Simca 1100 TI

Simca 1100 TI

Apparue en 1973 pour le millésime 1974, la Simca 1100 TI transforme une familiale à hayon en véritable version sportive. Elle conserve l’architecture pratique de la Simca 1100, mais reçoit un quatre cylindres de 1 294 cm³ porté à 82 ch DIN grâce à deux carburateurs double corps, ainsi qu’un châssis adapté et une présentation spécifique. Cette combinaison lui permet d’atteindre environ 165 km/h tout en conservant la traction avant, le hayon et jusqu’à cinq portes de la voiture de grande série.

La TI occupe ainsi une place particulière dans l’histoire des compactes sportives. Elle précède de plusieurs années la vague des GTI qui popularisera cette formule dans la seconde moitié des années 1970. Lui attribuer rétrospectivement le titre de première GTI serait toutefois excessif, car d’autres petites voitures performantes existaient auparavant. La Simca se distingue surtout par la réunion précoce, dans une même automobile, d’une carrosserie polyvalente à hayon, d’une traction avant et d’une mécanique sensiblement plus performante que celle des versions courantes.

De la Simca 1100 à la version TI

Lorsque la 1100 est lancée en 1967, Simca adopte une formule particulièrement moderne pour l’époque. Le moteur est installé transversalement à l’avant, les roues avant sont motrices, les quatre roues sont indépendantes et la carrosserie possède un hayon. Dans la gamme française, elle vient notamment prendre place au-dessus de la Simca 1000, dont l’architecture à moteur arrière appartient à une autre école technique.

Simca commence à explorer le potentiel sportif de sa traction avant avec la 1100 Spécial. Apparue en 1970 avec un moteur de 1 204 cm³ développant 75 ch, elle adopte ensuite un 1 294 cm³. La TI va plus loin en 1973. Son moteur type 3G4 conserve cette cylindrée, mais reçoit deux carburateurs Weber double corps et délivre 82 ch DIN à 6 000 tr/min. La modification paraît modeste en chiffres absolus, mais elle intervient sur une voiture pesant moins d’une tonne.

Cette évolution s’inscrit aussi dans une tradition sportive déjà présente chez Simca. Des modèles comme la Simca 1200 S avaient auparavant associé la marque à des performances élevées, mais sous la forme d’un coupé. La 1100 TI transpose une partie de cet esprit à une voiture familiale beaucoup plus polyvalente.

Les premiers essais de presse de la TI paraissent durant l’été 1973 et la voiture appartient à la gamme du millésime 1974. Cette chronologie explique que certaines références utilisent 1973 comme année d’apparition tandis que d’autres parlent de modèle 1974. Pour l’histoire du modèle, 1973 correspond bien à l’arrivée de la version TI.

Un moteur de 82 ch et un châssis adapté

Le quatre cylindres de 1 294 cm³ appartient à la famille dite du moteur Poissy. Il possède un bloc en fonte, une culasse en aluminium, un vilebrequin à cinq paliers et un arbre à cames latéral commandant les soupapes en tête par tiges et culbuteurs. Sur la TI, les deux carburateurs Weber double corps constituent l’un des éléments essentiels de la préparation. La puissance atteint 82 ch DIN, contre 75 ch pour la 1100 Spécial de 1 294 cm³.

Le moteur reste transversal et entraîne les roues avant par une boîte manuelle à quatre rapports synchronisés. Simca ne s’est cependant pas contenté d’augmenter la puissance. Les transmissions sont renforcées, l’amortissement est raffermi et les roues spécifiques contribuent à élargir les voies. Le freinage associe des disques à l’avant à des tambours à l’arrière, avec assistance et double circuit.

Cette mécanique place la TI parmi les familiales françaises rapides de son époque. La vitesse maximale annoncée se situe autour de 165 km/h. Un essai contemporain réalisé à Montlhéry a relevé 164 km/h, tandis que le 0 à 100 km/h se situe autour de 13 secondes suivant les mesures et références disponibles. La voiture ne cherche donc pas seulement à afficher une apparence sportive, ses modifications mécaniques produisent un gain réel de performances.

Le contexte technique est intéressant à rapprocher de la Matra-Simca Bagheera, lancée elle aussi en 1973 et utilisant une évolution du quatre cylindres de la même famille. Les deux automobiles ont des architectures et des vocations très différentes, mais témoignent de l’exploitation sportive des mécaniques Simca durant cette période.

Fiche technique de la Simca 1100 TI

CaractéristiqueSimca 1100 TI
Année d’apparition1973, millésime 1974
CarrosserieBerline bicorps à hayon, 3 ou 5 portes au lancement
Moteur4 cylindres en ligne essence, type 3G4, famille Poissy
ImplantationTransversale avant
Cylindrée1 294 cm³
Alésage x course76,7 x 70 mm
DistributionArbre à cames latéral, soupapes en tête, tiges et culbuteurs
Bloc et culasseBloc en fonte, culasse en aluminium
Vilebrequin5 paliers
Alimentation2 carburateurs Weber double corps
Puissance82 ch DIN à 6 000 tr/min
CoupleEnviron 104 à 108 Nm suivant les références, régimes publiés variables
Puissance fiscale7 CV
TransmissionTraction avant
Boîte de vitessesManuelle à 4 rapports synchronisés
StructureCoque autoporteuse
Suspension4 roues indépendantes à barres de torsion, amortissement raffermi sur la TI
DirectionÀ crémaillère
FreinsDisques avant, tambours arrière, assistance et double circuit
RouesJantes Dunlop en alliage léger
Pneus145 HR 13
LongueurEnviron 3,94 m
LargeurEnviron 1,59 m
HauteurEnviron 1,46 m
Empattement2,52 m
Poids à videEnviron 940 kg en 3 portes, 950 kg en 5 portes
Vitesse maximaleEnviron 165 km/h
0 à 100 km/hEnviron 12,5 à 13 s suivant les références
1 000 m départ arrêtéEnviron 34,5 à 34,9 s suivant les mesures

Comment reconnaître une Simca 1100 TI ?

La première 1100 TI ne se contente pas d’un monogramme. Sa face avant est particulièrement identifiable avec six projecteurs au total : les deux optiques principales sont complétées par deux longue-portée intégrés à la calandre et deux antibrouillards. Elle reçoit également une calandre au centre noir mat, un spoiler sous le bouclier, des jantes Dunlop en alliage et des marquages spécifiques. Un petit becquet installé au sommet du hayon complète la transformation.

L’habitacle affirme encore davantage le positionnement de la voiture. Les sièges avant sont plus enveloppants et équipés d’appuie-têtes, tandis que le conducteur dispose d’un volant sportif à trois branches. La première présentation se distingue surtout par une instrumentation à six cadrans comprenant notamment compteur de vitesse, compte-tours, pression d’huile et température d’eau. À une époque où de nombreuses berlines populaires se contentent d’une instrumentation minimale, cet équipement contribue fortement à l’identité de la TI.

La comparaison avec la 1100 Spécial est importante, car les deux voitures peuvent être confondues. Elles partagent un moteur de 1 294 cm³, mais la Spécial utilise une alimentation moins poussée et développe 75 ch. La TI ajoute ses deux carburateurs double corps, ses 82 ch, ses adaptations de châssis et une présentation extérieure et intérieure nettement plus sportive.

Le restylage et les dernières années

Pour le millésime 1975, la gamme 1100 évolue sensiblement. Les poignées de portes deviennent encastrées, les blocs optiques arrière sont agrandis et la planche de bord est entièrement revue. La TI suit cette modernisation et perd donc une partie des détails caractéristiques de sa première présentation, tout en conservant une instrumentation plus complète que les versions ordinaires.

La gamme de carrosseries se réduit ensuite. Proposée initialement en 3 et 5 portes, la TI perd sa variante 3 portes en 1975. Cette évolution explique notamment l’intérêt particulier que peut présenter aujourd’hui une TI à trois portes authentique, produite sur une période plus courte. Il n’existe toutefois pas de chiffre de production suffisamment établi permettant d’isoler précisément le nombre de TI fabriquées par carrosserie.

Le prix français permet de mesurer son positionnement lors de son lancement. À l’automne 1973, la TI est annoncée à 15 950 francs en deux portes latérales et 16 550 francs en quatre portes latérales. Elle constitue alors le sommet de la gamme 1100, avec un supplément justifié autant par sa mécanique que par son équipement.

La seconde moitié des années 1970 voit Simca renouveler rapidement son offre. La Simca 1307 reprend en 1975, dans une catégorie supérieure, la formule associant traction avant et grande carrosserie à hayon. La 1100 poursuit parallèlement sa carrière, mais sa version TI disparaît en 1978.

Une pionnière parmi les compactes sportives

La 1100 TI est parfois présentée comme la première GTI, une formule séduisante mais historiquement trop catégorique. L’appellation GTI ne figure d’ailleurs pas dans son nom. Son intérêt tient plutôt au fait qu’elle rassemble dès 1973 plusieurs caractéristiques qui définiront bientôt la compacte sportive moderne : moteur transversal avant, traction, hayon, carrosserie utilisable au quotidien, poids contenu et version mécanique sensiblement plus puissante que le modèle dont elle dérive.

Elle évolue en outre dans un marché où la carrosserie à hayon prend rapidement de l’importance. La Renault 5, lancée l’année précédente, illustre elle aussi cette mutation du paysage automobile français, même si son gabarit et son positionnement diffèrent de ceux de la Simca. La singularité de la TI consiste à appliquer très tôt une préparation sportive cohérente à cette architecture polyvalente.

Il faut enfin éviter de la confondre avec la Simca 1200 TI commercialisée en Espagne. Cette dernière adopte ultérieurement un moteur de 1 442 cm³ développant environ 83 ch et correspond à une déclinaison propre au marché espagnol. La 1100 TI française décrite ici reste définie par son 1 294 cm³ de 82 ch et par son apparition en 1973.

La disparition de la TI intervient au moment où la gamme Simca entre dans une nouvelle phase. À partir de 1978, la Simca Horizon prend progressivement la relève de la famille 1100 dans le segment des compactes. La 1100 elle-même poursuit encore sa carrière quelque temps, mais sa déclinaison sportive à deux carburateurs quitte alors le catalogue.