La Jaguar I-TYPE est la première monoplace électrique engagée par Jaguar Racing en FIA Formula E. Présentée en septembre 2016, elle marque le retour officiel de Jaguar en compétition internationale après plusieurs années d’absence et inaugure une famille de monoplaces électriques qui évoluera ensuite au fil des générations du championnat. La version concernée ici est précisément la I-TYPE 1, engagée durant la saison 2016-2017.
Développée avec le concours de Williams Advanced Engineering, la I-TYPE 1 repose sur le châssis standardisé de première génération utilisé par la Formula E. Jaguar dispose en revanche d’une marge de développement sur plusieurs éléments essentiels du groupe motopropulseur, notamment le moteur électrique, l’onduleur et la transmission. Cette architecture permet à la marque d’entrer dans une discipline où l’efficacité énergétique compte autant que la puissance pure.
Le retour de Jaguar en compétition électrique
Jaguar annonce son engagement en Formula E en décembre 2015, avec l’ambition de revenir au plus haut niveau du sport automobile tout en utilisant la compétition électrique comme laboratoire technologique. Le constructeur n’avait plus d’équipe officielle en championnat du monde de Formule 1 depuis son retrait à la fin de la saison 2004. La I-TYPE constitue donc à la fois un nouveau départ sportif et une rupture technologique.
La monoplace est officiellement présentée le 8 septembre 2016 au Jaguar Collections Centre de Gaydon, avec Panasonic comme partenaire titre. Adam Carroll et Mitch Evans sont retenus comme pilotes titulaires, tandis que Ho-Pin Tung occupe le rôle de pilote de réserve. James Barclay dirige l’équipe Jaguar Racing.
Les premiers essais mettent rapidement en évidence les difficultés propres à un nouveau programme. Le poids du groupe motopropulseur et sa gestion thermique figurent parmi les sujets travaillés avant le début du championnat. Jaguar aborde finalement son premier E-Prix à Hong Kong le 9 octobre 2016, pour une saison qui comprend quatorze courses réparties sur plusieurs manches urbaines.
La I-TYPE 1 s’inscrit dans la longue histoire sportive de Jaguar, mais son architecture est très différente des prototypes d’endurance qui avaient auparavant représenté la marque. La Jaguar XJR-9 illustre notamment la période des grands prototypes du Groupe C, tandis que la I-TYPE inaugure une approche entièrement électrique et largement contrainte par le règlement de la Formula E.
Une monoplace conçue autour du groupe motopropulseur
Le châssis de la I-TYPE 1 appartient à la première génération de monoplaces de Formula E, basée sur le Spark SRT_01E. Sa structure en fibre de carbone est conçue autour d’un ensemble de composants standardisés, afin de maintenir des coûts maîtrisés et de permettre aux constructeurs engagés de concentrer leur travail sur le groupe motopropulseur.
Jaguar développe ainsi son propre système de propulsion électrique avec Williams Advanced Engineering. Le moteur entraîne les roues arrière et fonctionne avec une boîte séquentielle à deux rapports. Cette transmission distingue notamment la première génération de Formula E de certaines solutions électriques de série qui privilégient une transmission à rapport unique.
La batterie, fournie dans le cadre du règlement de cette génération, possède une capacité d’environ 28 kWh. Elle doit permettre de gérer une course complète dans un contexte où l’énergie disponible est une donnée stratégique majeure. À cette époque, la Formula E impose encore des contraintes particulières qui conduisent notamment les pilotes à changer de monoplace à mi-course.
La I-TYPE 1 utilise également les pneumatiques Michelin spécifiques à la Formula E. Le freinage combine le système conventionnel de la monoplace et la récupération d’énergie, cette dernière participant directement à la gestion de l’énergie disponible pendant la course.
Fiche technique de la Jaguar I-type
| Caractéristique | Jaguar I-TYPE 1 |
|---|---|
| Type | Monoplace de compétition électrique |
| Championnat | FIA Formula E |
| Saison | 2016-2017 |
| Groupe motopropulseur | Électrique, développé par Jaguar avec Williams Advanced Engineering |
| Architecture | Une machine électrique, propulsion arrière |
| Puissance maximale | 200 kW, soit environ 272 ch |
| Puissance en course | Inférieure à la puissance maximale, selon le règlement et le mode utilisé |
| Transmission | Boîte séquentielle à 2 rapports |
| Batterie | Environ 28 kWh, technologie de première génération Formula E |
| Châssis | Spark SRT_01E, structure monocoque en fibre de carbone |
| Suspensions | Architecture de monoplace à poussoirs |
| Freins | Freins de compétition avec récupération d’énergie au freinage |
| Récupération d’énergie | Jusqu’à environ 150 kW |
| Pneumatiques | Michelin |
| Longueur | Environ 5 000 mm au maximum réglementaire |
| Poids | Environ 880 kg selon les données techniques rétrospectives |
| Vitesse maximale | Environ 225 km/h |
| 0 à 100 km/h | Non retenu ici comme donnée spécifique suffisamment établie pour la I-TYPE 1 |
| Nombre de places | 1 |
Une première saison difficile mais structurante
Pour sa première campagne, Panasonic Jaguar Racing aligne Mitch Evans avec le numéro 20 et Adam Carroll avec le numéro 47. La I-TYPE 1 doit composer avec une concurrence déjà expérimentée dans une discipline où la fiabilité, la consommation d’énergie et la stratégie sont étroitement liées aux performances du groupe motopropulseur.
Jaguar termine la saison 2016-2017 avec 27 points et la dixième place du classement des équipes. Le meilleur résultat de la saison est obtenu par Mitch Evans, quatrième de l’E-Prix de Mexico 2017. Ce résultat constitue le meilleur classement de Jaguar avec la I-TYPE 1, qui ne décroche ni victoire, ni pole position, ni podium au cours de cette première campagne.
Le bilan sportif reste donc modeste, mais cette saison permet à Jaguar d’accumuler une expérience précieuse dans la gestion d’une monoplace électrique. Le constructeur apprend notamment à optimiser son groupe motopropulseur, sa récupération d’énergie et l’exploitation de la puissance dans des conditions de course très variables.
Cette démarche s’inscrit dans une évolution plus large de la technologie électrique chez Jaguar. Le Jaguar C-X75 avait déjà exploré plusieurs années auparavant une association entre propulsion électrique et très hautes performances, mais sous la forme d’un prototype de route. La I-TYPE transpose cette recherche dans un environnement de compétition réglementé.
De la I-TYPE 1 aux générations suivantes
La I-TYPE 1 est remplacée pour la saison 2017-2018 par la I-TYPE 2. Jaguar conserve alors le principe général de la première génération de Formula E tout en faisant évoluer son groupe motopropulseur. Les progrès réalisés permettent à l’équipe de franchir un nouveau palier sportif, avec notamment les premiers podiums et la première pole position de Jaguar dans le championnat.
Pour la saison 2018-2019, la I-TYPE 3 inaugure une nouvelle génération de Formula E. Le changement est beaucoup plus profond, avec une monoplace de deuxième génération et une évolution importante des capacités énergétiques et des performances. La famille I-TYPE devient ainsi le fil conducteur du programme électrique de Jaguar Racing, mais les différentes versions ne doivent pas être considérées comme une seule voiture évoluée sans distinction.
La I-TYPE 1 conserve donc une identité propre : elle correspond à la première participation de Jaguar au championnat électrique, à la première génération de matériel Formula E et à la phase initiale de développement du groupe motopropulseur Jaguar.
Une identité visuelle liée à la première Formula E
La I-TYPE 1 se reconnaît immédiatement comme une monoplace de première génération de Formula E. Ses roues sont découvertes, son châssis est étroit et sa carrosserie est fortement dictée par les contraintes aérodynamiques et réglementaires du championnat. La livrée Panasonic Jaguar Racing associe l’identité visuelle de Jaguar aux contraintes de présentation d’une voiture de course électrique.
Il n’existe pas de carrosserie dessinée comme celle d’un modèle routier classique. Le châssis et de nombreux composants étant standardisés, le travail de Jaguar porte principalement sur les éléments techniques autorisés par le règlement. C’est précisément cette distinction qui permet de comprendre la nature de la I-TYPE : elle est une monoplace développée par un constructeur automobile dans un cadre sportif commun, et non une voiture de route transformée pour la compétition.
Le programme Formula E constitue également un prolongement de la stratégie électrique de Jaguar. Quelques années plus tard, le Jaguar I-Pace devient le premier modèle électrique de série de la marque. Le SUV et la I-TYPE répondent à des objectifs différents, mais leur coexistence illustre le passage progressif de Jaguar de l’expérimentation électrique en compétition à son application sur un véhicule destiné à la route.
La I-TYPE doit enfin être distinguée des autres créations électriques ou expérimentales de Jaguar. Le Jaguar Vision Gran Turismo relève par exemple d’un exercice virtuel de design et de performance, tandis que la Jaguar Type 00 appartient à une démarche de design et de développement de véhicule routier. La I-TYPE 1 reste, elle, une voiture de course conçue pour répondre au règlement de la Formula E et pour disputer le championnat 2016-2017.




