement sa signature. Produite à 4 795 exemplaires, elle constitue aussi l’un des derniers grands modèles routiers Maserati à utiliser un moteur issu de la tradition biturbo de la marque.
Le renouveau de Maserati à la fin des années 1990
La 3200 GT apparaît dans une période de profonde transformation. Après les nombreuses déclinaisons de la famille Biturbo, Maserati doit renouveler son image et retrouver une place crédible parmi les constructeurs de voitures de grand tourisme. La prise de contrôle opérationnelle par Ferrari en 1997 accélère cette réorganisation. Le nouveau coupé doit conserver le caractère mécanique de Maserati tout en améliorant nettement la qualité, la présentation et l’homogénéité du produit.
La voiture est dévoilée au public au Mondial de l’Automobile de Paris en octobre 1998. Elle s’éloigne visuellement des lignes anguleuses des modèles précédents, notamment de la Maserati Ghibli II. La 3200 GT ne constitue pourtant pas une rupture mécanique totale : son moteur appartient encore à la famille de V8 biturbo développée par Maserati durant la période précédente.
Cette filiation est particulièrement visible avec la Maserati Shamal, qui avait introduit quelques années auparavant un V8 biturbo de 3,2 litres. La mécanique de la 3200 GT est profondément modernisée, mais elle reste bien d’origine Maserati. La présence de Ferrari dans l’organisation de la marque au moment de son développement ne signifie donc pas que la 3200 GT utilise un moteur Ferrari.
Un coupé Giugiaro aux feux boomerang
Le dessin est confié à Italdesign et à Giorgetto Giugiaro. Avec environ 4,51 m de longueur pour 1,82 m de largeur, la 3200 GT adopte des proportions de véritable grand tourisme plutôt que celles d’une sportive compacte. Son long capot, sa ligne de toit fluide et ses volumes arrière arrondis composent une silhouette beaucoup plus organique que celle des Maserati des années 1980 et du début des années 1990.
La partie arrière est son élément le plus reconnaissable. Deux feux à LED dessinent un boomerang sur chaque aile et convergent visuellement vers le centre du coffre. Maserati les présente comme une première application de feux arrière à LED sur une automobile de série. Leur forme est si étroitement associée à la 3200 GT qu’elle permet de la distinguer immédiatement du coupé qui lui succédera.
L’habitacle respecte la vocation de GT avec quatre places et une présentation mêlant cuir, instrumentation traditionnelle et équipement de confort. La 3200 GT n’est donc pas conçue comme une sportive dépouillée : ses performances élevées doivent rester compatibles avec les longs trajets et un usage routier relativement polyvalent.
Un V8 3,2 litres biturbo de 370 ch
Installé longitudinalement à l’avant, le V8 à 90 degrés affiche 3 217 cm3. Il possède quatre arbres à cames, 32 soupapes et deux turbocompresseurs associés à des échangeurs. Sa puissance atteint 370 ch à 6 250 tr/min, avec environ 491 Nm de couple. Toute cette puissance est transmise aux roues arrière.
La version initiale reçoit une boîte manuelle à six rapports. Une 3200 GTA équipée d’une transmission automatique BTR à quatre rapports complète ensuite l’offre. La boîte manuelle correspond davantage au tempérament sportif du moteur et permet d’exploiter pleinement ses performances, tandis que la GTA accentue la dimension grand tourisme.
Le châssis repose sur une structure monocoque en acier associée à des trains roulants à doubles triangles. Le freinage fait appel à des disques ventilés et à des étriers Brembo à quatre pistons. Cette architecture est nettement plus sophistiquée que celle des premières Maserati de l’ère Biturbo et accompagne les performances d’un coupé capable d’approcher les 280 km/h.
En fin de carrière apparaît la Maserati 3200 GT Assetto Corsa. Sa puissance reste identique, mais son châssis reçoit des réglages plus fermes et une assiette abaissée, accompagnés notamment de roues spécifiques. Cette variante vise ainsi à rendre le comportement plus incisif sans transformer la nature du moteur.
Fiche technique de la Maserati 3200 GT
| Caractéristique | Maserati 3200 GT |
|---|---|
| Production | 1998 à 2002 |
| Carrosserie | Coupé 2 portes, 4 places |
| Architecture | Moteur longitudinal avant, propulsion |
| Moteur | V8 à 90 degrés, essence, biturbo |
| Cylindrée | 3 217 cm3 |
| Distribution | 32 soupapes, double arbre à cames par banc |
| Suralimentation | Deux turbocompresseurs avec échangeurs |
| Puissance maximale | 370 ch à 6 250 tr/min |
| Couple maximal | Environ 491 Nm |
| Boîte manuelle | 6 rapports |
| Boîte automatique | BTR 4 rapports sur 3200 GTA |
| Suspension | Doubles triangles aux quatre roues |
| Direction | Crémaillère assistée |
| Freins | Disques ventilés, étriers Brembo à 4 pistons |
| Diamètre des disques | Environ 330 mm avant, 310 mm arrière |
| Roues | 18 pouces |
| Longueur | Environ 4 510 mm |
| Largeur | Environ 1 820 mm |
| Hauteur | Environ 1 305 mm |
| Empattement | Environ 2 660 mm |
| Poids | 1 500 kg en boîte manuelle, 1 520 kg en automatique selon les données historiques Maserati |
| Vitesse maximale | Environ 280 km/h en boîte manuelle |
| 0 à 100 km/h | Environ 5,1 s en boîte manuelle |
| Réservoir | Environ 90 litres |
| Production totale | 4 795 exemplaires |
4 795 exemplaires et plusieurs évolutions
La production totale atteint 4 795 voitures. Les données historiques de Maserati répartissent ce volume entre 2 689 exemplaires à boîte manuelle et 2 106 voitures automatiques. À l’échelle de l’histoire de la marque, ce résultat représente un volume significatif et accompagne la remontée en puissance industrielle de Maserati à la fin des années 1990.
La carrière du modèle connaît plusieurs ajustements techniques, notamment pour suivre l’évolution des normes antipollution. La gamme reste néanmoins structurée autour de la même combinaison fondamentale : carrosserie Giugiaro, moteur V8 biturbo et propulsion. L’Assetto Corsa constitue l’évolution la plus nettement orientée vers le comportement sportif, sans augmentation de puissance.
La 3200 GT occupe ainsi une position particulière dans la généalogie Maserati. Elle appartient déjà à la période de reconstruction conduite avec Ferrari, mais son moteur reste étroitement lié aux mécaniques Maserati antérieures. La Maserati Quattroporte IV, également proposée avec un V8 biturbo dans ses versions les plus puissantes, illustre cette continuité mécanique entre deux époques de la marque.
De la 3200 GT à la Maserati Coupé
La succession de la 3200 GT peut prêter à confusion car la voiture suivante conserve une silhouette très proche. La Maserati Coupé reprend en effet les grandes lignes de la carrosserie, mais abandonne le V8 3,2 litres biturbo au profit d’un nouveau V8 atmosphérique de 4,2 litres. La face avant est remaniée et, surtout, les fameux feux boomerang disparaissent au profit d’optiques arrière conventionnelles.
Cette génération est fréquemment désignée comme Maserati 4200 GT, une appellation pratique pour l’opposer à la 3200 GT en référence à la cylindrée de son V8. La transition accompagne également le retour de Maserati sur le marché américain, auquel la 3200 GT n’avait pas été officiellement destinée.
La disparition de la 3200 GT ferme ainsi la période des grandes Maserati routières à moteur biturbo issue des années 1980 et 1990. La marque poursuit ensuite le développement de ses coupés à moteur atmosphérique avant que la Maserati GranTurismo ne reprenne à partir de 2007 le principe d’une grande GT quatre places au sein de la gamme.




